480 - Que la fête commence !
1er juillet - 7 juillet - Rikitea - Mangareva - Îles Gambier
1er juillet
On a plein de lecteurs qui s'impatientent. Sache, lecteur en demande, qu'ici internet fonctionne convenablement un jour sur trois. Et encore… Si les articles tardent à paraître, c'est simplement qu'on ne peut pas se connecter. Inutile donc de trépigner quand ta lecture favorite tarde à paraître. C'est pas compliqué : si ça n'y est pas, c'est qu'on ne peut pas !
Et il n'y aucune raison de s'exciter, car ce blog va finir par devenir le blog le plus emmerdant de la blogosphère…
On ne fait rien, on ne change pas d’endroit, alors qu’est ce qu’on va bien pouvoir te raconter, lecteur, pour satisfaire ta soif inextinguible de découverte, ton insatiable curiosité, et ton désir ardent de connaissance ?
Comme on est à court d’idées, on va te raconter notre quotidien, ce qui est soit dit en passant le principe même d’un blog.
Le temps est morose, presque pluvieux, et aussi gris qu’une souris. Aussi notre activité est-elle réduite à la portion congrue, et se résume en un mot : glander !
Caro et Diego, eux, s’amusent comme des p’tits fous sous la pluie mangarévienne...!
Ca valait bien une photo !
Magali et Mayan sont passés chercher le Pimousse à 6h30 pour une séance de yoga sur la plage, puis Tomas, un de leurs équipiers sur le Taongo, de nationalité argentine, s’est joint à eux à la nage.
Tout était réuni pour cette reprise pour le moins exotique : soleil, bonne humeur, et excellente salade de fruits cueillis sur place, concoctée par Magali : papaye, pamplemousse, fruit à pain, graines de cacao grillées, bananes... hum, un vrai délice !
Ils ont même dû fabriquer des cuillères en bambou pour cette occasion. De vrais Robinson !
Puisqu’ils avaient commencé à verser dans l’artisanat local, ils ont poursuivi leur apprentissage en se joignant à un groupe de Mangareviens en pleine préparation du “Juillet” et ont pris un cours de tressage végétal en vue de la décoration de leur baraque.
Extraordinaire !... Et quel boulot !
2 juillet
Bonne journée pour toi lecteur, puisque nous avons pu, avec l’aide du soleil et d’un temps exceptionnellement clément, prendre des clichés somptueux de Mangareva, que nous t’offrons sans désemparer.
Avoue que c’est beau, hein ?
Bonne journée pour nous aussi, puisque nous avons été initiés par les Bohémiens aux subtilités du poker menteur. Arrivés sur leur bateau pour le goûter, on est repartis à 23 heures...!
Entre temps, on s’est tellement bidonnés que tous les bateaux au mouillage nous ont entendus rigoler comme des bossus...!
Pour te résumer la partie, c’est simple :
- le capitaine, trop fougueux et trop impétueux, a fini bon dernier, et, pour un ancien menteur professionnel, ça la fout mal
- Diego et Jipé, qui s‘entendent comme larrons en foire, forment le gros du peloton, et ne profitent pas pleinement de leur science du jeu
- les filles, décidément plus subtiles et plus futées que les garçons, gagnent haut la main
Est-ce bien surprenant, finalement, de voir les filles gagner à un jeu où le principe est de savoir mentir avec talent ?!
On te laisse juge, lecteur, parce que si on affirmait un truc pareil, tu nous taxerais de phallocratie misogyne, ou de misogynie phallocrate, ce qui n’est pas très différent !
3 juillet
Les préparatifs pour “le juillet” battent leur plein.
Ah oui, il faut qu’on t’explique. En France, on est des glands. On fait péter trois bombinettes le soir du 14 juillet, et on te fait croire que c’est la fête nationale, sous prétexte qu’après, y’a un bal musette avec accordéon de rigueur pour faire bien tricolore, avec béret sur la tête et baguette de pain sur la table !
