551 - C'est reparti !
14 - 15 février - Hiva Oa - Iles Marquises
On s’est dit que reprendre le cours de ce blog le 14 février, le jour des amoureux, c’était une bonne idée.
Mieux que la veille, en tout cas, un vendredi 13...
Tu sais combien les marins sont superstitieux, prendre la mer un vendredi n’est déjà pas recommandé, mais alors un vendredi 13...
L’expérience nous apprend que, 13 ou 14, quand c’est pas ton jour, c’est pas ton jour. Au moment de lever l’ancre, pas moyen de récupérer notre mouillage. Le capitaine s’immerge dans l’eau trouble et boueuse de Tahauku, pour découvrir à tâtons (on ne voit rien sous l’eau !) que notre chaîne est emberlificotée dans un corps mort tout pourri constitué de deux vieux pneus de camions remplis de ciment, reliés par un bout aussi gros qu’un baobab...
Impossible de régler ça sans du matos, et du lourd. Mais tu sais que notre bonne étoile est toujours proche de nous. Claude, un gars du bateau voisin, Gex, propose au capitaine de lui prêter un bloc.
Un bloc, dans le jargon des plongeurs, c’est une bouteille d’air et tout ce qui va avec pour respirer sous l’eau pareil que les poissons. Le capitaine accepte - tu penses - et passe plus d’une heure sous l’eau à tout dépiauter...!
Tu parles d’une reprise, toi ! Au final, deux heures à se faire ch.. comme des rats morts dans une eau dégueulasse, à travailler en aveugle pour se dépêtrer d’une situation qu’on n’a pas demandée, bref, le retour aux choses de la mer est gratiné !
Heureusement, le soir, c’est carpaccio d’espadon et mangues fraîches, tout ça offert par Mu, l’un de nos innombrables potes d’Hiva Oa.
Nos efforts sont récompensés, puisque nous pouvons lever l’ancre dès le lendemain, pour emprunter une fois encore le Canal du Bordelais. Nous laissons à bâbord Tahuata, pour gagner le Nord Ouest d’Hiva Oa, et la baie d’Hanamenu.
Navigation paisible sous un soleil éclatant.
L’endroit est plutôt beau, plutôt calme. Mais l’eau est toujours aussi trouble, limite cacaboudin...!
Bref, tu n’as pas envie de te baigner, même si tu crèves de chaud. Pourtant, les fonds sont seulement brassés par l’écoulement d’une petite rivière qui vient mourir dans le mouillage. Ce n’est pas sale, mais assez peu ragoutant.
On profite du calme, de la beauté relative du site pour se ré-acclimater à la mer, et on avisera.
Ah, le retour aux âpres conditions de vie en mer n’est pas facile. Mais bon... y’a pire dans la vie que de devoir se réadapter à cette vie de bohème que nous avons choisie.