62 - C'est parti !
La transat ? Ah, non, c’est pas pour tout de suite...
Il faut qu’on te raconte un truc d’enfer, parce qu’un suspense comme ça, il peut aisément être qualifié d’hitchckockien...!
Comme nous te l’avons écrit précédemment, nous attendions désespérément la venue du Docteur Yanmar, puisque l’un des jumeaux présentait des symptômes inquiétants. En fait, l’huile du sail drive a un aspect un peu blanchâtre, ce qui laisse supposer une entrée d’eau de mer dans les rouages du moteur... Gulp !
Ce matin, aux aurores, nous entendons un bruit sourd sur la coque, du genre de quelqu’un qui tambourine sur l’air des lampions. Ah, tiens ? Mais non... Fausse alerte...
Le bruit s’esbigne aussitôt, de sorte que nous restons bien au chaud sous notre couette, puisque nous avons décidé de tirer profit autant que possible de nos escales, ce qui passe par des sommeils réparateurs et - accessoirement - incroyablement longs !
Au petit déjeuner, pancakes mitonnés par le pimousse, et, comme nous ne serions passés sous aucun prétexte à côté de la Saint Valentin, les pancakes du jour ont une forme spéciale, ce qui a drôlement plu au capitaine, grand gourmand devant l’Eternel !
Trop fort le pimousse !
Puis, pour changer un peu, le capitaine s’attelle à une petite séance de bricolage, pour remettre en état son vélo, qui a moyennement apprécié le bain de mer dans le port d’Ibiza.
Mais c’est une excellente idée puisqu’ensuite, le soleil daigne faire une apparition sensiblement plus longue que la prestation d’un éjaculateur précoce, et nous en profitons donc pour aller faire une petite ballade “à bicyclette”, comme l’a si bien chanté Yves Montand, mais sans Firmin, Francis, Sébastien et Paulette.
Cela nous permet de t’offrir quelques clichés sympatoches, qui te permettent d’apprécier la beauté des abords du port de Las Palmas, les yachts pas dégueu qui y mouillent, et l’incroyable prestance du pimousse sur son vélo, que tellement elle est impressionnante, Lance Armstrong lui-même aurait déclaré : “je suis heureux qu’elle n’ait pas participé au Tour de France, je n’aurais pas pu gagner...”
Euh... Lance, excuse nous de te rappeler ça, mais tu ne les as pas gagnés, tes sept tours de France, tu as été destitué de tes titres pour cause de tricherie...
Nous, on n’a pas peur de le dire, Lance Armstrong est un trou du cul, un “fucking ass hole” comme ils disent chez lui aux States !
Après le réconfort, l’effort (ouais, nous, on fait rien comme tout le monde !), et re-séance de bricolage pour le capitaine, qui s’attaque à toute la rouille qui souille la blancheur presque immaculée de Kouunji, et croyez nous, la rouille a été éradiquée sévère ! En somme, la rouille a dérouillé !
Enfin, l'effort... pas pour le pimousse, qui a profité du déménagement de l'annexe à l'avant pour squatter la plage arrière, repos mérité après le grand rangement du matin.
Puis, las d’attendre la venue du Docteur Yanmar, nous enfourchons nos montures (on se croirait dans un western, là, hein ?!) et nous filons au saloon, euh... non... chez le shipchandler le plus proche pour essayer de trouver un mécano qui daigne venir jeter un oeil sur notre moteur malade.
Au mieux, nous avons un diagnostic téléphonique.
Verdict : il faut sortir le bateau de l’eau pour réparer !
Putain, mais c’est pas possible une poisse pareille ! M-e-r-d-e-e-e-e-e-e-u-h- !
Pour ne pas se laisser abattre, on retourne à notre resto fétiche, où on bouffe de l’asiatique de first quality à volonté pour 10 €. C’est la Saint Valentin, et le capitaine devait bien ça à son pimousse adoré...!
Le moral stagne tout de même dans des altitudes qui n’ont rien d’Everestien, et après s’être sustentés, nous gagnons le “varadero” (chantier naval) de Las Palmas, pour nous enquérir des disponibilités de la grue pour mettre Kouunji au sec afin de réparer.
Nouvelle claque dans les gencives : le bassin où vient se glisser le bateau pour que la grue s’en saisisse mesure 6,40 m de large. Kouunji, au maître bau, mesure... 6,50 m...!
