234 - Journée "off"
3 août 2013 - Grande Anse Bay - Morne Rouge - True Blue Bay - Grenade
Au risque de se répéter, y’a des jours dans la vie du marin tourdumondiste qui n’ont quasiment aucun intérêt.
Celui-là en fait partie.
Vent tantôt moribond, tantôt excité, ciel désespérément gris, voire blanc (étrange, ce blanc...) mer belle mais inexplicablement remuante par moments, bref, une ambiance impalpable, indéfinissable, qui fait que tu ne peux pas dire s’il fait beau ou pas, s’il y a du vent ou pas, si c’est bien ou pas...
Le rythme du jour est un faux rythme. Décalé. P’tit déj tardif, et tels deux zombies, on traînasse à bord, même la baignade ne nous rafraîchit plus, ou alors trop brièvement.
Alors on lève l’ancre, pour aller vers un autre mouillage, car Grande Anse n’est pas ce qui se fait de mieux en la matière.
Une demi heure plus tard, on est à Morne Rouge, étrangement désert. Les fonds sont piégeux, car ils remontent beaucoup, très loin de la côte. Mais on est vigilants...
On essaye de se doper aux oeufs au chorizo et au piment, mais rien n’y fait : on comate sous la chaleur...
On manque de sombrer quand un promène-touristes vient faire un raffut de tous les diables à côté de Kouunji...
On décide alors de changer de mouillage, et de trouver un coin sympatoche, mais il nous faut pour cela déborder le cap Sud Ouest de Grenade, et explorer un à un les “fjords” qui bordent la côte Sud, qui est exposée au vent et à la houle.
Paradoxalement, les meilleurs abris se trouvent là, car chaque anse est très profonde, ce qui explique pourquoi, même ici, on les appelle familièrement “fjords”, appellation qui, nous le découvrons, n’est pas réservée à la Norvège et aux autres pays scandinaves.
On s’engouffre dans le premier venu, c’est à dire True Blue Bay, car on n’a pas vraiment envie de passer des heures au moteur, contre la houle et le vent.
Le choix s’avère judicieux, car le mouillage est excellent : la houle y meurt paisiblement, il y a un peu d’air, un bon resto juste en face de Kouunji, il serait malvenu de critiquer l’endroit.
Rituel dégourdissage de jambettes à terre, ce qui te permet de profiter de la vue et de l’endroit comme si tu étais à notre place !
Ou bien à la place de la chenille, qui se ruine chaque fois qu'elle va acheter des godasses...!
Mais tu n’es pas à notre place, lecteur, sinon, tu remplirais ta baignoire de glaçons pour aller te rafraîchir, parce qu’ici, on crève !
Bref, on a parcouru 3 milles en tout et pour tout, on n’a rien fait, une fois encore le titre de l’article est parfaitement révélateur : c’était une journée “off”.
Et le pire c’est que, même ça, c’est bien !