Un catamaran autour du monde

20 Apr

463 - Jamais deux sans trois

Publié par Kouunji

15 - 18 avril 2014 - Canal de Panama - Panama

La journée du 15, on ne te la raconte pas, elle n’était ni drôle, ni triste, ni ne présentait le moindre intérêt pour un lecteur exigeant comme tu l’es. On zappe !

La journée du 16, est celle durant laquelle il y a 25 % de remise chez Abernathy, le shipchandler. C’est donc celle où on achète ce qu’il nous faut.

Le capitaine ayant décidé de se lancer sérieusement dans la chasse au requin - escomptant faire des prises d’au moins 4 mètres et 300 kilos - il a acheté un fusil harpon de champion pour trucider tout ce qui a des incisives et des canines de plus de 4 cm.

463 - Jamais deux sans trois

Les poissons du Pacifique n’ont pas intérêt à nous casser les noix, sinon ça va génocider sévère au pays des ailerons !

Nota bene : on sait bien que ce verbe (génocider) n’existe pas mais tu sais qu’on préfère nettement utiliser nos mots plutôt que ceux des autres, on aime bien être autonomes...!

Cet article démarre donc vraiment maintenant, puisque nous allons te narrer le troisième passage du canal, que le capitaine effectue en moins de trois semaines.

Le Pimousse en effet, durant l’absence de son capitaine chéri, se voit confier la garde de Kouunji et les sous pour aller acheter tout ce qu’il faut pour troquer en Polynésie, car il paraît en effet que les vernis à ongles, rouges à lèvres et autres colifichets dont les femmes raffolent sont si rares là-bas que c’est une monnaie d’échange appréciée.

Dont acte : on va stocker !

Le capitaine file avec Joni - qui s’est porté volontaire pour donner un coup de main - à Shelter Bay Marina, pour retrouver nos boat-potes les Bohémiens, qui sont à peine remis de leur traversée plus que musclée de la mer des Caraïbes, laquelle n’est guère paisible dans sa partie Ouest.

Ah lecteur, l’émotion est forte quand Jean Pierre et Caroline tombent dans les bras du capitaine : 7 mois qu’on ne s’était pas vus ! Une éternité ! Y’a pas, retrouver des gens que t’aime, ça fait du bien, personne te dira le contraire.

Allez, trêve d’effusions, le canal nous attend !

463 - Jamais deux sans trois

On s’en va poireauter sur le flat, comme d’habitude, et à 17 heures se pointe notre adviser, un gars souriant aussi black que Michael Jackson quand il était jeune. Il nous fait lever l’ancre illico, car on passe tout seuls comme des grands, et faut pas mollir : les écluses de Gatun nous attendent !

463 - Jamais deux sans trois

On s’exécute, et, une minute après le départ, l’adviser nous dit... qu’on peut rejeter l’ancre !

Euh, dis donc Machin, tu nous prendrais pas pour des jambons, des fois ?!?!

Le capitaine essayait auparavant de rassurer Caroline en lui expliquant que ce canal, c’est de la gnognotte et que tout glisse comme un pet sur une toile cirée - pour reprendre une expression chère à Joni - et bien c’est râpé !

Une fois encore, tout change au dernier moment. On le prend avec philosophie, car fatalement, après l’attente arrive l’heure du départ, le vrai, le bon, le définitif.

Ronds dans l’eau de rigueur, le temps que les géants passent, mais Jean Pierre est aux commandes, il est concentré (en un seul mot !) et Bohemia lui obéit au doigt et à l’oeil, donc tout roule.

463 - Jamais deux sans trois

Comme on est seuls, tous les “handliners” travaillent, et tout se passe à la perfection.

En même temps, y’a pas n’importe qui aux manoeuvres, hein ?! Pas une frayeur, pas une anicroche, pas un faux pas, l’équipage donne l’illusion d’avoir fait ça toute sa vie, et Caro, pour sa première fois, assure comme une bête.

463 - Jamais deux sans trois
463 - Jamais deux sans trois
463 - Jamais deux sans trois

Y’a du sang de ninja qui coule dans ses veines, peut être…?

Le capitaine (de Bohemia) a même le temps de prendre des photos, c'est te dire si c'est cool !

