Un catamaran autour du monde

06 Feb

47 - La suite du pire

Publié par Le capitaine et le pimousse

Pour la nuit, nous avons réduit la voilure, afin de ne pas être contraints, si le vent monte, de faire des manoeuvres compliquées et toujours délicates dans le noir absolu.

Impossible de dormir dans notre cabine, la houle grosse et confuse tape de toutes parts sur la coque, qui fait caisse de résonance. Chaque fois qu’une vague vient s’écraser sur nous, à l’intérieur, on a l’impression que le bateau va se disloquer.

Evidemment il n’en est rien, mais ça fait un drôle d’effet !

Du coup, la fatigue se fait sentir, mais heureusement, quand le capitaine a un petit coup de mou, le pimousse fait face à tout, et réciproquement. Bref, la symbiose est parfaite, l’équipage est soudé, uni, et ça vaut mieux, parce qu’on n’est pas au bout de nos peines...

47 - La suite du pire

Nos contraintes sont multiples.

Primo, il faut suivre le cap le plus près possible de la route directe, faute de quoi nous allons démesurément allonger notre route, et le temps pour la parcourir. Or, si la météo est douce (il fait 25 degrés tous les après midi) on aimerait mieux ne pas moisir sous ces latitudes, car celles qui nous attendent sont encore plus clémentes et plus accueillantes.

Deuxio, il faut impérativement s’écarter des côtes africaines, qui sont encore relativement proches, car les hauts fonds signalés sur notre cartographie électronique ne sont pas dangereux, mais ils vont soulever une mer difficile et inconfortable.

Tercio, il faut composer avec le vent qui ne nous laisse pas nous éloigner des terres estampillées Al Maghreb, comme c’est écrit sur la carte, c’est à dire le Maroc en français bien de chez nous.

On fait donc au mieux, et c’est là que le vent se met à fraîchir.

C’est comme ça qu’on dit pour indiquer qu’il se met à souffler un peu trop fort pour la quiétude de ceux qui ont la mauvaise idée d’être sur l’élément liquide à ce moment là...!

En exclusivité pour vous, la première vidéo du périple, qui vous donne un aperçu, mais un aperçu seulement de ce que ça a donné pendant les trois heures qui ont suivi : rafales à 45 noeuds de vent, des creux de trois à quatre mètres, et un Kouunji qui filait parfois à 15 noeuds sur ces pentes liquides qui s’ouvraient devant ses étraves...!

Im-pres-sion-nant !

Dans ces conditions, si vous n’avez pas l’estomac (et les roubignoles) bien accrochés, il ne vous reste plus qu’à aller en cabine rédiger votre testament, parce que ça ressemble furieusement à l’arrivée de votre dernière heure !

Néanmoins, à aucun moment nous n’avons été en danger, même si le pimousse n’en était pas toujours convaincu...! Le vent était portant, et les vagues bien que grosses, ne déferlaient pas, de sorte que même lorsque le bateau partait en surf sur ces pentes dignes d’une piste noire (triple noire même) il ne risquait qu’une seule chose : aller vite !

Ce qu’il a fait avec maestria !

Du coup, dans la journée, on a avalé plus de 220 milles nautiques, et ça mes chérubins, c’est pas de la gnognotte !

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C
Mais comme je comprend notre Pimousse .. pour une première c'est un première ... faut qu'elle aime son Capitaine pour affronter tout ça .. moi y'a longtemps que j'aurais pris ma bouée canard et que j'aurais sauté, plongé, nagé jusqu'à ma maison au chaud ... mais bon l'amour fait traverser des océans c'est bien connu ... alors on continue... à vous lire.. bien sur !
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R
C'est dingue ce que le cap'tin maîtrise les secrets de la navigation, j'espère que c'est contagieux et que le pimousse s'en inspire !...
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