493 - Star system et préparatifs
8 - 14 octobre - Rikitea - Mangareva - Iles Gambier
8 octobre
TF1 a débarqué à Rikitea. Il parait qu’un indélicat leur a dit qu’on était là et qu’on s’apprêtait à partir aux Marquises, alors ils ont affrété un bateau avec hélicoptère et tout le tintouin pour obtenir une interview exclusive de nous, avant qu’on se casse...
Mais nous, tu nous connais ? On est la modestie et la discrétion personnifiées. Alors on a dit à TF1 d’aller voir ailleurs si on y était, et comme ils sont un peu glands, ils y sont allés !
Tout cela (ou presque) est rigoureusement vrai, et d’ailleurs, l’équipe audiovisuelle bosse à la fois pour notre première chaîne nationale, mais aussi pour des organismes d’état dans un but géo-cartographique.
Ils leur en est arrivé une bien bonne en navigant : leur “annexe” s’est encastrée sous la grue du bateau ! Il a fallu un “Bobcat” pour arranger tout ça, parce que sinon, les reportages auraient tourné court.
En discutant avec l’équipe, on apprend qu’il font le tour de la Polynésie, afin de réaliser une série de “52 minutes” sur nos îles du bout du monde.
C’est Olivier Chiabodo (très sympa) qui est aux commandes.
Bien sûr, les Gambier sont au programme, et évidemment, tout Mangareva ne parle que de ça.
Alors, comme on est pour quelques temps encore de Mangareva, on t’en parle aussi. Avoue que d’être au courant des derniers potins de Rikitea, c’est le fin du fin de l’information “people”...!
Tu peux arrêter de lire “Voici”, “Closer” et tous ces torchons infâmes, on y supplée largement !
9 octobre
Ca swingue au mouillage et devant le ponton de Rikitea !
Le Taporo, le cargo qui approvisionne l’île en denrées diverses et variées, fait la gueule parce que le Tahiti Nui, le bateau de l’équipe de TF1, squatte sa place !
Ballet entre les mastodontes de fer et d’acier, au milieu duquel Cool Frénésie, le monocoque tout rikiki de Jacques, Marie-Claire et Rose, se la joue modeste.
Un coup de barre de travers d’un des deux géants, et il sombre, le p’tit mono...! Ce serait pas cool qu’il coule, Cool Frénésie, tout de même !
Tu le vois, là, tout minuscule, au milieu ?
10 octobre
Y’en a marre de la grisaille, du froid et de la pluie ! On est en Polynésie, merde !
On se fait pote avec l’équipe de tournage, qui maudit - tout comme nous - la météo, laquelle est décidément pourrie, au point de nous taper sérieusement sur le système et d’entamer nos réserves (qu’on croyait inépuisables) de bonne humeur.
Aussi le capitaine trouve-t-il un subterfuge pour aller jeter un oeil (de très près) à l’hélicoptère qui sert pour les prises de vue aériennes, et qui est scotché au sol pour cause de mauvais temps caractérisé et caractériel !
Sacré engin!
Si on avait la place, l’argent et les compétences, au lieu d’avoir un dinghy en guise d’annexe, on aurait ça. Ce serait rudement plus facile de visiter les Gambier à bord d’un bidule pareil...!
Bon, au programme donc :
- acheter un bateau de 40 mètres de long avec hélico et héliport intégré
- gagner au loto pour financer l’achat précité
- passer le brevet de pilote
C’est comme si c’était fait !
11 octobre
Il y a une sorte de malédiction qui doit peser sur la météo des Gambier, car chaque jour on se dit “ça va s’arrêter”, et chaque jour, c’est de pire en pire.
Jette un oeil sur la carte météo et admire cette méga dépression qui submerge la moitié du Pacifique !
Tous les voileux restent à bord de leur navire, découragés par le temps qu’il fait, et nous évidemment, comme on ne fait rien comme tout le monde, on s’embarque dans Mini-Kouunji pour aller chez Jérémie, afin de parfaire son apprentissage du Mah-Jong, qui laisse à désirer.
