519 - L'aventure, c'est l'aventure
5 décembre - Hiva Oa - Iles Marquises
Dans le droit fil de notre visite d’hier, on a re-re-re-re-regardé aujourd’hui le film éponyme avec Brel, Ventura, et Johnny (le vrai, pas celui de Contre-Temps !) dans le rôle de la malheureuse victime. Rigolade assurée !
Mais on ne va évidemment pas te parler du film, ce qui n’aurait aucun intérêt, t’as qu’à le visionner, c’est plus simple.
Nous, on va te parler des états d’âme des voyageurs, non sans te préciser préalablement qu’on a dégusté une dorade coryphène fraîchement extraite de son milieu naturel, parfumée au basilic de notre jardin.
Si tu ne nous crois pas, voici la photo du jardin, qui trône au-dessus de la table à cartes...!
Roger arrive ensuite, et la discussion démarre aussi sec, sur le thème précité.
En résumé, la question essentielle pourrait être : pourquoi est-ce qu’on voyage ainsi ? Pourquoi être partis en laissant derrière nous tous ceux qu’on aime ? Pourquoi prendre autant de risques ? Supporter l’inconfort et les aléas ?
Maintes réponses à cela : l’aventure, le dépaysement, la découverte, la curiosité, la soif de vivre intensément, différemment aussi.
Mais les questions se succèdent : faut il rentrer ? Si oui, quand ? Une fois abandonné le bateau, comment se réadapter à une vie terrestre ? Supportera-t-on la fadeur, la monotonie ?
Si on excepte les Gambier, ça fait deux ans qu’on n’est pas restés plus d’un mois au même endroit...!
Bref, on a beau mener une vie pidante, et même très pidante (à moins que ce soit trépidante ?), on a nous aussi nos préoccupations. Car, tu t’en doutes, rien n’est jamais tout noir ou tout blanc, ou, en la circonstance, tout rose.
Ca nous arrive donc, comme aujourd’hui, de se demander quand viendra l’heure de troquer nos problèmes de marins contre des problèmes de terriens.
La conclusion, c’est qu’on n’est vraiment pas pressés que ça se réalise...!
Paolo Coelho écrivait d’ailleurs : “si vous pensez que l’aventure est dangereuse, essayez la routine... Elle est mortelle.”