En Polynésie, les mecs ont pigé le truc : tant qu’à faire la fiesta, autant la faire pendant tout le mois !
Ainsi donc, on ne parle pas des festivités du 14 juillet, mais on dit “LE juillet”.
Et crois nous lecteur, ici, on respecte les usages. Tout le village bosse pour que la fête soit parfaite.
Construction des stands, décoration végétale d’une grande beauté, répétition des danses, organisation des groupes et du programme, c’est impressionnant. Tout le monde participe, et le capitaine s’est même inscrit sur la liste pour faire partie du jury du concours de steak-frites (authentique) et de Miss Mangareva (il vote pour le Pimousse, mais bon, faut pas le dire...)
On aura le temps d’y revenir, parce que “le juillet”, c’est du 4 au 20...!
Ca va redonner de l’intérêt au blog, ça...!
Parce qu’on a encore bullé sévère aujourd’hui, et c’est pas avec ce qu’on a fait qu’on va te tenir en haleine...!
4 juillet
C’est la fête nationale américaine, et on n’en a rien à foutre ! Seulement, on ne peut pas l’ignorer, parce que le seul Ricain du mouillage a décoré son bateau comme un arbre de Noël...!
Laissons les Amerlocks où ils sont et concentrons nous sur “le juillet”, qui débute très officiellement aujourd’hui.
Le maire est là, avec sa rosette sur la poitrine, et il coupe les cordons placés devant tout ce qui doit être inauguré.
Deux troupes se partagent Rikitea. Le principe est simple. Chaque troupe danse pour ceux qui le désirent, et à la fin de la représentation, les spectateurs filent une enveloppe au groupe, remplie d’espèces sonnantes et trébuchantes.
Les “rendez vous” sont pris à l’avance, et c’est ainsi qu’une représentation pour les marins au mouillage est prévue sur le quai à 14 heures.
On y est, tu penses !
Les danses sont belles, et la coutume veut que les spectateurs soient conviés à se joindre aux danseurs. On gigote avec autant de grâce que des enclumes rouillées, mais qu’importe : on s’amuse !
Ensuite de quoi on allonge les biftons, et la troupe s’en va glaner de l’oseille un peu plus loin.
Alors il va de soi que cet aspect un peu mercantile ternit un peu le côté purement festif du “heiva”, c’est à dire la période des fêtes qui s’annonce.
Mais c’est une tradition, qui permet - c’est l’argument avancé - aux troupes de fabriquer de nouveaux costumes, de se déplacer à Tahiti pour les concours inter-îles, et de subvenir aux frais généraux.
De toute façon, tu files ce que tu veux, il ne peut donc pas y avoir de problème.
Le soir venu, on va à la cérémonie d’ouverture du “heiva”, qui vaut presque celle des Jeux Olympiques...! Les Bohémiens sont là, Cécile et Joni itou, et à peu près tout le village.
Yves nous surprend agréablement. Il nous offre une perle magnifique, que nous allons faire graver dans les jours à venir.
Merci l’ami, cette attention nous touche !
Voici d'ailleurs l'individu en question, aux côtés de sa fille. Comme tu peux le constater lecteur, la beauté a sauté une génération…! La génétique et ses mystères...
Enfin, on te laisse apprécier qui, de Jipé ou du Pimousse, porte le mieux le chapeau. On a une petite idée sur la question, mais on la ferme, on ne veut pas t’influencer !
5 juillet
Le “heiva” continue. Et les surprises commencent.
Le concours de pêche au gros doit débuter aujourd’hui, mais finalement, les pêcheurs n’ont pas voulu y aller (!). Donc le concours de pêche est reporté à demain...
En Polynésie, c’est trrrranquille, on ne se prend pas le chou pour une stupide date.
Si on ne se retenait pas, on te dirait que quand tu liras l’article de demain, tu verras qu’apparemment, ça a encore été reporté... mais on ne te le dit pas, sinon l’article de demain perdrait de son intérêt...!
