487 - Taravai c'est la santé !
19 - 27 août - Mangareva - Taravai - Iles Gambier
19 août
Lever de soleil absolument fantastique que seule la mer peut t’offrir.
C’est en Technicolor, en Cinemascope, en 3D, en tout ce que tu veux qui t’en met plein les mirettes !
Journée administrative : on fait tout un tas de paperasse pour se simplifier l’avenir en Polynésie, parce qu’on paye des frais astronomiques pour tout, alors autant faire comme si on était Polynésiens, puisqu’on est Polynésiens désormais !
Les Bohémiens remontent l’archipel, et d’après ce qu’ils dépeignent, ça n’est pas mal du tout, les Tuamotus !
On verra ça quand on y sera.
Nous, on planifie une excursion dans les îles voisines, ça ne saurait tarder.
En attendant, on a initié Cécile et Joni aux subtilités du Mah-Jong, un jeu que seuls les Chinois pouvaient inventer, tellement c’est compliqué ! Mais c’est aussi d’une infinie richesse, et on ne saurait trop te recommander de t’essayer à ce jeu qui est à l’image de la vie : plein d’opportunités, nécessitant des décisions irréversibles, qui sont parfois brillantissimes, parfois catastrophiques, et qui t’obligent à t’adapter en permanence aux évolutions qui s’imposent à toi.
Tente le coup, ça va te plaire !
20 août
Journée simple : nettoyage de la coque de Contre-Temps le matin (le Pimousse en profite pour mitonner un petit plat à son capitaine chéri) et Mah-Jong l’après midi, toujours avec Contre-Temps.
Pas de quoi en faire un fromage.
On s’est bien marrés, c’est ça l’essentiel, même en grattant la coque dont la crasse a eu le bon goût de ne pas faire de résistance acharnée, ce qui nous a permis de tout finir en un temps décent.
On ne va pas passer nos journées à trimer, quand même ! Ca ne fait que 20 mois qu’on est en vacances, il ne faudrait pas risquer un infarctus en faisant des efforts inconsidérés...!
21 août
Bigre... c’est la première fois, depuis qu’on est partis, soit depuis 593 jours (!) qu’on n’a pas fait de photo.
Est-ce que ça veut dire que c’est le début de la fin ? Que nenni...!
C’est juste qu’il faisait moche, alors on n’a rien fait... à part jouer de la guitare, faire des courses, réviser les formules gagnantes du Mah-Jong, mais rien qui vaille la peine d’être immortalisé pour tes yeux insatiables.
Allez, c’est pas grave, demain on part à Taravai (prononce “taravaille”, d’où le titre incroyablement spirituel de cet article...). Il y a fort à parier qu’on rattrape notre déficit d’image du jour.
22 août
On a bien failli prendre des photos pas terribles du tout... parce qu’on subodore que la cale moteur et la crépine du réservoir de gasoil, ça ne te passionne pas.
C’est pourtant ce qui nous a occupé une bonne partie de l’après-midi, puisqu’à peine avions nous laissé derrière nous la passe de Rikitea que notre moteur tribord déclarait forfait.
Deux heures et un thon de 10 kilos plus tard (miam, du poisson ultra frais !) on jetait l’ancre dans un petit coin paradisiaque, où le soleil était hélas absent.
Après avoir ingurgité le thon et en avoir filé une partie à Contre-Temps (qui n’a péché que des carangues touchées sans doute par la ciguatera), on se plonge donc dans la mécanique, avec les conseils avisés de Joni.
Notre moteur tousse et a un régime aléatoire. Diagnostic : la crépine du réservoir est obstruée. Confirmation après avoir tout démonté et copieusement baigné dans le gasoil : quand on souffle, ça fait des bulles dans le réservoir, mais on ne peut pas aspirer.
On démonte, on nettoie, on remonte et... ça marche !
Sans l’expérience de Joni à qui il est arrivé exactement la même chose la première fois qu’il a quitté Panama, on aurait eu sans doute du mal à trouver l’origine de la panne.
Le capitaine a baigné deux heures dans le gasoil, en a bu un peu, et te confirme sans ambiguité cette chose que tu subodorais, puisque tu n’es pas la moitié d’un con : le gasoil, c’est pas bon !
Alors pour oublier ces déboires, on a illico presto filé à terre pour marquer de notre empreinte le sol de Taravai. On a vu des cochons sauvages vivants et morts, des petits requins “pointe noire”, et de superbes panoramas, qui ne ressemblent pas aux cartes postales classiques, mais qui n’en sont pas moins dépourvus de charme.
Tout ça serait parfait si le soleil se montrait un peu. Ca fait deux jours que la météo l’annonce, et deux jours qu’il nous pose un “animal aux grandes oreilles”...!
PS : on n’utilise pas, sur un bateau, le mot qui commence par “la” et qui finit par “pin”, ça porte malheur !
23 août
Bon, le soleil a fini par se montrer. Et, y’a pas à dire, c’est beaucoup mieux avec lui...! Les températures grimpent en flèche, les bleus apparaissent, les verts aussi, bref, on passe du noir et blanc à la couleur, c’est appréciable.
