204 - On tient l'bon bout !
4 juillet 2013 - Le Marin - Martinique
Autant te dire, lecteur, que le chantier naval, on en a plein le dos !
On attaque le 9ème jour à terre, et ça commence un peu à nous lasser : crasse, poussière, graisse, bruit, chaleur, moustiques, et corvées sont notre lot quotidien.
Concomitamment, les beaux jours sont arrivés en France, et tu te gausses en te disant : “mais qu’est ce qu’ils ont eu besoin d’aller se perdre aux Antilles, ces andouilles ?!”
Mouais... tu n’as peut être pas tout à fait tort... en ce moment...! Mais cet hiver, et jusqu’au mois de juin, quand tu te caillais les noix sur le sol métropolitain, tu faisais moins le fanfaron, hein ?
Et en novembre, quand on sera encore au soleil en route pour les Bahamas, et que tu commenceras à allumer ta cheminée, on en en reparlera...!
L’heure des factures arrive, et ça commence par celle du chantier naval, qui, une fois n’est pas coutume, est salée, mais alors, au point même qu’on se demande si elle n’a pas été importée directement de Guérande !
Le chantier naval est tout simplement quatre fois plus cher qu’à Las Palmas !
La douloureuse n’a jamais aussi bien porté son nom !
C’est ensuite au tour de Papou de nous présenter la sienne.
Bon, là, y’a rien à dire, si ce n’est qu’il nous a fait bénéficier du tarif V.I.P., et qu’on s’est confondus en remerciements parce qu’on a vraiment été privilégiés.
Encore une fois, merci Papou !
Puis on s’est attelés au nettoyage de Kouunji, qui a rarement eu autant besoin d’être lavé qu’en ce jour mémorable, à marquer d’une pierre blanche dans son histoire, car jamais notre fier navire n’a été en aussi bon état qu’aujourd’hui.
Et cela n’a rien à voir avec le “Independance Day” de nos amis Ricains !
Le pimousse a astiqué, frotté, lavé, nettoyé, briqué, récuré, désinfecté, rincé, désodorisé, balayé, aspergé, brossé, dépoussiéré, détaché, et Kouunji a retrouvé sa blancheur Persil, même si de vilaines maculent encore le pont et les marches des jupes arrières.
Le capitaine a lui aussi astiqué, frotté, lavé, nettoyé, briqué, récuré, désinfecté, rincé, désodorisé, balayé, aspergé, brossé, dépoussiéré, détaché, parce que vu toute la superficie qu’il y a à laver, il valait mieux s’y mettre à deux !
Puis, tandis que le pimousse réservait le même traitement à Mini-Kouunji, le capitaine remettait en place le lazy-bag, ce sac en tissu qui permet de récupérer la grand voile lorsqu’on l’affale, et qui, par suite d’un mystère impénétrable, s’était échappé du logement qui lui est dédié dans la bôme.
Ca faisait un sacré pataquès sur le pont, parce que la grand voile n’en a fait qu’à sa tête, puisqu’elle était libre d’aller là où bon lui semblait !
Tout ça sous l’oeil amusé de Papou, qui, au guidon de sa Harley, frime moins qu’il ne pourrait le faire compte tenu de la beauté de son bolide !
Que veux tu lecteur, Papou est un mec simple : c’est pour ça qu’on l’aime.
Ah, si tu savais quel plaisir c’est de discuter le soir, autour d’un bon repas, et de s’interroger avec lui, sur le sens de la vie, sa futilité, la quête du bonheur, et toutes autres interrogations fondamentales.
Y’a pas de photo pour illustrer ça, lecteur !
Comment le pourrait on ? Ce blog, c’est pas Visa Pour l’Image !
Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est le nom du festival international du photo-reportage, qui se tient chaque année à Perpignan au début du mois de septembre.
Et pour ceux qui ne connaissent pas : faut y aller ! Car c’est bien.