1 - Pré en bulles
Salut à toi, ô ami lecteur ! Que tu sois marin, curieux, épris de littérature maritime ou même complètement étranger au monde de la mer, sois le bienvenu devant ces lignes, qui n’ont aucune prétention si ce n’est celle de faire partager quelques idées sur le bateau, les océans, la philosophie qui va avec et la vie en général. Et peut être de se marrer un peu, ce qui, par les temps qui courent et le pessimisme ambiant, n’est pas du luxe...!
Si tu cherches des conseils pratiques sur la navigation, tu ne lis peut être pas de quoi satisfaire ta légitime curiosité. Parce que je n’ai certainement pas la prétention d’apprendre à autrui ce que je peine moi même à maîtriser.
Je vais bien distiller quelques tuyaux ici et là pour faire celui qui sait quand même de quoi il parle, mais c’est vraiment parce que je ne peux pas faire autrement...! Il y en a d’autres qui ont déjà fait ça avant moi, et certainement mieux que je ne suis en mesure de le faire. Je ne suis pas particulièrement compétent en matière d’électricité, de matelotage, de bricolage, de mécanique diesel, de réglage des voiles, et pour tout dire, tout ça m’em.. profondément ! Seulement, comme sur ton bateau de grand voyage, il faut savoir tout faire...
Mais, au fond, ce que je voudrais partager avec toi, c’est une chose autrement plus fondamentale que l’art de faire les noeuds, changer un filtre à gasoil, récupérer de l’eau douce avec un taud ou faire le meilleur près possible dans la brise.
Naviguer, c’est bien autre chose, même si ça passe par ces choses très terre à terre, ce qui est tout de même assez paradoxal quand on est sur un océan, non...?!
Ce qui nous amène donc à poser LA question : naviguer, qu’est ce que c’est ?
Il y autant de réponse possibles que de marins.
A mon humble avis, naviguer, c’est être libre. Illusion, me répondront les sceptiques, qui considèrent que naviguer autour du monde à la voile, c’est échanger les contraintes du quotidien contre d’autres contraintes plus impalpables, mais tout aussi réelles.
Peut être...
Seulement, je préfère perdre mon temps, au soleil, dans un mouillage paradisiaque des Grenadines, à essayer de recoudre ma grand voile qui s’est déchirée après un coup de tabac inattendu sous ces latitudes généralement paisibles, plutôt que de le perdre dans un bureau gris et froid de la région parisienne à essayer de satisfaire les caprices combinés et antagonistes d’un patron mégalomane et de clients mécontents.
Bref, c’est un choix de vie. Il vaut ce qu’il vaut, et qu’importe qu’il ne soit pas partagé par tout le monde. Tant mieux d’ailleurs, déjà que les meilleurs mouillages sont souvent encombrés...
Je préfère de loin les grandes étendues, les paysages préservés et la sérénité des espaces vierges aux galeries marchandes de New York, au périph’ aux heures de pointe et à la frénésie des villes de tout poil.
Bref, j’aime m’évader en mer, dans un “pré en bulles”...
J’aime bien l’image, qui est assez poétique, ce que je souligne au cas où la beauté de la métaphore aurait échappé à mes lecteurs trop accaparés par la quête du truc en plus pour naviguer comme Mich’ Desj’...!
Et puis soyons réalistes : le truc en plus, je l’ai pas. Désolé les gars...!