Heureusement, ses neurones carburent sacrément bien !
Tout de même le gars a fait médecine fingers in the nose et sa thèse (qu’on a lu en intégralité et qui traite de la ciguatera) a reçu la mention “très honorable”...
Ce n’est donc pas la moitié d’un con, il est sympathique en diable, et en plus, il nous a fait une tambouille du tonnerre pour clôturer la journée.
Au poil, le taote !
La chaleur humaine, rien de tel pour lutter contre le froid et la grisaille.
12 octobre
Temps tellement “déprilasse” (un mélange de déprimant et dégueulasse), qu’on n’a pas pris une seule photo. T’imagines ? Ca ne nous est pas arrivé depuis plus d’un an, une chose pareille !
N’aies crainte, ton blog fétiche n’en devient pas moins intéressant, puisque si les photos n’étanchent pas ta soif de curiosité, notre prose va y suppléer.
Comme c’est congé et que Jérémie a encore quelques trucs à apprendre au Mah-Jong, on poursuit nos cours particuliers. Mais, happés par l’intérêt que nous portons tous aux territoires d’outre-mer en général et ce qu’il y a sous la mer en particulier, on se lance dans un visionnage de nos prises de vues sous-marines respectives.
Jérémie nous bat à plate couture, puisqu’il a eu la chance (et le courage !) de filmer, entre autres, un requin tigre (une espèce réputée dangereuse) de 4-5 mètres de long et 450 kilos environ...!
En plus c’est une encyclopédie vivante qui nous en apprend un max sur les poissons qu’on verra bientôt, quand l’eau sera plus chaude qu’à Rikitea, où les températures sont redevenues polaires.
Comble du comble, il se paye le luxe de gagner la dernière partie de Mah-Jong de la journée, ce qui te démontre que c’est un futé !
Bref, il y a toujours un temps de chien, le ciel est à deux doigts de nous tomber sur la tête, le moisi gagne l’intérieur du bateau à cause de l’humidité, mais on s’en fout.
La vie est belle, et elle le sera encore plus dans pas longtemps...!
13 octobre
Grosse session internet et chow-mein avec taote pour le repas du midi, ça le fait.
Tandis que la France et son cortège d’emmerdements se fait de plus en plus insistante, notre envie de quitter les Gambier se fait de plus en plus pressante.
En effet, la météo est de plus en plus irritante, alors que la population locale est de plus en plus accueillante.
Leur gentillesse est étonnante, réconfortante, plaisante, touchante, et même thé à la menthe !
Toi, tu ne comptes plus les rimes en “ante”, et nous on ne compte plus les “vous n’allez pas partir déjà ?”
Hey les gars, on est ici depuis presque cinq mois, notre plus longue escale depuis le départ...!
Le ballet des mastodontes d’acier continue, tous les bateaux de plus de 20 mètres se sont donnés rendez-vous aux Gambier.
Et nous alors ? On part dès qu’il y a une fenêtre météo favorable.
Sinon, la grisaille va nous faire devenir neurasthéniques...!
14 octobre
Il devait faire beau. En théorie. Mais en pratique, y’a eu des ajustements… La preuve !
Bon, on fait avec, puisque de toute façon la journée a été consacrée à d’innombrables formalités.
Le départ est pour dans pas longtemps, et il faut donc penser à tout, sans rien oublier. Pire encore, il ne faut rien oublier, tout en pensant à tout.
Pfiouh... c’est compliqué tout ça !
Y’a apéro ce soir, sur un bateau de français qui vient d’arriver. On n’y va pas. Demande pas pourquoi, on ne saurait pas te dire.
Notre côté sauvage qui reprend le dessus ? Peut être...
Quant à l’article 491, qui a déchaîné les passions et les commentaires, on a fait dans l’article précédent une mise au point.
Dont acte.