258 - On bouge ? On bouge !
27 août 2013 - Saint Georges - Grenade
10 jours.
Ca fait 10 jours qu’on est à Prickly Bay. Et 10 jours au même endroit, c’est long. Et, nonobstant ses qualités, Prickly Bay n’est pas le mouillage parfait : il manque l’eau “bleu turquoise” qu’on aime.
Alors quand nos boat-potes de Contre-Temps nous annoncent qu’ils ont enfin leurs bouteilles de gaz, on s’en réjouit, parce que ça signifie qu’on met les bouts !
Ca se fera au moteur, car c’est pétolesque à souhait, aujourd’hui.
Vroum, font les jumeaux Yanmar, qui n’ont jamais été aussi heureux de se remuer les bielles et les pistons, lorsque nous les mettons en route pour la prendre (la route).
Oh bien sûr, on n’est pas allés bien loin, et si on a fait 5 milles, c’est le bout du monde. Mais c’est comme si on y était allés, justement, au bout du monde...!
On y a retrouvé les pirates, Maurice et Ghislaine, qui nous ont précédé de deux jours. L’eau est bien plus belle ici, et Maurice aime l’eau claire. Avec du Ricard dedans aussi...
On ne peut pas lui en vouloir pour ça, hein ?
Une fois solidement ancrés, on tombe dans les bras de Morphée. C’est une sieste d’anthologie que nous faisons jusqu’à 16 heures 30...!
Après quoi on se dit que, quitte à mouiller devant la capitale, ça serait peut être bien d’en profiter et d’aller se ravitailler pour bichonner nos estomacs.
Et puis, c’est tout de même rigolo. Le matin, on va voir nos potes à la nage... Dans la journée, on va faire nos courses en dinghy... Les gars du supermarché t’amènent même tes provisions et t’aident à les charger dans l’annexe...!
Tiens, regarde comme il est content d’aller faire les emplettes, le capitaine ! C’est bel et bien un autre monde !
Tu finiras d’en douter quand tu regarderas avec attention l’extraordinaire coucher de soleil auquel on a eu droit ce soir.
On sait bien que des couchers de soleil, on t’en a déjà balancé une tripotée sur ce blog, et que, comme tu es exigeant et que tu te lasses vite, tu en as ras la casquette de voir l’astre du jour filer au plumard.
Seulement, là, tu seras bien obligé de reconnaître que celui-là, il a un truc en plus. C’est peut être l’incroyable intensité des couleurs, les contrastes dus aux nuages, ou n’importe quoi d’autre, on n’en sait rien, et puis après tout, on n’est pas obligés de l’expliquer.
T’es quand même forcé d’admettre que c’est beau !
Si tu l’admets pas, c’est pas grave, on fera sans ton assentiment.
Car, comme disait Henri Monnier, un écrivain du XIXème siècle tombé dans l’oubli : “c’est mon opinion, et je la partage !”