210 - Intendance post-cyclonique
10 juillet 2013 - Le Marin - Martinique
Les lendemains de tempête tropicale ont un côté très positif : tu es serein.
Tu ne te demandes plus si ton bateau ne va pas être emporté par la houle et se pulvériser sur celui qui est amarré derrière, tu te contrefous de savoir s’il va faire beau ou pas, bref, tu es heureux de t’en être sorti sain et sauf et tout le reste importe peu.
Quoi que...
Parce que les lendemains de cyclone sont quelquefois éprouvants. Surtout quand il n’y a plus d’électricité, plus d’eau, et que tu es obligé de dormir dans une chambre qui tient davantage de l’étuve que du nid douillet, avec une armada de moustiques qui a décidé de te faire regretter ta venue sous les tropiques...
Voilà pourquoi, au beau milieu de la noche, comme on dit à Mexico, on se retrouve dans la piscine et dans le noir absolu, à la recherche d’un semblant de fraîcheur pour nos pauvres petits corps meurtris par les efforts de la veille et la chaleur proprement insoutenable qui règne.
Le répit accordé par la piscine étant de courte durée, on remet ça à peine debout de bon matin, pour emmagasiner du frais pour les heures qui vont suivre.
Le programme desdites heures est simple : remplir le bateau de tout ce qui est comestible et qui se conserve longtemps !
On va en profiter surtout pour faire le plein de nourriture de qualité, parce qu’on sait désormais pour être allé beaucoup plus au Nord et beaucoup plus au Sud que nous ne le sommes actuellement, que la bonne bouffe est extrêmement rare - pour ne pas dire inexistante - dans le reste des Antilles.
Autant te dire, lecteur gourmand et gourmet, qu’on fait les rayons des supermarchés avec méthode et discipline, pour ne rien oublier de ce qui pourra ravir nos ventrounets et nos papilles dans les semaines et les mois à venir.
Une fois revenus à bord, le gros du boulot consiste à... ranger !
Parce que toi, tu t’en fous, à la maison, tu as de la place. Nous, à bord, chaque centimètre cube vaut de l’or, alors autant te dire qu’on rivalise d’ingéniosité pour tout caser dans nos équipets.
Mais, une fois qu’on a fini, voilà ce que ça donne ! C’est pas beau, ça ?
On a de quoi tenir un p’tit moment, mais tout est relatif, puisque nous avons deux ogres qui arrivent dans trois semaines, et comme ils n’ont pas encore fini leur croissance, on craint le pire pour nos réserves, qui vont fondre comme neige au soleil...!
Une fois la bouffe rangée, on rentre chez Papou, en priant fort pour que l’électricité et l’eau soient rétablies.
Une fois de plus nos prières fonctionnent, car tout est rentré dans l’ordre !
Le capitaine profite du génie mécanique de Papou pour faire une chose qui aurait du être faite depuis Ibiza : réparer son vélo !
En effet, si tu te rappelles, lecteur amnésique, le vélo du capitaine, mû par une envie subite de pratiquer la plongée sous marine, était allé regarder de plus près le fond du port d’Ibiza (cf. art. 23), ce qui a été modérément apprécié par toutes les pièces métalliques, qui ont rouillé à une vitesse supersonique.
Mais tout est désormais rentré dans l’ordre, car les hommes n’ont pas ménagé leurs efforts.
Du coup, la Harley est toute fière de poser avec Junior !
Bon, le bateau est plein de bonnes choses comestibles, il est réparé, ainsi que les vélos... Tout ça, ça sent le départ...
Y’a des chances pour qu’on se retrouve rapidos sur les flots bleus, lecteur...!