134 - Pas si simple
25 avril 2013 - Five Islands Harbour - Jolly Harbour - Antigua
Depuis le temps que tu nous es fidèle, lecteur, tu sais que le titre de chaque article n’est jamais choisi au hasard. Si on se lançait dans un grand débat philosophique, on pourrait même affirmer que le hasard n’existe pas...
Mais ce serait un long débat, et on se fâcherait...! Alors, on laisse tomber pour l’instant !
Ce morning (on est à Antigua qui est anglophone, remember...!), pancakes au breakfast, farniente, et toilette en grand pour le pimousse, qui, le mouillage étant désert, se douche dehors, profitant du fait que c’est pas tous les jours que ta baignoire est plus grande que l’esplanade des Invalides !
En plus, on gaspille moins d’eau douce avec la douche de pont, qui a le grand avantage de se couper automatiquement dès qu’on lâche la pomme, ce qui représente des économies substantielles, comme dirait un spécialiste des théories de John Maynard Keynes !
Réceptifs à notre petite voix intérieure qui nous incite à découvrir encore et toujours plus de beautés naturelles (dont nous sommes, c’est notre avis réciproque, et c’est pour ça qu’on s’aime !), nous levons l’ancre avec la maestria de ceux qui font ça tous les jours depuis deux mois, et faisons cap vers l’Ouest d’Antigua, qui abriterait selon nos cartes et les dépliants touristiques glanés au bureau de l’immigration, une tripotée de mouillages et de plages tous plus sympathiques les uns que les autres.
Mais, rappelle toi le titre, lecteur : pas si simple...!
D’abord, il faut nous écarter des récifs qui longent un tiers de la côte Sud d’Antigua, parfaitement indiqués et visibles à l’oeil nu, ce qui nous contraint à un léger détour, mais mieux vaut perdre une demi heure plutôt que de sombrer, hein ?
Comme au p’tit déj, on voit des tortues, celles-ci ayant la particularité d’être très grosses, comme... euh, non... on ne va rien dire, on ne voudrait pas se fâcher avec... chut...!
Ensuite, il faut choisir, parmi tous les mouillages potentiels, celui qui nous botte vraiment.
On longe la côte, mais à vrai dire (peut être qu’on devient très difficiles) aucun des endroits mentionnés sur la carte ne nous emballe, et on se rend compte que les dépliants touristiques sont une source d’information très partiale. Et c’est un euphémisme !
Un mouillage a l’air plus accueillant que les autres, mais il est un peu encombré...
Alors, on pousse plus loin, plus loin, et plus loin, pour arriver à Five Islands Harbour, un grand bassin qui tire son nom du fait qu’il abrite en son sein et au large cinq petites îles.
C’est le moment que choisit le vent pour s’exprimer, ce qui n’est pas la chose que nous apprécions le plus, mais est-ce qu’on a le choix ?
Bref, nous sommes ancrés, mais l’abri est moyen, et on se rend compte après coup que le mouillage encombré devant lequel nous sommes passés précédemment était celui que nous voulions atteindre, il fallait simplement slalomer entre les bateaux et aller tout au fond de la baie...!
Qu’à cela ne tienne : on mange (il faut toujours manger pour se remettre d’une navigation et d’une déception), et on retournera à Jolly Harbour tout à l’heure ! A moins que...
Voici en fait maintenant le deuxième effet Kiss Cool !
Rappelle toi encore une fois le titre de cet opus, lecteur : pas si simple !
Notre mouillage, maintenant que le vent s’est calmé, et que le soleil est revenu, se révèle finalement très plaisant. Nous sommes face à une très belle plage, derrière laquelle un hôtel de luxe et de charme a eu la bonne idée de s’installer.
L’endroit est très paisible, ce qui permet à l’hôtel d’adhérer à la chaîne “Les Relais du Silence”, et de facturer la nuit à des prix que la décence nous oblige de taire dans ce blog, faute de quoi les plus prolétaires de nos lecteurs nous renierait sans plus tarder.
Ce qui est drôle, c’est qu’on profite du silence et du calme, mais sans débourser une thune !
Ami prolétaire, tu peux rester lire ces lignes, et resquiller avec nous, ça te fera du bien !
Et puis, à l'occasion de notre balade à terre, on fait la connaissance de Simon (prononcer Saillemonne, puisque c'est un local !), un agent de sécurité bien sympa avec qui on taille une bavette.
Comme il fallait s'y attendre, il nous explique que la vie à Antigua est un peu difficile, because d'un point de vue économique, à part le tourisme, y'a pas grand chose à se mettre sous la dent...
On compatit, Simon ! Tellement même qu'on ne rechigne pas à dépenser nos brouzoufs pour alimenter l'économie locale, c'est dire si on a l'esprit collectiviste !
On a aussi l'esprit artistique, et on essaye de faire des clichés qui seraient dignes du talent de Gilles et Céline... Mais c'est pas gagné !