Un catamaran autour du monde

13 Feb

60 - Comment préparer une transat ?

Publié par Le capitaine et le pimousse

Ami lecteur, cet article didactique va peut être te faire ch..., peut être t’intéresser, mais, à la veille de faire LA traversée, il nous était impossible de passer à côté de ce sujet maintes fois abordé dans les ouvrages nautiques, les blogs, mémoires et autres récits de tous les navigateurs qui sont passés par là (et il y en a pléthore) et auquel nous sommes désormais confrontés.

Alors, les ingrédients d’une transat réussie sont :

a - Un bateau qui tient la route... euh... pardon... un bateau qui tient la mer !

Bon, ça, on l’a, on est parés de ce côté là, notre bateau est très marin, il se comporte bien, même dans des conditions difficiles. Quand on songe que les gars qui font la “Mini Transat” traversent jusqu’au Brésil avec des monocoques de... 6,50 mètres !

On leur tire notre chapeau, jamais on n’aurait le courage de faire un truc pareil.

60 - Comment préparer une transat ?

Il est intéressant de remarquer que notre départ pour la transat va se faire de Las Palmas, qui est précisément, chaque année, le point de départ de l’ARC, c’est à dire, ô lecteur dont la culture maritime reste à parfaire (mais on ne saurait t’en vouloir pour ça...) l’Atlantic Rally for Cruisers, qui est organisé chaque année, et qui permet aux participants de rallier Gran Canaria à Sainte Lucie, l’île aux deux pitons dont nous aurons l’occasion de te reparler une fois qu’on sera de l’autre côté.

Pour être sûrs d’y arriver, nous procédons aujourd’hui aux dernières vérifications qui s’imposent, afin d’avoir la certitude de partir avec un bateau “zéro défaut”.

Le capitaine a passé en revue les voiles, le gréement, les fonds, les moteurs, les niveaux, l’eau douce, le dessalinisateur, le carburant, la balise de détresse que nous avons testée, etc...

60 - Comment préparer une transat ?
60 - Comment préparer une transat ?

En effet, nous nous sommes laissés dire qu’il était un tantinet compliqué de trouver un réparateur en cours de traversée. Il ne faut pas croire tout ce qu’on raconte, mais bon...

b - Un saint patron dans de bonnes dispositions

Nous rappelons que le saint patron des voyageurs est le dénommé Saint Christophe. Il se trouve que le capitaine connaît un Christophe, qui doit sans doute être une réincarnation du saint patron en question, car il s’avère que, chaque fois que le capitaine est parti en voyage avec lui, ça c’est toujours bien passé.

Certes, il y a eu parfois quelques péripéties, et des retours avec Mondial Assistance, mais peu ou prou, ça a toujours été positif.

Le capitaine connait un autre Christophe avec lequel il n’est jamais parti en voyage, mais il ne désespère pas de le recevoir à bord une fois aux Antilles, mais ça, c’est Marie Laure qui décide (faut pas la contrarier, Marie Laure !). En attendant leur visite, on savoure leur délicieux jambon !

Nous implorons donc Saint Christophe, ainsi que Sainte Rita, la patronne des causes désespérées, de nous accorder leur protection au cours des trois prochaines semaines, et même au cours de trois prochaines années (tant qu’à demander, autant couvrir large...)

c - Des moteurs en parfait état

Là, lecteur chéri, tu te dis que le capitaine est tombé sur la tête ou que le soleil a cogné trop fort dessus, et qu’il a complètement perdu la boule pour imaginer traverser l’Atlantique au moteur.

Rassure toi, le capitaine n’est pas tombé sur la tête, et ce n’est sûrement pas le soleil qui l’a molesté, puisque celui-ci est aux abonnés absents depuis trois jours. Grrr....

En réalité, les moteurs sont indispensables pour... alors, qui a une idée ? Pour...?

Et bien, pour recharger les batteries et produire l’électricité dont nous avons besoin au cours de la navigation.

Mine de rien, nous consommons pas mal. Le frigo, le pilote automatique, le lecteur de cartes, le radar, l’anémomètre, le loch, le sondeur, le speedomètre, l’éclairage, les pompes de cale, la pompe d’eau douce, le dessalinisateur, tout cela fait plein de petits consommateurs, qui, additionnés les uns aux autres, finissent par représenter une consommation importante.

Tous ces appareils, indispensables à la navigation et au confort, fonctionnent sur le gigantesque parc de batteries que nous avons eu la bonne idée d’installer avant le départ : 1000 ampères !

Ca ne te dit peut être rien, ce chiffre, ô lecteur dépourvu de notions d’électricité, alors saches simplement que nous avons de la marge.

Mais pour autant, il faut veiller à ce que les batteries ne se déchargent pas trop, faute de quoi elles deviendraient inefficaces, et se rechargeraient avec peine.

Par conséquent, tous les jours, en navigation hauturière, il faut “faire du moteur”, comme on dit, pour que, par le truchement des alternateurs, les batteries se rechargent.