Taravai se révèle dans toute sa beauté, avec ses collines émeraude qui plongent dans l’eau turquoise. Magnifique.
Bien que l’eau ne soit pas encore très chaude, le capitaine enfile sa combi et s’en va retrouver ses copains à nageoires, dont il n’avait pas tiré le portrait depuis un bail.
C’est réparé. Et de quelle manière...!
Un poisson coffre jaune, on n’avait jamais vu ça !
Nous sommes mouillés dans la baie d’Anganui, la seule accessible sur la côte Nord de Taravai, à l’exception de celle d’Onemea, qui est située juste à côté.
Alors, après avoir fini de déguster le thon délicieux péché hier, on est partis sur Mini-Kouunji voir si la baie voisine était plus hospitalière que la nôtre.
Bingo ! Elle l’est !
Jette un oeil et acquiesce, tu n’as que ça à faire.
Ce qui laisse à penser que demain, on déménage !
24 août
Nous, on n’a qu’une parole : on avait dit qu’on déménageait, alors on a déménagé.
On a sacrément bien fait. D’abord parce que la baie d’Onemea, où nous nous trouvons ancrés désormais, est très belle et bien abritée.
Ensuite parce qu’après avoir plongé en duo ce matin à Anganui (première plongée du Pimousse depuis des lustres), le capitaine a remis le couvert après les côtes d’agneau du midi pour se retrouver nez à nez avec un requin pointes blanches.
Gulp...!
C’est drôle, car sous l’eau, dès qu’un squale ramène sa fraise, tout change. D’un seul coup, les poissons, jusqu’alors placides, et qui semblent se prélasser en nageant paisiblement, sont soudainement très agités, partent dans tous les sens, à toute vitesse.
Quand tu vois ça, tu peux être sûr qu’un requin est dans les parages !
L’animal est aussi gros que le capitaine, lequel fait donc la seule chose envisageable pour ne pas servir de casse-croûte : il fonce sur le squale !
C’est bien lui qui se débine, non sans s’être fait tirer le portrait pour figurer dans ce blog qui - ce n’est pas du luxe - redevient un peu maritime, ce qui est sa raison d’être, ne l’oublions pas.
Merci le requin !
25 août
On poursuit notre exploration de Taravai, et on en prend plein les yeux !
Voilà la Polynésie telle qu’on l’aime : bleue, verte et chaude.
On passe la pointe Teakarereanga (apprends à le dire à toute vitesse...!) à bord de Mini-Kouunji, afin d’aller zyeuter la baie au Sud, et de déterminer s’il est possible d’aller y mouiller les étraves de Kouunji.
En effet, toute la zone figure sur nos cartes comme “non hydrographiée”. Autant te dire que si tu ne veux pas te planter sur les patates de corail, t’as intérêt à partir en reconnaissance avant.
Et puis somme toute, compte tenu du panorama, la ballade est fantastique. L’eau est d’une pureté absolue, les montagnes y plongent avec une majesté qui annonce celle des Marquises, le lagon - inaccessible - est turquoise juste comme il faut, bref, on est époustouflés par tant de beauté naturelle et sauvage.
Un peu comme le capitaine avec le Pimousse...!
Las, impossible de venir avec Kouunji dans cette endroit truffé d’embûches et de récifs tous plus traitres les uns que les autres.
Tant pis, on se contentera de ce qu’on a vu, et on reviendra avec Mini-Kouunji plonger dans les parages.
Ce serait bien le diable si on ne complète pas notre collection de photos de requins...!
26 août
Un soleil à la lutte avec des nuages passagers nous dissuade de bouger de l’endroit où nous sommes.
Si on doit plonger, après tout, pourquoi ne pas le faire à quelques mètres de notre ancre ? Ce d’autant qu’il y a tout le long de l’île un récif à faire pâlir d’envie les plongeurs de la Mer Rouge.
Un tombant fantastique, qu’on peut te dépeindre ainsi : sur une petite dizaine de mètres de large, tu nages dans un ou deux mètres d’eau, au milieu de coraux multicolores, et, ensuite, un à pic vertigineux dans le grand bleu.
Epoustouflant de beauté.
Ca amène plein de gros poissons, mais hélas pas de requins comme nous l’escomptions. On s’est quand même fait copains avec un mérou (pas farouche), et des p’tits rigolos qui se planquent dès qu’on s’approche, mais reviennent aussitôt après, poussés par la curiosité, tournoyer devant notre objectif.
Heureusement qu’on est des gentils, hein ? Imagine si on voulait les bouffer, ces couillons...
Le capitaine a encore rafistolé le guindeau, qui était tout dégoutant, et maintenant il tourne comme une montre suisse.
Le Mah-Jong-tarot-gigot-patates qui clôture la journée avec Contre-Temps tombe à pic : la plongée, ça creuse !
27 août
Le Pimousse est en p’tite forme, et jouit par conséquent d’un massage intégral d’une heure et quart pour retrouver le bien-être qui lui fait défaut au réveil.
Le capitaine s’offre à son tour une séance de bien-être, en allant rendre visite aux potes à nageoires du récif voisin.
Grandiose ! Regarde un peu et acquiesce ! T’es obligé !