235 - L'être et le néant
4 août 2013 - Prickly Bay - Grenade
Ne te fais pas de mourron, lecteur. On ne va pas se lancer dans une analyse critique de l’oeuvre de Sartre, car on te rappelle que l’objectif number ouane de ce blog est de te divertir, et discutailler des idées du grand Jean Paul n’est pas ce qu’il y a de plus rigolo, même si ce gars là avait oublié d’être bête...!
On a déjà parlé, lecteur, du non vouloir. Si, si, souviens toi, on faisait allusion à ça à la fin de la transat, il y a déjà quelques mois... (cf. art. 82 de ce blog digne de la plus grande “heroic fantasy” de tous les temps).
Et bien tu vois, aujourd’hui, on s’est réveillés sous une pluie diluvienne. Comme nous sommes condamnés à rester sur place en attendant l’arrivée des moussaillons, on n’avait aucune idée en tête, aucune volonté, aucun désir : rien.
Nous étions simplement là, dans notre mouillage, paisible, vivants et heureux, pleins d’une énergie douce, en paix avec nous mêmes et les éléments. Nous étions, et nous ne voulions rien : l’être et le néant.
Les éléments, ici, comme la majorité de la populace, sont sûrement catholiques pratiquants ! Alors le jour du Seigneur, c’est sacré ! Pas de vent, pas de houle, rien !
Sans but précis, nous avons levé l’ancre, en se demandant si la baie voisine de la nôtre ne serait pas plus accueillante, plus attrayante, plus... enfin, mieux !
Au terme d’une inénarrable navigation au moteur de 14 minutes, dont on ne te dira rien puisqu’elle est inénarrable (!), on jette l’ancre à Prickly Bay, ce qui, en bon english, signifie “L’anse aux Epines”.
Maintenant on peut le dire : on a eu raison de bouger. Baie calme, reposante, jolie, et, à terre, tout le confort dont peut rêver un plaisancier : Wi-Fi, bars, restos, carburant, eau, et accueil charmant des locaux.
L’impression qu’on a depuis notre arrivée à Grenade, c’est que l’île est tout de même nettement plus riche que ses voisines, et - le pimousse persiste à le dire - les femmes sont plus belles !
Les baraques qui jonchent le littoral confirment cette impression : comme dirait Swann, c’est farci de richousses, ici !
Voilà une journée de plus à ajouter à la très longue liste de celles qui, sans rien offrir d’exceptionnel, sont à classer parmi les bonnes journées. Et pourquoi ?
Et bien, parce qu’indolence rime avec jouissance ?
Ou bien parce que le néant de notre désir nous a permis de savourer pleinement chaque instant, on ne voulait rien avoir, on voulait simplement être...
Et nous avons été... heureux !
Malgré les crocodiles qui rôdent...