Un catamaran autour du monde

17 Jun

476 - Du Maramu dans la corde à noeuds

Publié par Kouunji

2 - 8 juin 2014 - Rikitea - Mangareva - Îles Gambier

2 juin

Le temps est maussade (eh ouais ça arrive aussi en Polynésie !), et on a une flemme qui inspirerait le respect à un Corse frappé d’asthénie... Et puis c’est lundi, un jour où on est généralement en petite forme après le week-end. Même si notre week-end à nous dure depuis 17 mois...!

Aussi effectuons nous aujourd’hui le minimum syndical : trouver de l’internet, et préparer la réparation de notre voie d’eau, celle qui nous a accompagnés depuis Panama.

Trouver de l’internet se résume à aller à La Poste, puisque cette administration centralise à peu près tous les services qu’on peut trouver à terre.

Ce qui est rigolo, c’est que le courrier de toute l’île est entassé sur une table à l’entrée, et tout le monde fouille le tas pour trouver ce qui lui revient !

La confiance règne, parce que si ton courrier, en France, était à la disposition de n'importe qui, y’en aurait qui se permettraient des indiscrétions, tu crois pas ?

Puis, après d’interminables discussions avec les marins et les locaux pour savoir où aller pêcher la langouste, où aller mouiller, où aller bronzer, où aller glander encore pire qu’ici, on finit par rentrer à bord, et le capitaine s’y colle.

Mais il ne veut plus travailler, le capitaine ! Regarde la tête qu’il fait...!

476 - Du Maramu dans la corde à noeuds

3 juin

Ah les salauds de Bohémiens ! Ils devaient arriver aujourd’hui, et voilà qu’ils nous font faux bond !

On savait qu’on ne pouvait pas compter sur eux...! Pour sûr, ce sont des clochards...!

A leur décharge, ils se sont pris un coup de Maramu qu’on est bien contents d’avoir évité. Le Maramu, lecteur ignorant des choses de la mer, est un vent qui souffle dans le Pacifique. Il n’est pas copain avec l’alizé, puisqu’il lui pique sa place de temps en temps, ce que l’alizé n’apprécie que très modérément, car il n’est pas prêteur...

Le Maramu (prononce “maramou” sinon t’auras l’air d’une nouille chinoise pas cuite !) souffle du Sud, de sorte que cela perturbe la mer qui elle, est soumise à une houle dominante d’Est Sud Est.

Enfin, le Maramu peut parfois atteindre 50 noeuds (c’est rare) et il est fréquemment très soutenu, aux alentours de 30-35 noeuds.

Bref, c’est tout pourri, il ne faut pas mettre un marin dehors dans ces conditions. On pardonne donc aux Bohémiens leur retard.

Quant à nous, il fait beau, alors on fait un deal avec la navette de Pitcairn, qui nous vend du gasoil qu’il faut payer en dollars.

476 - Du Maramu dans la corde à noeuds

Comme on n’en a plus, on retourne faire du change à La Poste, et, coup de bol, des Ricains sont passés hier pour obtenir des Francs Pacifique.

La Poste nous fournit donc leurs dollars, on a notre gasoil, et on finit par bouffer avec le gendarme qui est de congé aujourd’hui.

Quand on te dit que c’est cool ici, tu peux nous croire ! T’as souvent déjeuné avec le gendarme de ton patelin, toi ?

4 juin

Aujourd’hui est encore un grand jour, puisqu’à 8 heures du mat’, l’iridium sonne, et, à l’autre bout du fil (enfin, à l’autre bout du satellite, plutôt...) les Bohémiens nous annoncent leur arrivée imminente, puisqu’ils ont Mangareva dans leur ligne de mire.

Il leur faudra tout même presque huit heures de plus pour jeter l’ancre juste à côté de Kouunji, on leur a réservé la place, en ayant fait quelques trous dans la coque de bateaux qui avaient eu l’outrecuidance de prétendre mouiller à l’endroit réservé par nos soins pour nos amis !

Ah lecteur, si tu voyais ces retrouvailles... Emotion, joie, décompression, et évidemment, chacun y va de son anecdote préférée concernant la Transpac.

On a l’humilité d’admettre qu’on est battus à plate couture concernant l’intensité dramatique de ladite anecdote, puisqu’il est arrivé aux Bohémiens l’un des pires truc qui puisse arriver à un équipage : un homme à la mer.

Quand ledit homme est le capitaine, en plus, tu mesures toute la gravité de la situation ?

