553 - La loi de l'emmerdement maximum
17 février - Baie de Hane - Ua Huka - Iles Marquises
Au réveil, après une nuit infernale rythmée par des rafales de vent d’une violence inouïe, une surprise nous attend : Kouunji est à l’envers.
L’ancre avant a décroché, c’est l’ancre arrière qui nous retient, à quelques mètres des rochers, on est cul au vent...!
Bigre, heureusement qu’on a bien potassé le manuel du parfait marin, sinon, on serait dans une épave à l’heure où tu lis ces lignes magnifiques...!
Il y a donc du pain sur la planche, puisqu’il faut remonter les deux ancres, se remettre à une place plus sûre, et mouiller à nouveau nos lests salvateurs.
Comme te l’annonce le titre, pour en arriver là, on en a bavé. Et pas qu’un peu !
D’abord, c’est l’ancre arrière qui refuse de remonter. Ok, cocotte ! On attache une bouée, on ira la récupérer plus tard.
Ensuite, l’ancre principale est hissée, mais le Pimousse qui est aux commandes de Kouunji refuse absolument de faire ce que lui demande le capitaine. Or le capitaine n’aime pas les fortes têtes, et ça manque de tourner au pugilat quand on se rend compte qu’en réalité, le moteur bâbord ne répond plus !
Il tourne, mais pas l’hélice.
Alors, imagine le tableau : on est dans un mouillage grand comme un mouchoir de poche, il y a des bouées qui flottent ici et là, y compris notre ancre de secours, un vent à décorner les boeufs, du courant pire qu’à la sortie d’une centrale électrique, et on est sur un seul moteur...
Facile, non ?
Bon, évidemment le capitaine - avec l’aide du Pimousse - te règle ça en deux coups de cuiller à pot, et on se retrouve mouillés pile poil comme il faut en moins de temps qu’il n’en faut pour te l’écrire.
Mais on est sur une seule ancre, ce qui, compte tenu des conditions locales, est insuffisant (dixit notre expérience nocturne !), il faut donc récupérer la seconde pour la frapper à l’arrière, on dit aussi que c’est un mouillage bahaméen.
T’en apprends, des trucs, hein ?
Le capitaine file avec Mini Kouunji remonter à la main l’ancre de secours, laquelle fait comprendre sans ambiguité qu’elle est très bien au fond et qu’elle n’entend pas être délogée...
Il faut donc plonger, dans une eau aussi trouble que les opérations de financement d’un parti politique, dégager l’ancre qui s’était amourachée d’une patate de corail, et finir l’opération, laquelle, débutée à 8 heures, s’achève à 10 heures 30.
Pfiouh... Qu’est ce qu’on est peinards, à terre !
On récupère quand on reçoit la visite appréciable et appréciée de Thomas et Isa, les deux sympathiques marins de Zao, avec qui on avait passé le canal de Panama. Ca fait drôle de les retrouver ici ! On te l’a déjà dit, la Polynésie, c’est immense et tout p’tit en même temps.
On ne se laisse pas abattre et après un succulent magret aux légumes sautés, c’est reparti : réparation du moteur bâbord. C’est la commande qui nous refait le coup qu’elle avait initié à Great Inagua, aux Bahamas, ce qu’on t’a raconté dans l’article 440 de ce blog richissime.
C’est réparé en deux temps trois mouvements, et le reste de la journée est consacré au repos, ce d’autant que la météo refait des siennes, la pluie et le vent s’en donnent à coeur joie sans discontinuer.
On a quand même profité des quelques rayons de soleil du jour afin d’immortaliser pour toi le charme de l’endroit. Si, si, en cherchant bien, ça doit avoir du charme...