43 - Trempette et gastronomie
L’ami de chez Yanmar, Kevin, celui-là même qu’on n’arrivait pas à joindre hier, a pointé sa bonne bouille d’English à bord de Kouunji. Il fait l’effort de nous parler lentement, et après diverses vérifications, le verdict tombe : c’est pas bon... Il faut qu’il se rencarde sérieusement sur ses documents techniques, mais a priori, il va (encore) falloir sortir le bateau de l’eau pour réparer...
Quelle poisse, c’est pas vrai !
Un malheur n’arrivant jamais seul, le sujet de sa très gracieuse majesté Elizabeth II nous explique qu’en outre, il est impossible de sortir un catamaran de l’eau à Gibraltar...!
Alors là, franchement, il faut qu’on nous explique : ce port voit passer tous les jours les plus grands cargos du monde, et notre bateau qui est tout rikiki ne pourrait pas être mis à sec ?
Incredible, isn’t it ?
Toutefois, le gars Kevin émet, comme tous ceux à qui on a parlé de notre problème, l’hypothèse selon laquelle l’hélice se serait décrochée. Le capitaine lui explique qu’il a mis la tête sous l’eau hier, qu’il a vérifié de visu, et que l’hélice est bien là.
Mais l’english est sceptique, comme la fosse du même nom.
Le capitaine, à contre coeur, revêt alors sa combinaison de super héros... euh... non...
Le capitaine revêt sa combinaison de plongée, et, vraiment parce qu’il ne peut pas faire autrement, s’immerge dans l’eau dégueulasse et glaciale du port pour aller tester l’hélice récalcitrante.
Elle est bien là, bien accrochée, et tourne normalement. Le capitaine sort de l’eau, fait part de son constat au pimousse compatissant, et replonge ensuite histoire de voir si le Commandant Cousteau ne serait pas dans le coin pour l’inviter à l’apéro...!
Puis, le capitaine se rappelle que Cousteau a défunté depuis des lustres, et se dit que, quitte à être sous l’eau, autant aller voir si l’autre hélice réagit comme sa consoeur, bref, il “check” tout, histoire de ne pas être allé à la baille pour rien.
Au sortir de l’eau, tout est confirmé : on a nos deux hélices, elles tournent bien et sont bien accrochées, sauf que l’une d’elles ne veut pas tourner en même temps que le moteur sur lequel elle est greffée.
Bon, ben y’a plus qu’à attendre le retour de Mister Kevin, qui a dit qu’il reviendrait “after lunch”...!
Et nous, on a droit à un p’tit confit d’aubergines aux lardons mitonné par le pimousse pour consoler le capitaine de sa baignade forcée, qu’on va déguster dans le cockpit, au soleil. On est en vacances, quand même ! Miam !
Trop gentil le pimousse !!
Bon, Kevin est revenu, et les prières du pimousse semblent avoir fonctionné...
Après que le capitaine soit retourné faire trempette une troisième fois (jamais deux sans trois, même à Gibraltar), et le démontage en règle du sail drive, il semble que l'origine de la panne soit détectée : une bête goupille qui vaut deux euros est cassée, et du coup, on ne peut pas enclencher le moteur, l'hélice n'est plus en prise, tout simplement...
Encore une fois, petite cause, grands effets !
On attend la confirmation de notre pote Kevin en fin d'après midi.
Et on repart faire les touristes pour ne pas perdre notre temps !
Amis lecteurs, ouvrez grand vos mirettes, en exclusivité mondiale depuis Gibraltar, toutes les photos qui prouvent que le Rocher est british jusqu’à la moelle !
On a même trouvé un "Bobby"...!
Après quoi, il a bien fallu se rendre à l’évidence : nous sommes depuis deux jours à Gibraltar, mais la mer nous manque... Alors, Kouunji étant malade, nous avons embarqué sur un navire sensiblement plus petit, et avons affronté la tempête la plus phénoménale qu’il nous a été donné de vivre...!
On a eu peur !
Après tant d’émotions, nous sommes de retour au bateau, pour goûter à la quiétude de ce port finalement bien agréable, et le moins cher de tous depuis notre départ...!
D’ailleurs, un conseil pour les fumeurs : venez acheter l’objet de votre vice à Gibraltar. Comme tout est “tax free”, c’est à dire que ce peuple heureux est épargné par la TVA, la TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers) et autres impôts qui nous saignent chaque jour dans notre cher (très cher) pays, autant vous dire que le pimousse a fait le plein de Omé...!
Ici, le paquet vaut 2 €, contre 6,20 € en France...! Qui dit mieux ? Le capitaine a aussi conforté son stock de cigares : pas de jaloux ! Il a même fait péter une paire de Ray Ban à verres polarisés, qui vaut moitié moins cher qu'en France...!
Allez, maintenant tout le monde au lit et à demain, journée au cours de laquelle nous devrions finir les réparations, commander le vent qui va bien avant de reprendre la mer pour au moins 5 ou 6 jours pour rallier Lanzarote...!
Regardez sur une carte ce que ça fait, Gibraltar - Lanzarote, et du coup, vous allez prier sans même qu’on vous le demande pour qu’on ait du vent favorable...!
Le pimousse en tout cas est remonté à bloc, la Merditerranée est derrière nous, maintenant il lui tarde d'attaquer l'océan...! Et elle a raison, ça va être gé-ant !
Et préparez vous au sevrage, parce que pendant ce temps, le blog ne va pas évoluer d’un iota...!
Ce sera à vous de nous faire part de vos impressions, car, on ne le répètera jamais assez, vos commentaires et vos attentions nous font SUPER SUPER PLAISIR !