476 - Du Maramu dans la corde à noeuds

Et bien, on décerne la palme d’or du sang froid et de la maîtrise de soi à Caroline, qui, voyant son capitaine et chéri en train de batifoler dans l’eau alors que ce n’était vraiment pas le moment idéal, n’a pas eu le réflexe d’aller vérifier si les dispositions testamentaires prises en sa faveur justifiaient de faire comme si elle n’avait rien vu... Elle a calmement pris les commandes du bateau, jeté la perche IOR et la bouée de sauvetage, fait demi tour, pour repêcher un capitaine qui, durant les premiers instants, voyant son bateau s’éloigner, a eu cette réflexion d’une philosophie admirable : “ma foi, j’ai bien vécu...”

Chapeau les amis ! Pareilles sagesse et maîtrise, ça mérite le respect !

5 juin

A part amener les Bohémiens à la gendarmerie pour qu’ils fassent leurs formalités, on n’a rien foutu pendant cette journée.

Sauf qu’on a pleinement profité de la présence de nos amis, et ça, c’est du luxe, pas vrai ?

476 - Du Maramu dans la corde à noeuds

Si elle existait, on serait sûrement dignes d’obtenir la nationalité polynésienne...!

6 juin

Bon anniversaire Swann ! Swann, c’est le petit du Pimousse, qui passe en première. Ouf...!

Pour le reste lecteur, tu vas être fier de nous...

A force qu’on ne fasse rien, tu pourrais te dire qu’on est de suprêmes glandeurs, des bons à rien, des flemmards hors catégorie, des fainéants patentés, bref, des êtres dénués de tout sens de l’effort.

D’abord, traverse l’Atlantique et le Pacifique à la voile, et après on en reparle...

Ensuite, pour te démontrer que rien n’est moins vrai que les assertions susmentionnées, nous avons chaussé nos godasses de marche, et, levés à 7 heures du mat’, nous sommes allés crapahuter sur les hauteurs de Mangareva.

Christine, le mousse de Duo, le Lagoon 420 franco-australien, a en effet négocié la visite d’une ferme perlière, qui lui a été consentie par le proprio à la condition qu’il y ait au moins huit personnes.

Nous voilà donc en train de jouer les montagnards avec tous les autres marins mouillés à proximité de nous, dans le but d’aller découvrir comment on cultive la perle aux Gambier.

Ca monte sévère, ensuite évidemment ça descend, ce qui est assez fréquent en montagne, puis nous nous retrouvons de l’autre côté de l’île, à la végétation luxuriante, et d’une beauté à couper le souffle.

Mais, notre guide supposé, empêché par un empêchement (...) est aux abonnés absents, de sorte que les secrets de la culture de la perle resterons secrets encore un moment...

Retour aux bateaux par le même chemin, et le capitaine joue les orang-outans pour obtenir LE cliché qui tue.

476 - Du Maramu dans la corde à noeuds

On te l’offre sans hésiter, et t’as pas intérêt à la ramener en disant que cette vue n’est pas absolument somptueuse...!

Enfin, il faut te narrer un épisode assez cocasse. On est sur Duo, à boire le café, quand Nico se pointe, avec des perles en vrac, et demande ce qu’on propose en échange... Nous, tout ce qu’on a à troquer, c’est une bouteille de rhum achetée 5 euros en Martinique. A part ça, on n’a que dalle.

Devinette : combien a-t-on obtenu de perles en échange de notre bouteille ?

Si t’as répondu aucune, lecteur, t’es un âne ! Si t’as répondu “deux”, t’es loin du compte ! Si t’as répondu “huit”, t’es à moitié dans la gourrance ! Parce qu’on en a eu seize !

Cherche l’erreur...

7 juin

Les Bohémiens sont tombés dans un traquenard...

Après une matinée paisible, à bricoler et dormir (le capitaine tient une flemme pas possible), on les invite à boire le café à bord de Kouunji.

L’air de rien, dans la conversation, le capitaine glisse qu’on devrait peut être profiter de l’absence de vent pour démêler nos voiles respectives, qui se sont emberlificotées façon plat de spaghettis...

Les Bohémiens sont pris au piège et ne sauraient refuser sans passer pour des goujats...!

Nous voilà donc partis sur le terrain de volley ball, à l’herbe rase et accueillante, avec nos voiles gigantesques, et pleins de bonne volonté.

476 - Du Maramu dans la corde à noeuds

Il nous en faudra un stock conséquent, car notre code D est une vraie chierie, et les Bohémiens regrettent sûrement d’être venus boire le café, car le prix à payer en échange est une somme d’efforts colossaux dont ils se seraient certainement volontiers dispensés...!

