554 - Le charme opère (un peu)
18 février 2015 - Baie de Hane - Ua Huka - Iles Marquises
On te disait hier qu’en cherchant bien, l’endroit où on était devait avoir un certain charme.
On en a la confirmation aujourd’hui, puisqu’après une nuit mouvementée au gré de rafales de vent démoniaques qui agitent le mouillage façon shaker, nous portons à terre nos pieds impatients de redécouvrir le plancher des vaches, en dépit du fait que c’est du sport, du vrai, pour débarquer dans ces conditions.
Même si le bled à l’air d’être sous alerte atomique - comprend qu’il n’y a absolument personne dans les rues - nous déambulons dans le village miniature, qui offre tout de même aux touristes qui sont venus se perdre ici un musée de la mer.
Eh, pas mal, non ?
Juste à côté, l’infirmerie où, comme tu le vois, on ne rigole pas avec la discipline...!
Nous grimpons sur les hauteurs, après avoir croisé un cheval qui a une oreille en moins, un bouc majestueux aux coucougnettes surdéveloppées et un manguier gigantesque.
Le paysage qui s’expose sous nos yeux ébahis n’est pas ce qui se fait de plus moche.
Apprécie, lecteur...!
Toutefois, l’ambiance alerte atomique est étrange, voire pesante. Il n’y a pas un bruit, pas âme qui vive, et les nuages noirs qui encerclent les cimes des hauteurs verdoyantes ajoutent à ce côté un peu angoissant.
Comme on a la patate, on file jusque dans la vallée voisine, celle d’Hokatu, où le vent est bien moins fort (car on a oublié de te dire que le zef a soufflé sévère toute la journée et nous a saoulés !), et l’alerte atomique semble être également de rigueur ici, puisqu’on ne croisera pas âme qui vive, à l’exception de Thomas et Isa, le sémillant équipage de Zao.
La côte est toujours aussi belle, bien qu’inhospitalière : pas de plage, pas de havre de paix où on puisse lézarder au soleil, rien. Est-ce que la réputation de rudesse des Marquises viendrait de là ?
On en arriverait presque à croire que des extras terrestres ont enlevé toute la population et s’apprêtent à repeupler la terre en démarrant par Ua Huka lorsque nous croisons enfin un être humain : Antonia ! Sympathique en diable ! Ouf...
Il est certain que la météo épouvantable ne nous encourage guère à faire de vieux os ici, mais cette ambiance désertique encore moins. Tu ne nous crois pas ? Alors regarde bien cette dernière photo : la plus grande épicerie du village s’y trouve. Sauras-tu dire où...?