Un catamaran autour du monde

11 May

148 - Soulagement

Publié par Le capitaine et le pimousse

9 mai 2013 - Les Saintes - Guadeloupe

Bon, lecteur, on sait que ce qu’on va écrire va te faire bondir, que tu vas nous trouver arrogants, hautains, voire même qu’on aurait tendance à cracher dans la soupe, mais vois tu, nous sommes soulagés d’avoir quitté la Guadeloupe aujourd’hui.

Enfin... il faut relativiser, puisque nous sommes désormais aux Saintes, minuscule archipel qui fait partie intégrante de la Guadeloupe, mais ce n’est déjà plus pareil.

Les Saintes, c’est un petit monde à part... Nous y reviendrons - au sens figuré - puisque nous allons passer quelques jours ici.

Aujourd’hui, on s’est réparti les tâches de façon équitable : le pimousse s’est occupé de l’entretien du bateau, et a tout nettoyé de fond en comble, tandis que le capitaine, bravant la chaleur, se chargeait de l’avitaillement.

Avant de partir en effet, il est indispensable de faire le plein de produits frais.

Ce qui, en Guadeloupe, ne manque pas de t’esquinter le porte-monnaie, dans la mesure où, hormis les produits locaux qui sont - relativement - moins chers, tu as l’impression de n’acheter que des produits de luxe, même quand tu achètes des pommes ou des yaourts !

Bref, le capitaine est resté debout tout le reste de la journée, parce que dépenser autant de fric pour aussi peu de bouffe, ça lui a fait sacrément mal au c...!

Après avoir rendu notre voiture, qui nous a été bien utile, on se partage un poulet grillé sous une chaleur invraisemblable, qui nous donne l’illusion d’être nous-mêmes les poulets grillés d’un géant qui nous regarde cuire à petit feu...!

C’est l’heure de lever l’ancre, ce que nous faisons désormais sans même y penser, et nous constatons à peine sortis de la passe que les prévisions météo sont - encore - erronées, puisque l’alizé qui devait souffler de travers et nous propulser à vive allure vers Les Saintes a l’idée saugrenue de souffler depuis Les Saintes, de sorte qu’on le regarde droit dans les yeux...

Ce qui n’est pas la meilleure manière de regarder le vent à qui, en général, on préfère exhiber son postérieur...!

148 - Soulagement
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Néanmoins, l’alizé est lui aussi assommé par la chaleur et souffle comme un asthmatique, et se décide toutefois à devenir favorable une fois que nous avons passé la pointe Sud de Basse Terre, c’est à dire après la moitié du trajet.

Le canal des Saintes est avalé en un rien de temps, et nous arrivons dans ce qui est parait-il l’une des plus belles baies du monde, classée au patrimoine mondial de l’Unesco !

Mais ça, on te le montrera plus tard, parce que comme on est arrivés à la nuit tombante, tout ce qu’on a à t’offrir, c’est le coucher de soleil - admire la progression - qui a salué notre atterrissage, en compagnie de deux dauphins qui sont passés pile poil sous Kouunji !

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Il semble qu’on se soit définitivement défaits des mauvaises ondes qui planent sur la Guadeloupe.

Et ne te marre pas, lecteur, en pensant que, sous l’influence des rastas du coin et de leurs substances illicites, on est devenus des illuminés : il y a vraiment de mauvaises ondes en Guadeloupe.

L’ambiance qui y règne n’a strictement rien à voir avec ce qui existe dans les îles anglo-saxonnes, où dominent la décontraction et la nonchalance.

Sur la route par exemple : aux Vierges ou à Antigua, les bagnoles s’arrêtent pour te laisser passer. En Guadeloupe, ils se prennent tous pour des champions de Formule 1, et la courtoisie est un mot qui ne doit pas avoir son équivalent en créole...

Même dans les ports, c’est différent. Aux Vierges ou à Antigua, Wi-Fi à gogo gratos. Rien de tout ça en Guadeloupe. Ca marche mal et c’est payant...!

Chez les British, tout est organisé pour les bateaux, et leurs îles, on le sent bien, vivent autour du nautisme. Il y a un effort pour l’accueil des plaisanciers.

En Guadeloupe, où que tu ailles et quoi que tu fasses, le mec du coin te fait clairement comprendre que tu n’es pas le bienvenu. La preuve ? Au supermarché, ce matin, une Antillaise se fait servir du fromage. Le préposé - un autre Antillais - est sympa avec elle, sourit, la sert, bref, tout est normal. Arrive le tour du capitaine. Le préposé - qui a sûrement des couilles de taureau - dit au capitaine sans se dégonfler que le rayon fromage est fermé ! Et il se barre, deux mètres plus loin, discuter avec ses collègues, montrant ostensiblement qu’il n’a pas envie de bosser, et encore moins pour un blanc qu’il doit considérer encore comme un esclavagiste, alors que nous sommes les premiers à penser que les esclavagistes étaient des salopards de premier ordre...!

Bref, nous éprouvons du soulagement à avoir quitté la Guadeloupe, ce qui nous chagrine, car cette île est d’une beauté rare, mais elle héberge, dans chaque lieu et dans chaque âme, tant d’amertume, tant de rancoeur, tant de mépris, tant d’irrespect, pour la terre et autrui, qu’il semble à jamais impossible d’en faire le petit paradis que la Nature aurait voulu enfanter...

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J
C'est bien triste tout ça...: ((<br /> J'aurais vraiment pas aimé être à la place du capitaine dans ce supermarché...le pimousse a du savoir bien le consoler ; ))<br /> Accueil indésirable...pas grave...ya tellement d'autres coins vachement plus sympa sur cette planète...<br /> A mort les cons !!!! :O
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R
Cette mauvaise configuration entre les rapports des êtres d'aspect différent tend à se généraliser et sera le grand problème posé à notre pays dans les années à venir !... Euphémisme nécessaire...<br /> Vous avez été bien inspirés de quitter cette Guadeloupe pour aller voir du côté des îles british où j'en suis tout à fait convaincu l'esprit revanchard des descendants d'esclaves est moins perceptible. Cà n'est pas de notre faute, ni de la leur ! Doit-on supporter ce qu'ont fait ceux qui nous ont précédés. Je crois qu'il y a là, une forme d'attitude dont le but est de profiter de la culpabilisation ressenti par certains qui n'ont d'ailleurs aucun compte à rendre des choses du passé....Mais voilà, la surenchère des politiques faussent le débat en favorisant le ressenti de certains en laissant croire que le peuple de France se sent coupable...
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