102 - Le diable par la queue
25 mars 2013 - Devil’s Bay - The Baths - Virgin Gorda
Après une nuit agitée, pour cause de houle étonnamment nerveuse, qui remue Kouunji comme un cocotier (on ne va pas dire “prunier”, ça ne ferait pas couleur locale...!), nous comprenons au matin que nous avons choisi une bouée décalée par rapport au mignon petit îlot qui nous abritait, ce qui nous a exposé aux mouvements de la mer, tandis que les bateaux qui se sont agglutinés au milieu ont été davantage préservés.
On ne peut pas tout avoir. Nous, on était à l’écart...
On est un peu dans le coltard au réveil, et on ne s’explique pas cette cagne, si ce n’est qu’on est tellement décontractés (du gland, dirait-on si on était dans “Les Valseuses”...!), qu’on n’a absolument plus aucun stress.
Mais alors aucun...!
On teste le dessalinisateur, car nous avons un souci d’eau douce : nos réservoirs se vident beaucoup trop vite. Soit le dessal’ ne fait pas son boulot, soit on a une fuite.
Après vérification, le dessal’ bosse comme il doit, même si ses performances sont en-deçà de celles annoncées par le constructeur-vendeur, mais on l’a déjà dit, et on ne peut rien y faire, on fait avec.
Donc, on a une fuite, c’est certain, mais on ne parvient pas à la localiser. Scrogneutedjeu...! Elle est sans doute à l’origine de la présence chronique d’eau dans les fonds du flotteur tribord. Mais ce n’est pas dramatique.
Plus ennuyeuse est la casse du flexible de la douche de pont, ce qui nous prive de la possibilité de nous rincer à l’eau douce après une baignade. Et ça c’est drôlement pas glop, parce que c’est un gadget qui n’en est pas un dont on se sert tous les jours...!
Ca fait une ligne de plus sur la liste de ce qu’il va falloir revoir dès que possible !
On refait le plein de gasoil, ce dont les jumeaux Yanmar nous savent gré.
Euh, dis lecteur... t’as vu la gueule de la station service ?
Avoue qu’avec un look pareil, même si le litre de gasoil était à 3 €, tu serais quand même enchanté de venir t’approvisionner ici, hein...?!
Nous, on est doublement contents, parce que le litre, il est sacrément moins cher que chez nous, puisqu’on nous le facture “à peine” 1 € le litre (on t’épargne la conversion avec les $...)
Dans la mesure où un plein, c’est un peu plus de 200 litres, t’apprécies l’économie !
Puis nous faisons cap vers un des hauts-lieux touristiques des îles Vierges, situé à Virgin Gorda : Devil’s Bay, soit... La Baie du Diable !
Ouh là là, ça fout les chocottes...!
Ce mouillage en jouxte un autre, tout aussi côté (à l’Argus des endroits tip-top) : The Baths, soit... Les Bains. Ca veut tout dire, hein ?
Pour nous, ça se passe à peu près comme ça à chaque fois. Comme on n’est pas pressés, on part toujours après les autres, on arrive également après, mais on repart après, vraiment après... Et c’est là que ça a tout son intérêt.
On t’explique. Quand on arrive (souvent à l’heure du repas), le mouillage est bondé. Tellement bondé qu’il n’y a plus de bouée dispo (ici elles sont gratuites). On se met à l’ancre, et aussitôt que le bateau voisin du nôtre met les bouts, on s’amarre à la bouée vacante.
Puis, comme si une alerte atomique venait d’être déclenchée, en l’espace d’une heure, 80 % des bateaux présents partent à la recherche des deux plus beaux spécimens mâle et femelle actuellement aux îles Vierges : Franck S. et Valérie A....!
Car le bruit s’est répandu qu’ils seraient dans les parages...
Nous, pas cons, on se planque, et, une fois que tous les glands se sont barrés, on a le mouillage pour nous tous seuls, de 15 heures jusqu’au lendemain !
Moralité : quand tu fais pas comme tout le monde, c’est pas si mal...
Et puis, franchement lecteur, avoue que, quand tu as la chance, que dis-je, l’incroyable veine de passer autant de temps que tu veux dans des paysages aussi somptueux que ceux qui figurent présentement dans ce blog, et dont celui du jour est de toute first quality, t’as pas le droit de suivre le troupeau : tu dois tracer ta propre voie ! C’est un devoir !
Eh, mate un peu le décor ? Nice, isn’t it, comme ils disent ici ?
Un guide touristique lambda te décrirait ça comme “un bijou de granit dans un écrin de verdure, dont le charme à la fois exotique et luxuriant vous donne un avant-goût de paradis...”
Seulement, nous, on n’est pas des guides lambda, et les expressions formatées, on suggère à leurs auteurs de se les rouler en cône et de se les carrer bien profond dans un orifice que la décence nous interdit de nommer ici...!
Alors, au lieu de formules alambiquées destinées à faire fantasmer la ménagère de moins de 50 ans, on t’a fait tout plein de jolies photos, et comme on sait que toi lecteur, tu n’es pas un con, au lieu de te refiler (toujours gratos) un commentaire plus ou moins bien tourné, on te laisse juger par toi-même, et mettre sur ces panoramas les mots adéquats...!
Comme disait l’adepte de l’onanisme, on n’est jamais mieux servi que par soi-même !
Tu observeras que la maison jolie tout plein d’un style indonésien au milieu des palmiers fait fantasmer le pimousse qui veut la même, mais en Polynésie...!
Ouille, ouille, ouille, combien ça va coûter, une masure comme ça...?
Bon, on n’en est pas là, hein ?
On a essayé de se trouver un resto, un p’tit troquet, un estaminet, mais sans succès... Qu’à cela ne tienne, on a fait un sort à l’un des nombreux pots de foie gras qu’on a embarqué !
Il faut dire qu’on s’est fait une plongée somptueuse au milieu de ces rocailles, et ça a été féérique : coraux multicolores, poissons de toutes sortes, dont un barracuda à la mine patibulaire (ce poisson a vraiment une sale gueule...), bref, y’avait belle lurette qu’on n’avait pas eu un spectacle pareil. Et tout ça dans deux mètres d’eau !
Mais le sport, c’est bien connu, ça creuse !
Tant pis pour le foie gras ! Et tant mieux pour nos estomacs !
En plus le mouillage est désert (trois bateaux sur un kilomètre) et calme : bref, on est heu-reux !
Puisses tu l’être aussi, lecteur, en partageant avec nous tout ceci.