Le “heiva” finalement tient plus de la kermesse que du folklore artisanal et culturel. Packs de bière consommés en quantité pantagruélique, steak frites consommés en quantité gargantuesque, et animations pour le moins désuètes : pêche au canard, jeux d’adresses, baby-foot et billard, sans oublier évidemment les bars et les stocks de bière phénoménaux écoulés pour cette première nocturne, on attend avec impatience la suite du programme.
Car on a en vain tenté de dégoter un truc sympa pour la soirée. Alors on a fini sur Kouunji, à faire un boeuf à la guitare, en mangeant des crêpes.
Y’a pire !
6 juillet
Comme on te l’a dit, le concours de pêche a été reporté à aujourd’hui. Mais pas un pêcheur n’est parti en mer (!).
Trrrranquille, hein ?!
Il faut dire que la météo ne se prêtait guère à la pulvérisation du record du monde : 2 noeuds de vent, et 1,5 cm de hauteur de vague, difficile d’attraper quoi que ce soit dans ces conditions.
Les seuls poissons qu’on a vus aujourd’hui sont les rémoras qui ont tenu compagnie au capitaine pendant qu’il nettoyait la coque, le Pimousse se chargeant de la partie supérieure du bateau.
Ce sont ensuite les Bohémiens au grand complet qui nous ont tenu compagnie.
Jean Pierre est enfin remis de son coup de mou qui l’a scotché au plumard hier toute la journée, au grand dam de... tout le monde, parce qu’on l’aime, notre Jipé !
Ils ont continué à parfaire notre formation au poker menteur.
Y’a du boulot, parce que nous ne jouons pas mieux que le ferait un teckel, sauf que, quand on a un bon jeu, on ne remue pas la queue...!
En tout cas, l’extrême beau temps qui règne sur l’archipel nous permet de faire, une fois de plus, de somptueux clichés dont tu jouis pour pas une thune...!
La vérité, c’est pas avec ce blog qu’on va financer notre retraite...!
7 juillet
Grand moment du “heiva” aujourd’hui avec le “Koketo Erei”, c’est à dire le concours de râpage de noix de coco.
Ne rigole pas lecteur, la compétition très officielle a déchaîné les passions.
C’est d’abord aux hommes de s’affronter. Nico est chaud comme la braise, il s’est concentré toute la journée, et quand le top départ est donné, il démarre à toute berzingue.
Tel le lièvre de la fable, il laisse sur place ses adversaires, mais il fait mentir La Fontaine puisqu’au final c’est lui le grand vainqueur.
Le principe est simple : il faut extraire la noix de coco de sa gangue, la fendre, la râper, et extraire le jus de la pulpe râpée.
Chaque participant dispose de 6 noix de coco, et le vainqueur est celui qui finit le plus vite. S’il y a égalité, alors on départage les concurrents en fonction de la quantité de lait de coco recueillie.
On se demande bien pourquoi on t’explique les règles, puisqu’elles ont changé en cours de route, avec les femmes...!
En effet, après les hommes, c’est au tour du sexe dit “faible” d’entrer en lice. Quand tu vois le gabarit des dames, tu t’avises pas de la ramener.
Même le capitaine, qui a été très officiellement désigné pour faire partie du jury (!), se tient à bonne distance de ces gracieuses râpeuses...!
Le public est encore plus enthousiaste, et les cinq participantes mettent le turbo. Sauf une, Madeleine, qui est notamment opposée à sa mère, laquelle, une fois achevé son taf, lui prodigue de bons conseils !
Madeleine finit 20 bonnes minutes après les autres, seulement, elle a extrait tellement de lait de coco que le jury aurait mauvaise grâce à ne pas saluer la performance. Alors on noie le poisson, et plutôt que de déclarer gagnante la demoiselle qui est championne en titre et qui a fini première, le jury trouve une astuce.
Il y aura deux classements : un pour la rapidité, un pour la quantité !
C’est un peu comme à l’Ecole des Fans, tout le monde gagne et c’est mieux !
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