Un catamaran autour du monde

15 Jan

21 - La houle, ça saoûle !

Publié par Le capitaine

Rafa, avant qu’on s’en aille, nous avait dit, autour d’un repas somptueux, que le père Lacour (Jean Marie pour les intimes) s’en léchait les moustaches, qu’il y a trois impératifs à respecter en mer : sécurité, sécurité, et sécurité.

Allez savoir pourquoi, ça nous avait marqué, cette formule... Peut être parce qu’il a quatre circumnavigations à son actif et 17 traversées de l’Atlantique...? Ca doit être ça...!

Alors ce dimanche matin, quand on est sortis du port de Soller, après une p’tite séance de Skype - au cours de laquelle Ray a dansé comme Fred Astaire pour nous montrer combien son genou tout neuf fonctionnait bien (!) - on a vu des creux de trois mètres devant nos étraves, un vent à décorner les boeufs, et on s’est dit deux trucs.

Primo qu’il ne fallait pas jouer les aventuriers, et deuxio qu’une journée au port ne pourrait pas nous faire beaucoup plus de mal que la mer en furie qui s’étalait devant nous, crêtes d’écume au sommet de toutes les vagues, d’un bleu sombre et bien peu engageant...

Après une navigation de 3 minutes 45 secondes au moteur, on faisait donc le plus beau demi tour qu’on ait jamais vu sur la côte nord ouest de Majorque, et, en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, nous avions regagné notre place à quai (gratuite), dans ce si mignon petit patelin.

Sauf que la houle, qui s’est dit en nous voyant que ce serait sympa de nous raccompagner, s’est tapé l’incruste jusqu’au fond de la crique pourtant archi protégée, et on s’est retrouvés ballottés comme les boules du Loto pendant tout l’après midi.

Le système absolument merdique de pendilles du port, conçu pour des embarcations deux fois plus petites que la nôtre (commentaire du pimousse : le capitaine aime bien dire qu’il en a une grosse...) ne nous permet pas de nous amarrer convenablement.

Le bateau bouge, tape sur le ponton flottant qui bouge lui aussi dans tous les sens, c’est à peine croyable : on est au port et pourtant on a l’impression d’être au mouillage, avec une houle absolument insupportable qui fait tanguer le bateau comme s’il dansait le rock’n’roll style Elvis Presley, avec le déhanchement diabolique qui faisait pâlir les ligues de vertu !

Ajoutez à ça qu’il pleut, que le vent souffle en fortes rafales, qu’il fait froid, que le bateau est sale et rempli d’humidité, et vous aurez une p’tite idée de l’état du moral de l’équipage.

Alors, aux grands maux les grands remèdes, on fait ce qu’on sait faire de mieux à bord en pareilles circonstances : on mange !

Et on se remémore ce que nous avait dit Rafa, et qui est bien connu des marins aguerris (que nous sommes nous l’espérons en train de devenir), à propos du vent en Méditerranée : c’est soit trop, soit trop peu !

Et bien oui, on confirme ! Qu’est ce qu’on râle d’avoir loupé notre fenêtre météo du départ pour cause d’avaries. Alors pour ne pas broyer du noir (faut pas être raciste) après notre repas, parties endiablées de yam’s, et je dois bien avouer que le pimousse m’a foutu une raclée !

Alors, j’ai fait un p’tit roupillon, pendant que le pimousse faisait l’intello avec ses lectures, quand un sinistre “crac” m’a sorti de la douce torpeur qui me gagnait lentement quelques minutes seulement après m’être glissé sous la couette...!

Cette foutue houle de m... faisait encore des siennes, et remuait le bateau dans tous les sens. J’ai passé une demi heure de plus à batailler avec les pendilles et les bouts tout pourris du port pour tenter d’amarrer le bateau convenablement, en essayant de ne pas y laisser mes doigts, ce qui a bien failli arriver au pimousse...!

La photo ci-jointe en témoigne ! Elle est pourrie, comme cette journée qu'on a passée !

Mais on est prudents !! Méga hyper super archi vachement prudents !!

Le moral un peu en berne, il faut bien l’avouer, on est partis se faire une petite balade à terre, histoire d’oublier cet insupportable tangage qui me fout la nausée (même au port, non mais te rends tu compte, ô toi notre lecteur adoré pour qui nous rédigeons ces lignes ?!), en espérant que la grande bleue ait la bonté de la mettre un peu en veilleuse et d’avoir la gentillesse de nous laisser une petite porte de sortie demain...

On n’demande pas grand chose, hein ?!

Ce qui nous ramène à cette pensée bouddhiste d’une infinie sagesse : pour être heureux, il faut savoir ne rien désirer. On ne va pas se tondre le crâne pour autant et s’habiller en toge safran, mais nous faisons nôtre ladite pensée.

On attend, et on verra bien !

Mais p... on n’a jamais eu autant envie de tropiques que depuis qu’on se gèle les nougats ici !!

21 - La houle, ça saoûle !
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J
Allo équipage Kouunji ici en direct du Tarn température 0° ça sent la neige, moral à fond les rails avec un chapelet de grèves, difficultés de traffic et suppressions de trains et une EEEEEnorme envie de boxer le pif des contrôleurs et hummmm soubresaut de sagesse à la Gourou Gouzou: &quot;je veux croquer les ptites et les grandes aventures de la vie et digérer les défis avec Joie et plaisir!&quot; GGRRRRR....<br /> Et vous avez intérêt d'être prudents sinon on vient vous botter le cul !!!<br /> Parce qu'on vous aime et qu'on tient à vous ! voilà c'est dit...
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