564 - Extrême convivialité
4 - 9 mars 2015 - Taiohae - Nuku Hiva - Iles Marquises
Ce qu’on doit t’expliquer, lecteur, est assez complexe.
Bien que le vocabulaire pour décrire les sentiments soit infiniment riche, ce ne sont pas tant les mots qui nous manquent que la faculté d’analyser et de définir précisément ce que l’on ressent ici, à Nuku Hiva.
Une certitude : ce mouillage est le plus convivial de tous ceux que nous avons connus depuis le départ, et Dieu sait que nous en avons écumé quelques uns, ce qui vaut mieux que d’écumer les bars, d’ailleurs...!
La météo n’est pas terrible, mais on s’en fout puisqu’on ne navigue pas, et que nous avons définitivement renoncé à comprendre comment ça fonctionne en Polynésie, le gigantisme de l’océan Pacifique semblant influencer les cieux de façon à faire perdre leur latin aux prévisionnistes.
Alors, puisqu’il n’y a rien à faire, on multiplie les rencontres, et c’est du lourd, du bon, du grand, du conséquent, du premier choix, du sérieux, de l’inestimable, du précieux, du qui fait chaud au coeur, du qui te titille les tripes.
Pourquoi ? Et bien parce que tout le monde est gentil avec tout le monde. Il y a des affinités qui se créent, ici et là, bien sûr, et notre préférence va ainsi à Nusa Dua et son équipage, qui sont au bateau de grand voyage ce que la Rolex est à la montre, Coccinelle, qui, comme le bon vin, se bonifie avec le temps.
Au gré des invitations, la soirée se passe sur Kouunji, sur La Cardinala (un somptueux monocoque de 23 mètres d’un luxe inouï !) ou encore à terre, ça parle français, italien, anglais, esperanto, on mange, on rit, on joue de la guitare, on chante, on se marre…
Au gré d'un anniversaire de moussaillon, on retombe en enfance. Depuis combien de temps tu n'as pas joué au ballon prisonnier ?!
Bien sûr, on reste marins et on s’échange les bons plans pour les Tuamotus...
Tu t’imagines, toi, lecteur, dire à un copain : bon, rendez vous dans un mois et demi à Rangiroa !?
Non. Et bien nous, oui !
Voilà, c’est toute la différence entre la vie à terre et la vie sur l’eau. Nous, on est libres. Et toi, tu restes dans ton périmètre.
Allez, lecteur, cours vite acheter un billet d’avion, de train ou fais le plein de ta bagnole, et vas voir le monde : il est beau ! On te le prouve encore...
Celui où on évolue, en tout cas, est peuplé de gens rudement attachants.