489 - Le retour du beau
11 - 21 septembre - Mangareva - Aukena - Gambier
11 septembre
Dire qu’il a fallu attendre une date pareille pour avoir enfin le retour du beau temps...
On ne se le fait pas dire deux fois, et à peine notre petit déjeuner entame-t-il son voyage dans notre tube digestif que nous chaussons nos baskets pour aller crapahuter au belvédère.
C’est un point stratégique de l’île, puisque de là, tu jouis d’une vue sur les deux versants de la montagne, sur le côté face et le côté pile de Mangareva.
Il n’en fallait pas plus pour nous satisfaire, et nous regonfler le moral.
Car oui, on n’a pas honte de l’avouer, les dix jours précédents nous ont minés.
La chaleur n’est pas encore là, mais c’est nettement mieux que ce qu’on a connu depuis qu’on est revenus de Taravai.
Les photos en témoignent, n’est-il pas ?
12 septembre
L’épidémie de flemmingite aiguë signalée par les autorités sanitaires de la Polynésie nous a frappé de plein fouet.
En dépit du soleil qui rayonne, on ne glande rien, à part s’empiffrer de gâteaux pendant qu’on joue au tarot.
Trépidant, hein ?
13 septembre
Mauvaise journée, très mauvaise même, puisque l'ordi nous lâche.
Et ça, ça nous complique considérablement la tâche pour communiquer et rédiger ce blog de haute qualité que les navigateurs du monde entier nous envient.
On passe donc la journée "Chez Jojo", afin de configurer notre PC, qui nous rend un fier service, même si, c'est une évidence désormais, on ne sera jamais des fans de PC.
Mac, revient !
C'est un peu comme l'éternelle chamaillerie entre les pro-monocoques et les pro-cata : un débat sans fin et sans vainqueur possible !
Papa Dom va s'occuper de réceptionner notre cher Mac et de l'envoyer en réparation.
Bref, lecteur, pour toi c'est disette annoncée, car avant de pouvoir mettre en ligne ta lecture préférée, il va s'écouler de l'eau dans les lagons Polynésiens !
14 septembre
Cécile - grande fan de PC - se pointe à l'heure du p'tit déj pour nous tuyauter sur les arcanes de ces ordinateurs qui sont pour nous obscurs et abscons.
Elle galère aussi (Windows 8 c'est pas comme les autres Windows...), mais moins que nous, et au final, on sait désormais à peu près se servir des fonctions essentielles de la bécane.
Le plus drôle, c'est qu'elle nous rend nos propres films, qu'on recopie pour notre usage...
Merci Cécile !
Puis après un succulent poisson à la tahitienne, on attaque le Kirimiro, qui pourtant ne nous a rien fait, mais comme c'est le chemin qui mène sur les hauteurs de l'île, il subit notre assaut.
Et tu en profites, puisque la vue est belle, n'est ce pas ?
On achève la journée par un goûter sympatoche avec Jérémie et Anne Laure, qui visitent Kouunji non sans lui trouver une certaine classe.
On te passe les détails de la corvée d'eau qui suit, mais on se prend parfois à rêver du confort, du vrai, celui dont tu jouis tous les jours sans plus t'en rendre compte.
Lorsque tu nous envies, rappelle toi que nous aussi, parfois, on t'envie. C'est juste que c'est moins souvent...!
15 septembre
C’est la journée du bonheur : le Mac a ressuscité !
Autant te dire qu’on est heureux, et gênés en même temps, parce que Cécile a passé la journée d’hier sur son ordi pour nous refiler tout ce qu’elle pouvait afin de remplir notre PC qui, va devenir ipso facto notre ordinateur de secours.
Elle aura bossé pour rien ! Désolés Cécile !
Quant au Mac, il nous a fait un tour de cochon. Alors qu’il était branché sur le secteur via le chargeur, un faux contact nous donnait l’illusion qu’on pouvait tirer sur la batterie, alors qu’elle était vide et ne rechargeait pas !
Cette frayeur aura eu le mérite de nous foutre les jetons et de nous inciter à tout sauvegarder en quintuple exemplaire...! Contre-Temps, qui a tiré les enseignements de cette mésaventure, a fait de même.
On n’est jamais trop prudent !
Un qui est content, c’est Papa Dom, qui échappe à la corvée de s’occuper de l'évacuation sanitaire du Mac !
Lequel est à deux doigts de finir enrhumé... T’as vu ce temps de chien ?
