Un catamaran autour du monde

18 Mar

74 - Et vint le règne du code D

Publié par Le capitaine et le pimousse

26 février 2013

L’alizé semble avoir cessé de jouer avec nos nerfs et à cache cache par la même occasion. Il a daigné nous honorer de sa présence constante jusqu’en soirée, nous a accompagné plus discrètement durant la nuit, et s’est stabilisé aux alentours de 12 noeuds.

La mer un peu foldingue hier en fin d’après midi et jusque dans la nuit s’est également assagie.

Enfin des conditions normales sous ces latitudes ! Il était temps...!

Pour tout te dire, lecteur terrien, à ce stade de notre périple, on en a un peu plein les bottes (tout marin doit avoir une bonne paire de bottes pour le mauvais temps), parce que d’une part la traversée de cet océan est longue (ça on le savait) et que d’autre part, elle est loin d’être aussi aisée qu’on veut bien le prétendre (ça on ne le savait pas).

Ne laisse jamais quiconque te dire que la transat, c’est pépère, parce que c’est pas vrai.

Alors bien sûr, ce n’est pas aussi pénible que la Méditerranée, parce que les conditions changent moins vite, elles sont moins extrêmes, mais c’est tout aussi compliqué à gérer.

D’abord, il y a l’immensité de l’eau qui t’entoure. Même si c’est beau, même si c’est puissant, même si c’est majestueux, il n’en reste pas moins que par instants, ça t’impressionne.

Ce qui est un euphémisme pour dire que ça fout les chocottes !

Hier par exemple, quand la pétole s’est installée, le capitaine a fait mille et un calculs savants, où cas où ça durerait. Est-ce qu’on a assez à manger si la traversée doit durer une semaine de plus ? Est-ce qu’on aura assez d’eau potable ? Est-ce que tout va bien à bord ?

Comme la réponse aux questions précédentes est “oui” à chaque fois, ça allège l’esprit du capitaine.

Ensuite, il y a surtout l’impatience à gérer. Parce qu’évidemment, on voudrait déjà être aux Iles Vierges, dans un mouillage tranquille, avec en perspective une plage déserte de sable blanc sur laquelle deux ou trois cocotiers prodigueraient une ombre bienfaisante sous laquelle nous irions faire griller la langouste tout juste sortie de l’eau...

Mais ce n’est pas pour tout de suite, hélas. Alors nous faisons tout ce que nous pouvons pour avancer aussi vite que possible, et, pour une fois, nos efforts sont récompensés.

Le capitaine extrait de son sac notre code D, qui attendait sagement son heure, aidé par un pimousse désireux de voir Kouunji fendre les flots comme l’épée de Zorro fend le tissu du pantalon du Sergent Garcia !

Après quelques réglages savants, le verdict tombe (boum !) : le code D est une sacrée foutue bonne voile !

Mesure un peu, lecteur, ce que ce bout de tissu amélioré nous permet de faire.

Nous sommes au portant et le vent souffle à 12-13 noeuds.

Avec nos voiles classiques, nous naviguerions péniblement à 4-5 noeuds dans ces conditions.

Là, avec le code D réglé au poil, on file à 7-8 noeuds, c’est à dire plus de la moitié de la vitesse du vent ! Cela ne t’inspire certainement pas la même joie qu’au capitaine, mais sache que c’est... terrible !

74 - Et vint le règne du code D
74 - Et vint le règne du code D
74 - Et vint le règne du code D

Du coup, et malgré un début de journée moyen, notre bilan à 16 heures s’établit à 160 milles nautiques durant les dernières 24 heures, ce qui est sacrément bien, puisque la nuit a été très médiocre, même si le capitaine, réglé comme un coucou suisse, s’est levé toutes les deux heures pour accomplir sa mission.

Cette progression remplit de zénitude le pimousse, qui médite en songeant aux heures paisibles que nous coulerons sous les tropiques dans quelques jours.

74 - Et vint le règne du code D

Combien ? Ca, c’est la grande question...

Nous sommes peu ou prou à mi-parcours, et ce qui nous attend devrait être plus aisé et plus facile que ce que nous avons passé. Notre délai de trois semaines, à un ou deux jours près, devrait donc être respecté.

Mais on ne vous cache pas qu’on apprécierait de faire plus vite !

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R
Quel optimisme quant à la durée avant l'arrivée !... Mais heureusement, qu'en serait-il si l'on sombrait dans un pessimisme déprimant, déjà qu'on l'est un peu comme çà ?...Enfin avec le recul, çà n'a pas toujours dû être marrant !....
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C
D comme débrouille, D comme Démerde face à la déprime, D comme Demain on arrive...
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