463 - Jamais deux sans trois

On passe les trois écluses de Gatun “fingers in the nose”, non sans jeter un dernier regard ému derrière nous, parce que maintenant c’est sûr, l’Atlantique, on ne le reverra pas de sitôt...!

463 - Jamais deux sans trois
463 - Jamais deux sans trois

Nous voilà sur le lac Gatun à 20 heures 30, c’est la première fois qu’on est allés aussi vite pour cette première partie. Tellement facile qu’on se demande si on l’a vraiment faite...!

Tant mieux, on digère mieux les pâtes aux brocolis de Jean Pierre sans stress !

Le capitaine passe la nuit avec Joni, mais tu comprendras que la décence et le fait que ce blog soit tous publics ne permettent pas de t’en dévoiler davantage sur cet épisode...!

L’adviser du lendemain est annoncé à 9 heures, mais comme c’est un jour férié, le gars la joue décontracté et se pointe à 10 heures 30.

463 - Jamais deux sans trois

Temps gris et lourd, mais cela n’affecte en rien le moral de la troupe, et si tu avais été avec nous lecteur, tu te serais poilé comme nous, parce que la déconnade est dans l’air, et ça fait du bien !

463 - Jamais deux sans trois
463 - Jamais deux sans trois
463 - Jamais deux sans trois
463 - Jamais deux sans trois
463 - Jamais deux sans trois
463 - Jamais deux sans trois
463 - Jamais deux sans trois
463 - Jamais deux sans trois
463 - Jamais deux sans trois
463 - Jamais deux sans trois

Les hommes se relaient à la barre tout au long des 27 milles qui nous séparent des écluses de Pedro Miguel, on fait coucou au Général Noriega, qui est emprisonné juste au bord du canal dans une prison-sur-mesure-zone-de-non-droit américaine du style Guantanamo, où il doit rester approximativement jusqu’à l’âge de 136 ans (il parait qu’il a hâte d’être libéré pour aller danser le tango en Argentine...!), et à 15 heures, on est pile poil là où on devait être.

La prison où Noriega purge sa peine
La prison où Noriega purge sa peine

La prison où Noriega purge sa peine

Comme le capitaine veut absolument t’offrir - ainsi qu’à ses heureux propriétaires - une vue de Bohemia dans l’écluse, il ruse et descend du bateau pour aller poser ses pieds subtils sur le béton panaméen, ce qui est rigoureusement défendu.

Engueulade de rigueur de l’adviser, qui n’aime pas qu’on soit indiscipliné. Sourire confus et suprêmement hypocrite du capitaine, qui déteste les interdits et ceux qui prétendent les lui imposer.

On s’en fout, on a la photo !

463 - Jamais deux sans trois

Cette fois-ci, on passe à couple d’un remorqueur, dont le pilote n’est pas assez sympathique pour accepter qu’on monte à son bord pour prendre une autre photo. Dommage...

Ce transit étant placé sous le signe de la facilité - ce que nous envient tous les constipés qui lisent ce blog ! - cette écluse là aussi passe comme une lettre à la poste.

463 - Jamais deux sans trois
463 - Jamais deux sans trois
463 - Jamais deux sans trois
463 - Jamais deux sans trois
463 - Jamais deux sans trois

Il ne reste plus que les deux dernières écluses - celles de Miraflores - et on aura à nouveau nos étraves dans le Pacifique.

Il y a toutefois une anomalie. Le niveau du lac Gatun est assez bas en ce moment, car nous sommes à la fin de la saison sèche, et la pluie a fait défaut. Paradoxalement, lorsque nous arrivons, le niveau de l’eau est trop haut, et il serait “peligroso”, comme ils disent ici, c’est à dire dangereux de s’amarrer en attendant de pouvoir passer, car la coque de Bohemia risquerait d’aller chatouiller les murs immergés.

Ce en quoi elle aurait tort, puisque, c’est bien connu, les murs des écluses de Miraflores détestent ce genre de familiarités !

Nouveaux ronds dans l’eau le temps que le niveau de l’eau soit abaissé au moyen des écluses annexes de secours, et nouveau temps d’attente.

463 - Jamais deux sans trois
463 - Jamais deux sans trois
463 - Jamais deux sans trois
463 - Jamais deux sans trois

Après quoi on se met en place, au beau milieu, puisqu’on est encore seuls.

