101 - Une pause près de la civilisation
24 mars 2013 - Marina Cay - Scrub Island
Salut lecteur curieux de découvrir la suite de nos aventures, qui n’en sont pas, vu que nous faisons des trucs à la portée de n’importe quel imbécile.
Et des imbéciles, on en croise ! Au risque d’être taxés d’anti-américanisme primaire, on va pas rater d’épingler les compatriotes de l’Oncle Sam, parce que des arrogants pareils, on n’a jamais vu ça.
Il est d’usage, quand on est marin et bien élevé, ce qui n’est pas incompatible, de saluer les bateaux qu’on croise en navigant, et de saluer pareillement ceux que l’on approche au mouillage.
Juste un p’tit mouvement de la main, tu vois, pas grand chose, histoire de dire “salut à toi, ô marin qui, comme moi, se délecte des plaisirs infinis de la mer...”
Et bien figure toi, lecteur terrien, que pas un seul des Amerlocks à qui nous avons adressé ce petit geste amical, convivial, confraternel en quelque sorte, n’a daigné nous rendre notre salut.
Aux yeux du Ricain de base, qui a les poches pleines de dollars et le coeur plein de mépris, tu n’es qu’une merde osant flotter à côté de son bateau. Et il t’ignore ! Les îles sont à lui, d’ailleurs on paye en dollars US alors qu’on est au pays de sa très gracieuse majesté Elizabeth II, qu’il n’y a pas plus Bristish qu’elle ! C’est tout dire !
Bref, on ne te cache pas qu’on est un peu en manque de contact humain, non pas que l’isolement nous pèse, bien au contraire, mais on s’étonne du peu de convivialité dans les mouillages, entre marins. Chacun reste sur son bateau, et ignore son voisin.
Nous, on espère voir flotter des pavillons français, et aller tailler une bavette avec des compatriotes, partager un apéro sympa et se raconter nos histoires de mer.
Seulement, chaque fois qu’on a vu un pavillon français flotter à la poupe d’un bateau et qu’on a parlé au gus qui était à bord, il nous a répondu dans une langue qui n’avait rien à voir avec celle de Molière...!
Bon, on ne désespère pas, ça viendra, de nouveaux boat-potes ! Et puis maintenant que nous sommes passés maîtres dans l’art du non-vouloir, plus rien ne peut nous atteindre !
C’est d’autant plus difficile que le périple continue, et plutôt bien, puisqu’on s’est à nouveau dégoté un mouillage mignon tout plein, qui a le triple avantage d’abriter une station service, un restaurant, et un panorama qui, s’il n’est pas exceptionnel, ravirait plus d’un banlieusard, qu’il soit de la banlieue parisienne ou... toulousaine !
On a une pensée émue pour Jo, qui se tape 1h30 de trajet tous les matins pour aller bosser, et qui remet ça le soir pour regagner ses pénates... Nous, on a mis 1h30 pour quitter White Bay, et atterrir à Marina Cay, au Sud de Scrub Island.
Et on sait qu’on a de la chance, beaucoup de chance ! Jo, on compatit !
Sinon, la journée s’écoule paisiblement, on a une connexion internet mais un WiFi pourri, ce qui fait qu’on ne peut pas encore basculer les photos des derniers jours, ce qui ne va pas manquer d’exaspérer les plus impatients, mais que veux tu lecteur, il faut accepter les aléas de nos conditions de navigation et d’escale...
C’est terrible, hein ?!
Néanmoins, on fait ce qu'on peut, le pimousse lit tranquillement allongé sur la plage, tandis que le capitaine bosse pour vous, lecteurs chéris ! Et croyez le, il ne chôme pas ! Parce que tenir ce blog à jour, c'est du boulot !
Et pourtant, il y a plus urgent, comme par exemple jeter un oeil sur le dessalinisateur, qui ne produit pas plus d'eau qu'un puits de pétrole, mais qui enrichit beaucoup moins son propriétaire qu'un puits de pétrole...