195 - Martinique, escale technique
25 juin 2013 - Le Marin - Martinique
Au petit matin, le capitaine va cherche Papou et son fidèle second, Jean Paul, à terre. Une demi heure après, on a une pompe à eau toute neuve ! Quelle efficacité !
On fait le diagnostic de tout ce qu’il y a à faire sur le bateau et... purée y’en a des choses !
Parler avec des pros, c’est drôlement instructif, et le capitaine ouvre grand ses oreilles pour ne rien perdre des conseils, suggestions, et autres “trucs” que l’équipe de Papou, qui cumule 122 ans d’expérience dans la réparation de bateaux (!), peut lui glisser dans l’oreille.
Jean Paul, à lui tout seul, a réparé plus de... 7.000 moteurs !
Autant te dire que ce qui nous préoccupe, c’est de la roupie de sansonnet, pour un gus comme lui !
On décide de ne pas faire les choses à moitié, et de sortir le bateau de l’eau, pour réparer tout ce qui doit l’être.
En bateau en effet, on ne peut pas se contenter de demi-mesure : la loi de l’emmerdement maximum fait que, tôt ou tard, un truc que tu as négligé va, tel un boomerang, te revenir en pleine poire, multiplié par dix si tu as de la chance, et par cent si tu n’en as pas...!
Aussi décidons nous de ne rien négliger, puisque nous partirons ensuite vers des contrées éloignées de tout, mieux vaut ne rien laisser au hasard, et le maître mot en la matière est : prévention. Nous allons déposer les moteurs, stratifier les jupes arrières, revoir toute l’étanchéité des flotteurs, éradiquer le problème des odeurs dont nous avons enfin trouvé l’origine, réajuster le niveau de l’antifouling, faire réviser le gréement, et mille autres petites choses.
Quand on va repartir, Kouunji sera tout neuf !
Ca, c’est l’aspect positif de la chose. L’aspect négatif, c’est que ça va nous coûter cher, très cher même, et qu’on va rester une semaine à terre...! Minimum !
Autant te dire que le pimousse est moyennement ravi par cette perspective, car ça signifie d’abord qu’on n’a plus de toilettes à bord ! Il faudra descendre du bateau pour la pause pipi ! En pleine nuit, ça va être génial !
Et surtout, à terre, il fait chaud, il y a les moustiques, le bruit, la crasse du chantier, bref, c’est moyen question confort et tranquillité...!
Mais que veux tu...? On n’a rien sans rien ! Si on veut un bateau en parfait état, il faut en passer par là, alors comme nous sommes des marins prudents et sérieux, on remet notre bateau nickel-chrome avant de reprendre la mer.
Nous aurions en réalité du faire cela au moment où nous avions récupéré José, mais comme tu le vois, le malheureux était venu passer 15 jours avec nous, et il aurait été bien indélicat de lui faire passer la moitié de son séjour à sec, sur un chantier !
Et on n’a pas chômé : à peine le bateau sorti de l’eau, le capitaine a passé la coque au Kärcher, pour constater d’ailleurs qu’elle est - hormis les jupes arrières - toujours en très bon état, ce qui n’a pas manqué de lui mettre un peu de baume au coeur.
Demain, y’a du taf, alors on va essayer de passer la meilleure soirée possible, et prier pour qu’il y ait un peu d’air cette nuit.
Parce que sinon, on va mourir asphyxiés !