474 - Et un océan de plus... un !
26 mai 2014 - Rikitea - Mangareva - Iles Gambier
Ce jour est à marquer d’une pierre blanche dans le calendrier, et on va faire une requête auprès du ministère compétent pour que le 26 mai devienne officiellement la “Saint Kouunji” !
Bon, ça fera du vide, parce que y’en aura pas des masses qui vont pouvoir se vanter que leur fête, c’est ce jour là !
Voilà lecteur, ton équipage de ninjas préférés en a terminé avec le Pacifique.
Du moins en ce qui concerne sa partie Est. Parce qu’il reste quand même un petit bout vers l’Ouest. L'adjectif “petit” étant, tu t’en doutes, un euphémisme...
Il est assez difficile de te faire partager l’émotion qui nous a étreint ce matin, quand, au réveil, on a aperçu, à quelques milles devant nos étraves, les collines de Mangareva, qui culminent à 441 mètres d’altitude.
On devait être à peu près dans le même état que Neil Armstrong, quand il a posé le pied sur la Lune...!
Petite larmichette de rigueur, of course, et petite fierté aussi, parce que même si on n’a pas fait un exploit, on est tout de même drôlement contents d’arriver sains et saufs, avec un bateau qui n’a pas trop souffert, à l’endroit où on avait prévu d’arriver.
Certes, on n’a plus de code D (temporairement). Certes, on n’a plus de bande anti UV sur notre foc. Certes on n’a plus de régulateur. Certes on a une voie d’eau (depuis le départ). Certes, il y a d’innombrables petites choses à refaire et à reprendre sur Kouunji. Mais bon... on a le droit de dire qu’on l’a fait !
Parce qu’on l’a fait, putain ! On a traversé le Pacifique à la voile !
Il faut cependant rendre hommage dès à présent au troisième membre d’équipage, celui dont on te parle trop peu souvent, et c’est une injustice qui doit être réparée. Un petit historique s’impose...
Avant notre départ, nous avions fait un détour en Armorique, et nous nous étions rendus au village d’Astérix. Après avoir dégusté un bon sanglier avec Obélix et fait le plein de potion magique dont Panoramix le druide nous avait fort aimablement pourvus (sinon tu penses bien qu’on n’y serait jamais arrivés !), nous avions rencontré un gaulois désireux de s’embarquer avec nous pour notre périple.
Après maintes hésitations, nous avions finalement décidé de l’accepter à bord, et nous ne le regrettons pas. Pilotautomatix - c’est son nom - tellement content de se joindre à nous, aura barré 98 % du temps...!
Autant te dire que cette aide là est précieuse, tout comme l’est celle du GPS, grâce auquel, après un aussi long voyage, nous arrivons, sans coup férir, au mètre près, là où nous voulions arriver. C’est quand même incroyable, non ?
Et là où on voulait arriver, c’est ça !
C’est beau, et surtout, c’est incroyablement paisible.
Allez, on t’en dira plus dans les jours qui viennent !