494 - Dis, tu l'as vue, ma raie…?!
15 octobre - 19 octobre - Rikitea - Mangareva - Iles Gambier
15 octobre
C’est la course à l’échalote avant le départ.
Quel départ ? Ben, pour les Marquises, eh, oeuf !
Dis donc lecteur, faut suivre un peu...! Rien de folichon à te raconter, si ce n’est qu’on fait les pleins.
Enfin, on essaye... Il y a un vaste bordel sur le quai, le Nuku Hao est arrivé plein à craquer de bonnes victuailles, mais le temps que ce soit déchargé, dispatché dans les magasins, et mis en vente avec les nouveaux prix (les prix changent beaucoup ici, également selon la tête du client), t’as le temps de crever de faim...!
Un crabe se fait bronzer, tandis que Cécile et Joni sont flamboyants dans leur dinghy blanc comme le fidèle destrier d’Henri IV...!
16 octobre
Les pleins sont faits ! Ca nous a pris la journée, mais c’est fait !
Gazole, eau, essence pour le dinghy, voilà pour Kouunji et Mini-Kouunji.
Pour nous, ce sera demain. La marchandise n’est pas encore dans les rayons des magasins, et on a acheté ce qu’il nous faut en fruits frais. On a bien fait de se grouiller, car deux heures après leur exposition sur les étals, il n’y avait plus rien !
Bigre...
On surveille la météo qui varie un peu et nous promet un départ pour dimanche, apparemment, alors qu’hier, c’était samedi...
Ce qu’il faut que tu saches, lecteur, c’est que l’hiver austral est fini, et qu’il n’y a donc plus de vent de Sud (le fameux Maramu). Dommage pour nous qui allons au Nord.
Il faut donc surveiller la première tranche de vent d’Est, ou d’Est Nord Est qui va souffler, et en profiter, parce que sinon, on va rester scotchés aux Gambier jusqu’à l’hiver prochain, c’est à dire juin.
Et pour tout t’avouer, on n’a pas trop envie… Heureusement Joni fait du bon pain…!
17 octobre
Il est pas mignon, Boule ?
Ouais, c’est son nom ! C’est le chien de Kaps, un nouveau né qu’on a eu la chance de rencontrer lorsque, sur l’invitation de son maître, nous nous sommes pointés avec Mini-Kouunji dans un lieu paradisiaque : chez lui !
Admire un peu, lecteur.
Kaps et Hélène, (on t’en a déjà parlé), ont tenu à nous fournir en produits frais avant notre départ. Sympa, non ?
Nous, on dirait : extrêmement sympa et touchant. Des gens qu’on a côtoyés si peu (trop peu sans doute) et qui pourtant sont d’une telle gentillesse... C’est désarmant, parce que tu te sens tout chose et bien incapable de témoigner ta reconnaissance et ta gratitude...
Les Polynésiens jouissent d’une réputation en or massif s’agissant de l’accueil. On te confirme : ça n’est pas usurpé.
Même si, évidemment, les relations se nouent lentement et que l’autre ne se livre au début qu’avec parcimonie.
Ce n’est pas parce qu’on arrive en bateau qu’on est forcément des gens bien.
On l’affirme avec force, compte tenu de tous les trous du cul qu’on a rencontrés depuis notre départ, et qui pensent que le monde leur appartient parce qu’ils en font le tour...!
18 octobre
Tu te demandes sans doute pourquoi on a intitulé cet article comme on l’a fait, lecteur avide d’explications ?
Tout vient à point à qui sait attendre, et le moment est venu de livrer à ton cerveau en manque de comprenette les raisons de ce titre.
Comme on est polis - c’est grâce à nos papas et mamans respectifs - on a d’abord fait le tour de Mangareva pour dire au revoir à tous ceux qu’on a côtoyés et appréciés durant notre séjour ici.
Mention spéciale pour Ovea, et son incroyable gentillesse, doublée d’un sourire constant.
Puis, un coup de fil surprise de Jérémie, qui ferait bien un remake de “L’homme de l’Atlantide”, qu’on intitulerait pour le coup “L’homme des Gambier” influence considérablement la suite du programme de la journée.
Le capitaine, toujours partant pour une virée subaquatique, accepte l’offre qui lui est faite d’aller dire au revoir à ses copains à nageoires, ce d’autant qu’il est toujours enrichissant de partager ce genre de balade avec un gus expérimenté comme le taote.
Les photos qui suivent te démontrent que le capitaine a rudement bien fait de dire “oui”, parce que c’est pas tous les jours que tu te retrouves nez à nez avec cinq raies aigle - sur le territoire desquelles nous avions sans doute empiété - et qui nous ont offert un ballet d’une somptueuse beauté.
Ces poissons là sont plus proches des oiseaux que de leurs cousins à branchies, tant elles donnent l’impression de voler plutôt que de nager.
Les raies, peu farouches, nous ont frôlés, ont tourné autour de nous jusqu’à ce que nous abandonnions leur récif.
Autant te dire qu’une plongée pareille, la veille de notre départ pour les Marquises, c’était ce qu’on pouvait espérer de mieux pour garder un souvenir impérissable des Gambier.
19 octobre
Ben voilà... ça y est ! Depuis le temps qu’on attendait la fenêtre météo pour partir, elle est là ! Nous levons l’ancre dans l’après midi, pour Fatu Hiva, la plus au sud des îles Marquises. La plus sauvage aussi paraît-il, et la plus éloignée des grands circuits touristiques.
Tant mieux, tu sais qu’on n’aime rien de plus que la tranquillité.
Tu notes quand même que, pour la première fois depuis un bail, on te tient informé à la minute de notre navigation. Prochaines nouvelles dans une quinzaine de jours.
Comment ça quinze jours ? Ben oui... Sept jours pour naviguer, mais ça peut être dix, on ne sait jamais, et quelques jours pour trouver du Wi-Fi sur place.
Car Fatu Hiva est ravitaillée par les corbeaux...
Pendant ce temps, prie pour nous, vas à l’église brûler des cierges, croise les doigts, invoque toutes les divinités de ta connaissance, et fais tout ce qui est en ton pouvoir pour que tout se passe bien.
S’il nous arrive une tuile, on te tiendra pour personnellement responsable et, une fois transformés en fantômes, on reviendra, dégoulinants et sentant le poisson pas frais, avec nos chaînes rouillées, hanter tes nuits !
Et bon anniversaire à Stéphane, le Corse d’adoption…! Sans oublier Jérémie, avec qui nous partageons notre dernier repas aux Gambier…!