254 - Retour au bon
23 août 2013 - Prickly Bay - Grenade
Parfois, nos prévisions s’avèrent exactes. Ca fait plaisir, penses tu ? Pas forcément...
Par exemple, on avait prévu de passer une nuit épouvantable, à cause de la chaleur et des moustiques, et c’est ce qui s’est passé...
On préfèrerait prévoir les chiffres du Loto... Hélas, on n’a pas encore trouvé la combine, mais ne sois pas déçu, car si on la découvre, on ne te la refilera pas...! Ou alors après avoir touché trois ou quatre fois le gros lot !
Le gros lot du jour est la remise à l’eau de Kouunji. Gros lot si on considère que les tarifs des chantiers à Grenade sont bon marché.
Ca fait plaisir de ne pas se dépouiller, pour une fois...
Même si la dépense est conséquente, elle est sans commune mesure avec ce que facturent les chantiers bleu blanc rouge pour le même boulot.
On a speedé toute la journée, avec en perspective, ça...
Tu les vois, les bateaux, au fond...?
Voilà où on veut être : au frais !
Alors on met les bouchées doubles pour que tout soit prêt à temps, quand la grue viendra nous chercher : le pimousse finit d’astiquer Mini-Kouunji, le capitaine met la touche finale à l’antifouling, et à l’heure prévue, Kouunji se pose sur les flots de Prickly Bay.
S’il pouvait parler, il nous dirait combien il est heureux de sentir ses ailerons tout neufs pénétrer l’eau salée - voire saumâtre - du mouillage le plus populaire du Sud de l’île !
Le seul fait de se retrouver au frais nous satisfait, et la journée pourrait s’arrêter là.
Seulement, il est écrit là-haut que cette journée serait vraiment une bonne journée. On retrouve au mouillage nos boat-potes des jours passés : Cécile et Johnny, lequel bénéficie toujours des soins remarquables d’efficacité du pimousse, ainsi que Maurice et Ghislaine, dont c’est l’anniversaire aujourd’hui !
Alors, pour fêter ça dignement, on se retrouve tous les sept (il ne faut pas oublier Sika, le p’tit labrador aux pattes palmées !) sur le bateau de Maurice et Ghislaine, un Lagoon 380 qui a connu 67 noeuds de vent durant sa transat, alors qu'ils n'avaient jamais navigué ! Excuse du peu !
Que te dire, lecteur ? Que des repas comme ça sont des moments rares, intenses, et ô combien appréciables ? Ce serait trop ordinaire...
Alors, on va laisser ton imaginaire fonctionner et te dire simplement ceci : des moments comme ça, il en faut, parce que c’est vital au marin, lequel est, au cours de ses pérégrinations, l’éternelle victime potentielle d’une déshumanisation sournoise.