16 septembre
Bien qu’il fasse moche, c’est beau. La luminosité qui règne est à part.
Indescriptible...
Regarde et dis nous.
Pour le coup, on a révisé nos connaissances en Mah-Jong, et au rythme où on aligne les parties, on a va finir par devenir des champions...!
17 septembre
C’est assez drôle d’aller faire ses courses à Mangareva.
Les bateaux (le Nuku Aho et le Taporo) viennent d’approvisionner l’île, mais on ne trouve rien nulle part...
Curieusement en effet, lorsqu’on se pointe dans une épicerie pour demander des produits frais, il n’y en a pas. Pourtant, on croise des locaux qui obtiennent tout ce qu’ils veulent...
Tiens donc ?
Pire encore, le Pimousse se paye une énorme déception avec la fille de l’épicier, à qui il dispense des soins depuis quelques semaines, et dont l’état s’est considérablement amélioré.
Prise d’une gourmandise soudaine, le Pimousse s’en va acheter une sucette. Hélas, il lui manque 20 francs Pacifique, soit environ 15 centimes, pour procéder à l’acquisition tant convoitée.
Crois tu qu’on lui fit cadeau, ou à tout le moins, crédit ? Que nenni...!
L’ingratitude existe aussi ici.
Pourtant, de son côté, le capitaine est allé chez Terri, en quête de produits frais. Lequel lui en a refilé une quantité considérable... gratuitement !
Terri veut juste quelques mètres de bout - même usagé - pour pouvoir tendre la peau de ses tambours !
Comme quoi, il en est des Polynésiens comme du reste de la population mondiale : y’en a qui sont extrêmement sympas, et d’autres nettement moins...
18 septembre
Cours d’épissure le matin pour le capitaine à bord de Contre-Temps. Une épissure, lecteur, c’est une jonction entre deux cordages faite de telle sorte qu’elle est à la fois jolie, quasi invisible, et indestructible.
Joni est un bon prof, y’a pas à dire !
Puis le capitaine s’est remis au sport... et ne s’en est pas remis !
L’idée de monter jusque chez Terri en courant semblait une bonne idée. C’est le soir, une fois rentré sur Kouunji, avec les muscles de sa jambe accidentée complètement tétanisés que le capitaine s’est dit qu’il aurait dû y aller mollo !
Le Pimousse lui a dispensé un massage dont il a le secret et tout est rentré dans l’ordre. Enfin, presque, car le capitaine tient une crève carabinée.
On n’a pas idée de s’enrhumer en Polynésie !
Quoi qu’il en soit, on se goinfre de tartare de poisson, et ça, c’est du tout bon !
19 septembre
Le capitaine est franchement hors service.
Même s’il a réparé Mini-Kouunji ce matin - dont la réparation effectuée après l’incident du heiva laissait à désirer - il n’a pas fait grand chose de plus aujourd’hui.
Un capitaine lessivé n’est bon à rien, c’est une certitude désormais.
20 septembre
Journée grisaille, ce qui nous conduit à réviser nos compétences Mah-Jonguesques, et permet au Pimousse de réaliser la formule qui rapporte le plus de points jamais faite : “quatre pungs cachés” doublés de “tout honneur”.
Si les subtilités de ce jeu t’échappent encore, sache que c’est du surchoix !
Evidemment, à deux, c’est plus facile qu’à quatre...
Enfin, Jérémie, le toubib de l’ile, fait très bien à manger. On est désormais en mesure de l’affirmer puisqu’on était ses invités ce soir ! Et on ne le regrette pas !
21 septembre
Le soleil est flamboyant ce matin. Le capitaine se dit que c’est le moment ou jamais de s’embarquer sur Mini-Kouunji et d’aller faire un tour à Aukena.
Le Pimousse n’est pas de cet avis, mais finalement, s’incline devant l’insistance du capitaine.
Le reste te prouve que le capitaine a eu raison de ne pas lâcher le morceau, et que le Pimousse a eu raison d’abdiquer !
Même si les 13 minutes passées dans le dinghy pour parcourir les 3 milles qui nous séparaient de notre destination ont été sportives.
On n’a rien sans rien...!
Une chose est sûre : on retournera à Aukena, car l’heure qu’on a passée au pied de la tourelle, à regarder flâner les requins et autres bestioles à écailles dans un somptueux jardin corallien nous a mis l’eau à la bouche.
Vivement la prochaine plongée !