Le gars du chantier nous dit que c’est pas grave. Ils ont une grue spéciale qui peut attraper n’importe quel bateau devant le bassin spécialement aménagé.
Sauf que le coût est sensiblement différent.
Si tu es un bateau normal, à la taille fine, il t’en coûte 114 € pour être extrait de l’eau. Si comme Kouunji, par la force des choses, tu as un peu d’embonpoint, l’addition passe à... 1.500 € ! Ca, c’est le tarif pour qu’on t’ôte les fesses de la baille. Pour t’y remettre, c’est la même chose.
Nous voilà donc devant un problème épineux : pour espérer réparer le moteur tribord dans de bonnes conditions, il va nous en coûter 3.000 €, juste parce que Kouunji est un peu trop gros.
Cette discrimination contre les obèses est i-nad-mis-si-ble !
Nous rentrons au bateau, et là, pour tout vous dire, le moral du capitaine est sérieusement émoussé.
Bon, vous savez comment ça se passe, dans ces cas là ?
Le pimousse prie. Et croyez nous les aminches, quand le pimousse prie, c’est avec une telle ferveur que toutes les divinités de toutes les religions possibles ne peuvent pas rester insensibles, et, qu’on le veuille ou non, y’a au moins un petit dieu de rien du tout d’une petite religion inconnue d’un pays inconnu qui réagit.
Croyez le ou non, mais un quart d’heure plus tard, un mec qui a l’embonpoint de Carlos se pointe à bord, et sur son tee-shirt, y’a un logo “Yanmar” tellement joli qu’on manque de le lui acheter, mais il ne veut pas le vendre.
Le gus s’appelle Manuel, et il nous dit dans le meilleur espagnol qui soit - mais c’est sa langue en même temps - qu’il est venu ce matin mais qu’il n’y avait personne...!
Les bruits quand on pionçait, c’était lui !
On lui explique le topo, et, malgré son quintal (minimum) qui altère sensiblement sa souplesse, il se glisse dans le compartiment moteur, examine l’huile du sail drive, et, après l’avoir portée à sa bouche et goûtée tel un fin gourmet, ressort sa tête au grand air et nous lance un “todo va bien” qui nous fait autant d’effet que quand tu aperçois un WC alors que tu te retiens de pisser depuis deux heures en te tordant dans tous les sens...!
En gros (rapport à la physionomie du gars), il nous explique qu’il y a un peu d’eau en effet dans l’huile (le capitaine avait vu juste), mais que c’est pas grave, car il y en a très peu et il n’y a absolument aucun danger à faire tourner les moteurs comme ça.
Quand on lui dit qu’on va attaquer l’Atlantique, le mec nous dit qu’on a bien raison et que ça sera bien moins cher de sortir le bateau de l’eau là-bas pour réparer, mais qu’il n’y a aucun souci, le moteur peut tourner au moins un an dans ces conditions, il suffit de surveiller le niveau de l’huile.
Tu parles, Charles ! Le capitaine en a déjà acheté 5 litres !
Bref, tout va bien, la vie est belle, et demain, on se lance !
Du coup, on a de nouveau enfourché nos montures pour aller faire nos courses, des vraies de vrai cette fois, parce qu’il manquerait plus qu’on meure de faim après tout ce qu’on a enduré !
Et crois nous ô lecteur qui va faire ses courses en bagnole, tu ignores le confort qui est le tien, parce qu’en vélo, chargé comme des mules, on en a bavé !
La preuve !
Bref, tu l’as compris lecteur, cette fois-ci c’est la bonne, et demain 15 février, c’est le grand départ.
Du coup, lecteur chéri-adoré-qu’on aime, on espère que tu as savouré cet article, parce que c’est le dernier avant un bon moment...! Comptez trois semaines facile !
On fait plein de gros bisous à tous nos fans, ne vous inquiétez pas, on a tout bien planifié, et puis, si vous craignez quoi que ce soit, faites comme le pimousse : priez !
Accessoirement, on rappelle aux plus inquiets qu’on a banqué un téléphone satellite près de 2.000 €, et que personne ne nous appelle jamais (sauf Annie, trop gentille Annie), et pire encore, on reçoit un texto par semaine alors que vous pouvez les envoyer gratos depuis internet...!
Allez, le prochain article sera rédigé aux Iles Vierges Britanniques !
Yahoooooooooo !