Il y a d’autres moyens de générer de l’électricité : éolienne, hydrogénérateur, groupe électrogène, et panneaux solaires.

C’est pour ce dernier que nous avons opté, et jusqu’alors, cela s’est avéré être une très bonne option, puisque nos panneaux permettaient à peu de choses près de couvrir notre consommation journalière.

Mais cette fois-ci, il va falloir gérer à long terme, et en premier lieu être drastiques quant à notre consommation.

Le p’tit bidule ci-dessous, installé par le capitaine (un moniteur pour être précis) nous indique à tout moment l’état de charge des batteries, la consommation instantanée, et ce qui est généré par les panneaux solaires.

Ainsi vous pouvez voir que nos batteries sont à bloc (13,70 V), que nous consommons au moment du cliché 1,92 ampères (c’est le frigo), que nos panneaux solaires glandent comme c’est pas permis (CE 0,00), et que malgré tout, nos batteries sont à 100 % de leur capacité (SOC).

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60 - Comment préparer une transat ?
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Y’a plus qu’à gérer !

Euh, s’agissant des moteurs, on fait également allusion aux voiles, qui sont notre véritable moteur, notre seule force propulsive. Et le capitaine les passe en revue ce matin, et peaufine tous les petits détails...!

d - Du vent comme il faut

Ca, c’est pas trop mal, la météo est favorable pour les jours qui viennent, et les alizés, une fois qu’on les aura crochés, sont bien établis. On vous remet un p’tit cliché issu du site passageweather.com, et vous pourrez constater de visu que les vents sont modérés et favorables.

60 - Comment préparer une transat ?

Bref, il suffit d’y aller !

Mais, on ne saurait trop vous dire pourquoi, on n’est pas pressés. C’est certainement dû à la grisaille, à la fatigue, à la peur aussi sans doute.

Car, on ne va pas vous raconter de salades, cette traversée, ça nous fout quand même un petit peu la trouille.

Enfin, la trouille, une p’tite appréhension, vous voyez...? Cette immensité liquide qu’on s’apprête à traverser, c’est pas rien quand même ! On a beau tout passer et repasser en revue, on ne peut pas s’empêcher de penser qu’on a oublié le truc fatal qui prendra toute son importance au large. Ca fout les jetons, hein ?!

C’est une bêtise, of course, puisque nous avons déjà derrière nous plus de 2.000 milles nautiques, et nous sommes arrivés sans encombre (ou presque) à Las Palmas.

Nos fichiers météos ne peuvent pas être plus rassurants, et nous connaitrons vraisemblablement les meilleurs conditions que nous avons jamais eues depuis le départ.

Mais il y a quand même un petit je-ne-sais-quoi qui nous taraude...

Si tu as, ami lecteur, une idée sur la question, il nous serait agréable que tu te fendes d’un petit commentaire sur ce satané blog, ce qui te permettra ipso facto de nous servir de psy pour pas un rond, générosité dont te savons gré par avance !

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C
... que dire à part bon vent les courageux et que le bleu vous rassure ....bises
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J
« Celui qui attend que tout danger soit écarté pour mettre les voiles, ne prendra jamais la mer. »<br /> Alors ça y est l'heure a sonnée et le rêve va devenir réalité...vous rêviez d'espace, de frissons et de liberté et bien vous allez être comblés mes ptis chéris! nous serons avec vous en permanence, vous serez dans nos rêves quand nous dormirons, nous allons devoir trouver un substitut durant ces quelques jours, ça va nous faire tout bizarre...Nous avons toute confiance vous êtes les meilleurs !!! Bon vent les artistes et tout l'amour que nous vous portons avec pour vous mener vers ces terres tant convoitées !!!
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P
Vous avez lu, eh bien Ray, il n'a pas relu !... Je me joins à lui, avec une pensée toute particulière pour le pimousse de mon coeur que j'embrasse tendrement et que j'aime et qui je sais va faire une merveilleuse traversée, car les conditions sous les alizées seront bien meilleures qu'en méditerranée. Veillez bien l'un sur l'autre !.....
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R
Je comprends les prétendus appréhensions du captain, mais je crois qu'il nous la joue façon, je ne sais pas ce qui nous attend. De fait, vu les préparatifs, on ne peut plus sérieux, le matos, la science acquise, avant le départ, l'expérience accumulé depuis le départ et ce que je crois savoir du bonhomme, je n'ai aucune crainte, car je le crois capable de faire face à n'importe quelle situation. Et puis il n'est pas seul, il faut compter avec le pimousse qui ne manque pas de ressources. Solliciter un commentaire : Aucun, sauf, rappeler que la sécurité en général et la ligne de vie sur le pont, doivent être en permanence dans l'esprit des navigateurs !....Je sais que tout ira bien...Bonne traversée, je serai en permanence avec vous par la pensée, sauf quand je dormirai !...
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