50 - Lanzarote... et c'est pas poli !
Une nuit de repos complète. Douze heures de sommeil ininterrompues. Quel pied !
Rester bien au chaud, sous une couette douillette, sans le bruit des vagues qui se fracassent sur la coque, sans un pimousse qui vient vous chercher en disant “viens vite, y’a des lumières on dirait un bateau qui vient sur nous mais j’arrive pas à voir...”
Voilà une certaine idée du bonheur...
Déjà, hier soir, quand le pimousse nous a fait un poulet aux piments, ce bon repas chaud, le premier depuis longtemps, nous a réconciliés avec notre projet, qui par bien des aspects, comporte des aléas que tout un chacun ne serait pas forcément disposer à endurer.
L’inconfort figure à n’en pas douter en tête de liste des problèmes qu’on voudrait éradiquer.
Las, force est de reconnaître que tant qu’on aura pas inventé une machine à réduire la houle, il faudra bien faire avec.
Car, les deux mille milles parcourus depuis notre départ nous apprennent cette évidence, c’est que le pire ennemi, en mer, c’est... la mer.
Le vent, passe encore. S’il souffle trop fort, et bien, on réduit la voilure, ou on la supprime complètement. Kouunji a bien surfé à 8 noeuds à sec de toile ! Il faut dire qu’à ce moment là, on avait 45 noeuds qui nous poussaient au train !
Bref, le vent n’est pas la pire chose à craindre, pour une raison simple : on peut toujours s’y adapter.
La mer, en revanche, c’est plus délicat. Tu es dessus, et quoi que tu fasses, tu restes dessus. Il vaut mieux d’ailleurs, ceux qui vont dessous n’apprécient guère, bien qu’ils y restent en général assez longtemps...
Tu es obligé de subir la mer, et cela a au moins pour vertu de t’apprendre une qualité essentielle : l’abnégation.
Il n'y a rien d'autre que "faire avec".
Une idée parfois difficile à accepter, pour nos esprits occidentaux, obsédés par le succès, la réussite, fascinés par le pouvoir de la volonté et de la détermination, bercés de “à coeur vaillant rien d’impossible” et autres “qui veut peut”.
Ici, les données sont différentes. Ce serait plutôt : si la mer veut, tu peux.
Pour ce qui nous concerne, il ne faut pas se plaindre. Jusqu’à présent, la mer a bien voulu nous laisser progresser. Difficilement certes, pour la majeure partie de notre périple, mais tout de même...
Aujourd’hui, on est par 28° de latitude Nord, sur les terres de “l’éternel printemps”, qui est le surnom donné aux îles Canaries par les Européens il y a quelques siècles de ça.
Nous sommes donc résolus à en profiter autant que faire ce peut. Nous avons expédié hier les formalités, pour constater avec bonheur que plus on va vers le Sud, et moins les marinas sont chères.
Ce ne sera sans doute pas pareil aux Antilles, mais pour l’heure, nous jouissons sans retenue du confort bon marché mis à notre disposition.
Puis, nos pérégrinations urbaines nous entraînent à la découverte d’Arrecife.
Franchement, ça ne casse pas des briques, et on se demande bien ce qui séduit les touristes qui viennent se perdre ici, hormis le climat...
On a quand même fait l’effort de vous basculer quelques photos pour que vous ne souffriez pas de frustration aigüe...!
Mais c’est vrai que 28 degrés en plein mois de février, c’est tout de même pas dégueu...!