548 - Du bleu, du vert, du rose
7 janvier - Atuona - Fatu Hiva - Iles Marquises
Le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt. Nos grand-mères le savaient, et nous parfois on se le rappelle quand au lieu de flemmarder au plumard jusqu’à des heures indues, on se prend pour des militaires en manoeuvre et qu’on est debout à 6 heures du mat’...!
Pour le coup, ce sont ces abrutis de bidasses qui nous ont réveillés ce matin en gueulant comme des putois pendant qu’ils faisaient du kayak.
NB : kayak est un mot qui paye un max au Scrabble, mais il faut un joker parce qu’il n’y a qu’un seul “k” dans le jeu...!
Comme il fait un soleil resplendissant, on s’extraie de Kouunji aussi sec, après un bon p’tit déj’.
De toute façon on peut faire la grasse matinée tous les jours (t’énerve pas lecteur, ça t’arrivera bientôt, quand tu seras à la retraite...!)
Renonçant donc à un plaisir qui peut être quotidien seulement si on le désire, nous nous hissons de quelques décamètres, gravissant les pentes abruptes de Tahauku, pour nous élever jusqu’à l’altitude du Pearl Lodge, un hôtel censé être de luxe et qui surplombe notre mouillage.
Bioutifoule ! Y’a un max de couleurs qui pètent. Du bleu, du vert, du rose, comme dit le titre de l’article toujours choisi avec soin.
Si on te dit que l’estaminet est censé être de luxe, c’est parce qu’il pratique des tarifs prohibitifs, la nuit dans un bungalow (en très piteux état) coûtant beaucoup plus de brouzoufs qu’il n’est décent d’en refiler à un hôtelier pour pioncer.
Ce qui est drôle, c’est que la vue sur la mer, celle-là...
... vaut beaucoup plus cher que la vue sur la montagne. Celle-ci...
Toi qui es futé, lecteur, tu peux nous dire à quoi ça sert de payer plus cher pour dormir dans une chambre qui offre une vue que, de toute façon, tu ne vois pas quand tu dors ?!
Sachant qu’il faut moins d’une minute pour gagner le restaurant où est servi le p’tit déj où tu peux jouir de la vue la plus belle, on se demande bien qui peut avoir l’idée de payer double pour quelque chose qu’au surplus, nous, on a eu gratuitement...?
Ce qui nous amène à cette pensée hautement philosophique : la connerie est une source inépuisable de profits !
Quand on a rabaissé notre altitude et regagné le niveau de la mer, c’est pour tomber sur Mu, qui nous a gracieusement refilé un poisson (qu’on a fini par payer des clopinettes à force d’insister, car le bougre est sympa et il vit de ça, on aurait mauvaise conscience de profiter de sa gentillesse).
Bref, une journée comme on aime, et comme tu aimes certainement, puisque nous t’avons offert de jolis clichés qui pourront te servir comme fonds d’écran pour ton ordi.
Merci qui ? Merci Kouunji !