349 - Arrivée chez les richousses
1er décembre 2013 - Nassau - New Providence - Bahamas
Nassau n’est pas une île, mais une ville. C’est la capitale des Bahamas, située sur l’île de New Providence.
Voilà pour ta culture géographique, lecteur chéri.
Et nous, enfin, on y est...! Enfin, presque, puisque nous sommes sur l'île qui est juste en face : Paradise Island. Ah purée, on n’y croyait plus, tellement on l’a désirée, cette arrivée.
On la redoutait aussi, parce qu’il suffit de prendre n’importe quelle carte marine du coin pour se rendre compte que les récifs coralliens parsèment la baie Est de New Providence, et tu te dis que, forcément, ça va être du sport de tracer ta route pour la première fois à travers ce parcours semé d’embûches.
Que nenni...!
En fait, on a pris un cap (celui préconisé par notre cartographie électronique), on s’y est tenu, et on n’a pas vu le moindre soupçon de début de commencement de tracasserie, parce qu’on a laissé de part et d’autre tous les dangers possibles, et on est arrivés pile poil comme on voulait les doigts dans le nez, même si, quand on était petits, notre maman nous disait, comme la tienne le faisait à juste titre, que c’est pas bien de se les y fourrer...!
Pour en arriver là, on a navigué cinq petites heures, au moteur et sous foc seul, poussés par un vent maladif qui exhalait péniblement 7 noeuds.
Pour notre première nuit à Nassau, on décide de casser notre tirelire et de s’offrir le luxe d’une marina, ce d’autant que nous ne connaissons pas du tout l’endroit, et que les mouillages ont l’air très rares.
Notre choix se porte sur Hurricane Hole Marina, celle-là même qui se trouve au pied du pont qui relie Paradise Island à New Providence. On appelle à la VHF, tout va bien, il y a de la place, et on s’y amarre, pas mécontents de mettre ainsi un terme à 18 jours de navigation ininterrompus.
A peine arrivés, on se jette sur le plancher des vaches qui nous a tant manqué. Paperasse au bureau de la marina, qui appelle les officiers des Douanes et de l’Immigration, deux gars sympas qui viennent jusqu’à nous pour les formalités !
Incroyable : c’est la première fois depuis notre départ qu’on n’a pas à se coltiner les errements habituels pour trouver les bureaux et les agents antipathiques qui les garnissent.
Autant te dire qu’on apprécie, ce d’autant qu’on est fourbus, éreintés, claqués, épuisés, exténués, las, bref, en un mot comme en cent : fatigués.
Ca, c’est le côté positif. Le revers de la médaille, maintenant.
Si tu es un lecteur fidèle et assidu et que tu suis comme le fait n’importe quel véritable lecteur digne de ce nom nos aventures depuis l’origine, tu sais que, peu ou prou, en Méditerranée, une nuit en marina nous coûtait environ 25 euros.
On se dit qu’ici ce sera sans doute un peu plus cher, mais que la dépense devrait être supportable.
Erreur...!
Les Bahamas, c’est la destination privilégiée des Amerlocks gavés d’oseille, qui arrivent ici avec leur bateau à moteur dont l’annexe vaut plus cher que Kouunji lui-même !
Bref, un standing bien au-dessus du nôtre. La preuve ? La nuit à la marina coûte... 160 $ ! Et pour ce prix là, tu n’as rien d’autre que le quai. Pas d’eau, pas d’électricité, pas d’internet. C’est en sus...!
Ce qui a le mérite de te simplifier les décisions. On se demandait combien de temps on allait rester. Ben maintenant on le sait : demain on dégage !
C’est la même musique avec les Douanes, qui te délivrent un permis de croisière, pour une année, même si tu veux rester trois jours. Tarif pour Kouunji qui mesure 40 pieds : 300 $ !
Aïe aïe aïe...! Ca fait pas une heure qu’on est arrivés, on a déjà claqué 500 $, car il faut payer l’Immigration aussi !
Euh, dis donc, tout est comme ça, ici ?
Ben ouais... Confirmation avec la balade qu’on se paye (c’est le cas de le dire) jusqu’au complexe casino-aquarium- resto-centrecommercial dont tu as sûrement déjà vu des photos, puisqu’il est devenu l’emblème de Nassau : Atlantis.
On traîne, on déambule, mais on cherche surtout un resto pour se taper une méga bonne bouffe, dont on rêve depuis trois semaines.
Et on trouve. Et on se régale grave ! Mais on te dit pas le prix, c’est totalement indécent, et presque irréel.
Bref, il va falloir sérieusement s’organiser, parce qu’un mois à ce rythme, et on peut vendre Kouunji et rentrer en France pour se remettre à bosser !