59 - Vive les Pampers !
Ouais, avec les p’tits élastiques, là...! Vous vous souvenez, cette pub géniale, où la mère modèle explique que son bébé ne sera plus jamais mouillé, parce que même s’il pisse dans sa couche autant qu’un éléphant, il ne peut pas y avoir de fuites grâce au fameux élastoc que personne avant Monsieur Pampers n’avait eu l’idée de mettre là...?!
Trop fort Monsieur Pampers !
Bon, et bien nous allons passer dans le canard du coin l’annonce suivante :
“Marins pressés de naviguer sous les tropiques recherchent le Monsieur Pampers du bateau pour résoudre tous problèmes de fuites en cours. Spécialistes de l’incontinence s’abstenir.”
Le pimousse, qui ne s’était pas douché depuis presque trois jours (beurk...) a enfin cessé ce laisser aller en profitant du calme du port de Las Palmas.
Les narines du capitaine apprécient, de même que la partie de son cerveau exclusivement dédiée aux réparations, laquelle est fort sollicitée depuis le départ de Port Leucate.
En effet, l’utilisation immodérée de la douche et de l’eau chaude par le pimousse permet au capitaine de faire le diagnostic qui s’imposait quant à la persistance d’eau douce dans les fonds du flotteur tribord, le-nôtre-qui-est-à-nous où on dort et où on fait ce que la décence nous interdit de décrire dans ce blog tous publics !
Et le diagnostic est tombé (sans se faire mal).
Notre humilité naturelle nous oblige à ne pas fanfaronner, mais là tout de même, notre modestie dut-elle en souffrir, il faut bien reconnaître que lorsqu’on fait les choses à bord de Kouunji, on ne les fait pas à moitié.
La preuve ?
La première navigation, c’était un périple tout simplement de folie, avec l’ami José et l’ami Christophe, les deux seuls qui sont assez cinglés pour emboîter le pas au capitaine dans ses pérégrinations les plus insensées. Ils vont être a priori nos premiers visiteurs d’ailleurs...
La deuxième navigation, c’est un demi tour du monde...!
Et concernant la fuite, et bien ce n’est pas une, mais deux fuites que le capitaine a repérées ! Quand on vous dit qu’on ne fait pas semblant, nous...!
La douche fuit (ça ne devrait pas être compliqué) et le chauffe eau fuit (ça, c’est plus embêtant...).
Moralité : plus un bateau est simple, plus il est facile à entretenir, et moins tu as de problèmes...
Alors qu’un temps aussi maussade qu’une inspectrice des impôts frigide et pré-ménopausée peut l’être règne sur Las Palmas, le capitaine part à l’assaut du chauffe eau, planqué sous notre couchette, sous douze tonnes et demi de polystyrène censé amoindrir les bruits du moteur qui se trouve juste derrière la cloison.
On subodore cependant que ce polystyrène, qui n’amoindrit rien du tout, a été placé là par un plaisantin qui voulait juste compliquer la tâche du valeureux capitaine !
On a testé pendant la nuit différentes configurations, et l’analyse est positive. Le bateau n’a plus de fuites !
Ca c’est bien quand même, parce que traverser l’Atlantique sur un ersatz du Titanic, ce n’est pas notre tasse de thé...!
Puis après une heure de labeur acharné, le capitaine a refait toute l’étanchéité de notre cabine de douche, de sorte, que normalement, nous ne devrions plus avoir d’eau dans notre flotteur désormais, sauf les entrées contre lesquelles on ne peut rien en navigation.
Aujourd’hui c’est carnaval, et nos bouilles de marins déconfits suffisent à nous assurer un déguisement digne de ce nom !
Alors on part à la découverte de Las Palmas ! Et le pimousse a le pied léger !
Il y a quelques endroits sympas, et on fait une petite halte dans un resto japonais, qui a été absolument époustouflant. Mais pourquoi, demanderas tu, ô lecteur curieux ?
Et bien, répondrons nous, nous rédacteurs qui n’avons de cesse de satisfaire ta curiosité qui est pourtant un vilain défaut, parce que nous avons mangé à volonté (!) pour seulement... 10 euros par personne !
Du coup, on a pris quelques photos histoire de te mettre l’eau à la bouche !
Ouvrez bien vos mirettes et aiguisez vos ratiches !
Et c’était succulent !
Ensuite, nos pas nous ont menés vers une rue dont nous ne pouvions pas ne pas prendre la plaque en photo et la balancer sur ce blog grandement convivial, avec une dédicace spéciale pour José !!
Pour vous dire qu’on est vernis, il s’est passé après tout ça un truc pas croyable, mais que tu vas pourtant croire, ô lecteur crédule, parce que tout ce qu’on raconte est authentique, on n’est pas des mythomanes...!
On arrive devant un kiosque situé sur une petite place jolie tout plein, et là, l’estomac du capitaine, qui est toujours alléché par quelque gourmandise que ce soit, hurle et crie qu’il veut une glace, nonobstant le menu pantagruélique ingurgité quelques minutes auparavant (on vous rappelle que c’était à volonté, vous connaissez l’appétit du capitaine, hein ?).
Le capitaine salive d’avance, bave, et il a les yeux qui sortent de leurs orbites devant les bacs à glace qui débordent, quand soudain, horreur, malheur, abomination absolue, on se rend compte qu’on n’a plus un kopeck en poche !
La préposée aux boules (!) demande ce qu’on veut, et là, le capitaine est obligé de lui dire que notre porte monnaie est presque aussi vide que le cerveau d’une blonde...! (pardon pour toutes les blondes qui nous lisent, hein Céline, ça n’a rien à voir avec toi)
Et le miracle se produit : la gentille demoiselle nous dit que c’est pas grave, et, devant la mine ahurie du capitaine, lui tend une glace au chocolat, que nous avons payé 32 centimes d’euros, soit tout l’argent qu’il nous restait...!
Mais mieux encore, la généreuse ne s’arrête pas là, et demande au pimousse ce qu’il veut ! Le pimousse, qui avait assez mangé, décline l’offre.
Avoue, lecteur gourmand, que c’est pas tous les jours que tu vas trouver un commerçant qui t’offre ses produits gratos !
Enfin, il nous est arrivé un truc encore plus rocambolesque, encore plus fou, encore plus iconoclaste, encore plus incroyable, encore plus insensé, encore plus inimaginable, encore plus inconcevable, encore plus dingue que tout ce que tu peux imaginer, lecteur à l’imagination pourtant fertile.
En effet, tu ne vas pas le croire, mais on s’est fait courser par un troupeau de vaches en plein centre ville !
Comme nous entendons d’ici ton scepticisme se manifester, nous allons une fois de plus te démontrer que nous ne sommes pas des menteurs, puisque, dans notre fuite effrénée pour préserver notre peau, nous avons tout de même eu le temps de prendre en photo les bovins en furie, et nous considérons que ces clichés, pris au péril de notre vie, justifient que nous soit attribué le Grand Prix du photo-reportage au prochain Festival Visa Pour l’Image !
Le pimousse, qui est champion dans l’art d’amadouer les bovins, glisse un mot subrepticement à celle qui paraissait être la chef.
Nul ne saura jamais ce qu’il lui a dit...
Mais, en fin de compte, les vaches nous laissent regagner Kouunji en paix, sains et saufs.
Après “L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux”, voici “Le pimousse qui murmurait à l’oreille des vaches”...!
Si on bossait à Hollywood, on ferait un malheur !