140 - Fête du travail
1er mai 2013 - Freeman Bay - English Harbour - Antigua
Celui qui s’est rappelé, aujourd’hui, qu’on fêtait la glandouille absolue, c’est le soleil !
Oh, mamma mia, cette grisaille au réveil ! Et cette pluie !
Mais celui qui nous éclaire et nous réchauffe depuis un p’tit bout de temps maintenant se dit que ce ne serait pas sympa qu’on passe ce jour férié sans qu’on voit sa bonne bouille, de sorte qu’après notre english breakfast (i.e. bacon & eggs avec une “cup of tea”...) sous des trombes d’eau, pour faire vraiment british (!), il réapparait.
Et nous assomme à nouveau de sa chaleur !
La météo nous a contraint de différer notre natation quotidienne, mais on ne tarde pas à se mettre à l’eau, car on crève de chaud ! Enfin, ça vaut pour le capitaine, parce que le pimousse, qui a un coup de mou, pionce dans le carré comme un gros bébé : à poings fermés !
Y’a pas, il fait trop chaud...!
La pluie - qui a entendu notre complainte - revient illico, sous forme d’un grain aussi costaud que Ronnie Coleman (vas voir sur internet le mec, et tu comprendras...), et sous un ciel aussi noir que Ronnie Coleman (tape sur Google le nom du gars, on te dit, tu vas piger !).
Le capitaine bichonne Mini-Kouunji qui, sous l’effet des grains successifs, s’est transformée en piscine, ce qui est superflu dans notre situation, vu que de l’eau pour se baigner, on n’en manque pas...!
Vient l’heure d’aller faire nos formalités aux douanes, puisque demain, on quitte Antigua pour se rendre sur les terres natales de la descendance du capitaine...! Eh oui, l’héritière unique (et donc préférée) du capitaine a vu le jour pour la première fois à Pointe à Pitre, en Guadeloupe.
Mais on n’y est pas encore !
Une fois expédiées les tracasseries administratives néanmoins indispensables, puisque sans “clearance”, on ne pourrait pas être accueillis dans le prochain pays que nous voulons visiter (!), c’est l’heure de notre balade quotidienne.
Une halte au café le plus proche pour choper du WiFi, et un p’tit tchat avec Annie et André, ces deux coquins qui ont provoqué la rencontre entre le pimousse et le capitaine, voici maintenant trois ans...! Ca fait plaisir de les voir en si bonne forme, nos entremetteurs !
Puis, direction les hauteurs de English Harbour, et les vestiges des fortifications érigées jadis par les English, pour bouter hors de leurs eaux les vilains pas beaux qui voulaient les en déposséder.
On se rend ainsi sur l’ancienne réserve de munitions (la bâtisse à moitié enterrée), construite en mortier à l’épreuve des bombes (!), et la caserne des sentinelles, armée d’un sacré canon prêt à dégommer le premier bateau qui aurait eu la prétention de s’incruster sans y avoir été préalablement convié...!
Tu comprends maintenant pourquoi, en dépit de l’obstination du petit Corse Napoléon, on n’a jamais réussi à chouraver cette île aux Rosbifs !
Et c’est bien dommage, parce qu’au final, le bilan est carrément positif : Antigua, c’est beau, serein, tranquille, les mouillages sont très différents de ce qu’on a connu jusqu’alors, tout de même pas si vilain (c’est un euphémisme), et, cerise sur le gâteau, les gars (et les filles) d’ici sont super sympas, ce qui n’est pas si fréquent aux Antilles, Papa Dom ne nous démentira pas, et tous ceux qui connaissent ces îles non plus...!
Quoi qu’il en soit, on a encore la chance de capturer quelques images savoureuses de notre dernière étape ici, avec en prime un magnifique arc-en-ciel, hélas annonciateur d’un énorme grain qui s’est abattu sur tes dévoués serviteurs, lecteur insensible, pour les tremper comme des soupes...!
On est rentrés au bateau dégoulinants, mais heureux : la pluie est chaude, le ciel noir donne au paysage des teintes très spéciales, la mer est aussi calme qu’un dépressif qui vient d’avaler 3 boîtes entières de Prozac, et c’est l’occasion d’un dernier bain de mer, préalable à une bonne douche sur la jupe arrière.
On se croirait dans la pub pour Tahiti Douche, tu te rappelles, quand des super gonzesses et des super mecs se douchaient à moitié à poil dans la nature sous une pluie diluvienne ?
Allez, on se couche tôt, et demain dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne (comme l’écrivait un gus qui avait du talent à revendre...) on lève les voiles pour la Guadeloupe !
Oh purée, maintenant qu’on est lancés, on ne s’arrête plus !