Comme il n’y a aucune raison pour que ce soit plus compliqué cette fois-ci que toutes les fois précédentes, on passe sans encombres, non sans nous émerveiller de la vue plongeante sur le Pacifique alors que les écluses de Miraflores sont encore hautes.

Tu jouis en effet depuis cet endroit d’un point de vue unique, puisque tu es encore une quinzaine de mètres au-dessus du niveau du Pacifique, qui est là, juste devant toi, attendant que tu le rejoignes...

Le Pacifique vu depuis les écluses de Miraflores

Le Pacifique vu depuis les écluses de Miraflores

Et lorsque la nuit tombe, Bohemia passe sous le pont des Amériques, permettant ainsi au capitaine de réaliser son troisième passage du canal de Panama.

463 - Jamais deux sans trois
463 - Jamais deux sans trois

Ce dernier aura été sans conteste le plus facile, et radicalement différent des deux premiers.

C’est drôle, ça, hein ?

Quand on jette l’ancre, on peut te dire que y’en deux qui sont sacrément contents d’être là, ce sont les Bohémiens. Nous, on est contents quand les gens qu’on aime sont contents. Surtout qu'eux, on les aime vraiment !

463 - Jamais deux sans trois
463 - Jamais deux sans trois
463 - Jamais deux sans trois

Cécile est également contente de retrouver Joni, qui lui même est content de cette expérience, bref, selon la formule consacrée, tout le monde est content !

Si tu lisais un blog ordinaire, l’article s’arrêterait là. Seulement, ce blog n’est pas ordinaire, puisque c’est le nôtre !

Y’a eu de la péripétie post-canalesque, lecteur !

Cécile et Joni ont du savoir vivre. Désireux de nous témoigner leur reconnaissance pour l’aide qu’on leur a apportée ces jours derniers, ils nous invitent, avec Marie et Luké, au resto... ce soir !

Le capitaine saute dans un short propre et nous voilà à table, à savourer une viande exceptionnelle, cuite à la braise ! Miam !

463 - Jamais deux sans trois
463 - Jamais deux sans trois

Ce n’est pas le paresseux croisé sur le chemin du retour qui nous démentira : ces deux jours-là étaient sacrément bien remplis !

Commenter cet article
L
BRAVO!!!!!! j ai pris connaissance de ce blog il y a juste une quinzaines de jours;<br /> trop heureuse car vous venez de me tenir compagnie pendant ces dix derniers jours. Suite a une chute a mon travail , je suis bloquée a la maison! j ai adoré vous lire depuis le 1er article jusqua aujourd hui! Un grand merci a vous de nous permettre de voyager a vos cotés tout en étant en sécurité ancré a notre fauteuil. Vous m avez ému jusqu' aux larmes, fait sourire également. J attends de vous lire a nouveau avec impatience!!!! que la chance soit avec vous!!!<br /> vous êtes courageux!!! a bientôt! lucie
Répondre
R
m...e suis en retard ! Impardonnable ... Surtout que la prose du Captain est à son zénith, son meilleur niveau !. kes qu'il ferait pas pour ses Bohémiens (mdr)....Episode extraordinaire (pas pour le Captain, ni pour Joni) pour ces derniers (mais il me semble avoir lu quelque part qu'ils avaient déjà une grosse expérience en matière de navigation) qui ont été bien secondés par des amis zélés et surtout un rapporteur d'évènements particulièrement expérimenté.... Belles photos qui constitueront des souvenirs impérissable ! Si seulement j'avais été saisi des heures de passages à Miraflores, j'aurais pu réaliser des captures d'images comme lors du passage de Kouunji !....
Répondre
C
Halleluia ! vous allez enfin naviguer dans le grand bain !!!!
Répondre
B
vous me manquez
Répondre
Z
alors si tu dois un jour renflouer tes caisses de § capitaine tu peux toujours bosser au canal avec l’expérience que tu en as après trois essais réussis<br /> ma Valy je vois que la viande ne te rebute plus et que cette entrecôte te redonne des couleurs à moins que ce ne soit le vin qui l'accompagne!!!!bon vent en pacifique
Répondre
T
Alors! Vous satellisez autour du canal...?<br /> C'est un peu Canal-Sat...???<br /> (Là j'ai honte.)<br /> Quatre bisous aux Quatz'amis.
Répondre

À propos

Un catamaran autour du monde