305 - Bilan concernant Los Roques
13 octobre 2013 - Dos Mosquises - Los Roques
Comme le vent a molli, mais qu’il reste bien établi, nous restons sagement là où nous sommes, puisque c’est beau, dessus comme dessous, ainsi qu’en attestent les photos du jour prises exclusivement dessous, puisque pour le dessus, tout est dans l’article d’hier !
On n’a donc pas bougé aujourd’hui, les péripéties du jour précédent nous ayant incité à la circonspection. Voilà une excellente introduction pour te faire une résumé, lecteur chéri, de notre sentiment à propos de Los Roques, archipel à nul autre pareil.
Le premier impératif, si tu veux prendre du plaisir ici, c’est que les conditions météo soient calmes. Très calmes. Cela tient à la configuration des lieux. Toutes les îles sont très basses et n’offrent donc aucun abri contre le vent. Au contraire, du fait d’un effet “venturi” (le vent accélère presque toujours entre la côte et la mer), tu es systématiquement rafraichi par l’alizé. Quand ce dernier se contente de jouer les ventilos, c’est cool, mais s’il s’excite un peu, cela finit vite par t’énerver.
Copieusement.
La houle est cassée par le récif qui borde l’archipel. Mais, là encore, lorsqu’elle est vraiment musclée, elle est certes endiguée par ce barrage naturel, mais n’en reprend pas moins de la vigueur au fil des milles, de sorte que c’est incontestablement à l’Est que se trouvent les meilleurs mouillages : Crasqui, Sarqui et Noroquin.
Les bleus sont exceptionnels, les plages d’une beauté à couper le souffle, et le calme incomparable, pour peu qu’on occulte les promène-touristes qui sillonnent les flots d’île en île, mais qui, il faut tout de même garder le sens de la mesure, sont en nombre très restreint.
Les eaux sont poissonneuses, les rares gars à qui tu as affaire ici sont tellement contents de voir du monde qu’ils t’accueillent à bras ouverts, t’invitent pour n’importe quoi, et tu peux encore faire du troc, ce qui est une façon de voyager dans le temps plutôt rigolote.
Bref, Los Roques, c’est du bon, du tout bon même. Mais, ce qui fait vraiment de la peine, c’est de voir tous les plastiques et tous les détritus qui jonchent les plages et les fonds marins. L’homme, dans son infinie connerie, n’en finit pas de considérer la planète comme un dépotoir, partant du principe stupide que, si le déchet ne se voit pas, il n’existe plus...
Tous les rupins qui viennent du Vénéz’ passer un week end à Los Roques s’en contrefoutent de balancer leurs ordures ici, puisqu’une fois rentrés chez eux, tout a disparu... de leur esprit.
Quoi qu’il en soit, ces îles reculées, loin des grandes routes de croisière, épargnées par le tourisme de masse, sont un véritable petit paradis, et bien couillon serait le marin qui, en route vers les ABC, ne ferait pas une halte ici...!