Néanmoins, les efforts payent, et on finit par arriver à nos fins, même si Jean Pierre y laisse quelques centimètres carrés de chair jambesque...!

Après quoi c’est notre tour de jouer les bons samaritains, et de remettre en ordre leur gigantesque gennaker. Heureusement les efforts à fournir sont moindres, ce qui n’est pas pour nous déplaire, car on en a plein les bottes (même si on est pieds nus).

Au final, la journée est productive : nos voiles respectives sont en ordre, prêtes à l’emploi, et tout le monde est content.

Il faut juste qu’on arrive à perfectionner notre technique pour se faire aider sans avoir à payer un café préalablement...!

8 juin

C’est dimanche.

Traditionnellement, dans la majeure partie des pays du monde, on ne fait rien ce jour là, même si on n’est pas catholique pratiquant, puisque les usages sont ainsi. On pense qu’il faut respecter les usages, surtout quand ils t’incitent à glander...

Nous partons néanmoins à la chasse aux cafards, lesquels se sont crus autorisés à envahir les placards de la cuisine, ce qui n’est pas de notre goût. Y’a de l’holocauste chez les bêtes ailées ! On se réjouit du carnage, ça assainit Kouunji ! Pardonne cet esprit belliqueux, lecteur, mais la seule bestiole qu’on tolère à bord, c’est Spiderman !

De surcroît, les seuls qui ont le droit de se montrer désagréables avec nous aujourd’hui, ce sont nos paternels, puisque c’est leur fête !

Alors bonne fête des pères, les pères ! Euh... en fait on s’est gourrés d’une semaine ! T’as vu, on pense à nos paternels. Tout le monde ne peut pas en dire autant...

476 - Du Maramu dans la corde à noeuds

On invite les Bohémiens à déjeuner, mais c’est trop tard : ces goinfres se sont déjà envoyé derrière la cravate leur repas de midi ! Bon, on ira boire le café chez eux, alors...

Vas t’en savoir par quel singulier mystère, arrivés à 13 heures 30, on est repartis quand la nuit tombait...?

Soit leur café endort, soit il annihile la capacité du buveur à conserver une juste notion du temps, soit leur compagnie est agréable.

Après d'interminables conciliabules de 2 secondes et demi, on a opté pour la dernière solution !

Ce serait bien que Contre Temps arrive, on se fait tout de même un peu de souci pour eux, car la météo est pourrie. Y’a du vent du Nord (!) qui souffle en rafales, on apprécie de ne pas être en mer... Eux y sont, on ne les envie pas.

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L
des perles pour une bouteille de rhum!!!! des fruits à volonté et gratouits! des boat-potes qui vous rejoignent! que demander de plus la bella vita!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
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C
ben moi je dis que ce lundi commence bien après une lecture plus qu'agréable et surtout très instructive sur un paradis auquel j'accèderai bien mais pas en bateau comme vous... le rythme est plus que tentant, le bleu parfaitement en accord avec mes goûts coloristique(?) et l'ambiance semble parfaitement à la cool ! donc merci mes amis pour ce petit bijou de lecture ce matin ! bon vent ! et Contre-temps ....grouilles-toi ! les copains attendent !
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J
Des bisous de Grèce où la glandouille est le sport du coin !<br /> On a toutes nos chances en compé..<br /> Ikaria vous enchanterait, c'est l'île des adeptes massage yoga etc...les gens sont adorables et le calme roi !<br /> A+ les artistes... ;)
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R
Je vais rattraper mon retard ! Belles photos. La transpac n'a pas altéré les capacités rédactionnelles du Captain et c’en est réjouissant tant sa prose et claire et vivante ! On est dans le film.... Quel plaisir d'évoluer sous ces latitudes (même si c'est le début de l'hiver) et d'avoir des amis-complices avec qui partager !....
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Z
super si caroline et j pierre sont arrivés à bon port à vos côtés et qu'il soit sorti de l'eau indemne, du luxe d'être près de ses amis,???? bien plus que ça, la seule réelle raison d'être sur cette terre, les autres, ceux qui sont toujours là à apporter quelque chose que tu ne connaissais pas, et , surtout le plus beau luxe : l'amour et comme disait un certain Jacques (devinez lequel:) &quot;aimer c'est donner ce que l'on a pas à quelqu'un qui n'en veut pas&quot; .bon j'arrive bientôt alors!!!!..au fait je réserve la seizième perle d'acc valy???calin tout plein
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