232 - Le repaire des sergents-majors
1er août 2013 - Palm Island - Union - Carriacou - Tyrrel Bay
Bien que notre halte (diurne) à Palm Island ait été l’une des toutes meilleures, la nuit en revanche... Le mouillage est très rouleur, et la houle nous a bercé avec trop peu de modération.
Aussi décidons nous au matin, après le breakfast, d’aller sous l’eau, puisque sur l’eau, c’est inconfortable.
Logique, tu ne trouves pas ? Et simple, non ?
Après coup, on s’est dit qu’on avait été bien inspirés, car sous l’eau, c’était... joli ? Non... Intéressant ? Non... Incroyable ? Non... Inhabituel ? Oui...!
Pourquoi, nous demanderas tu, lecteur pour qui la curiosité n’est pas un vilain défaut ? Et bien, parce qu’on est tombés sur un récif corallien minuscule, autour duquel gravitait des légions de sergents-majors, ces poissons rayés jaune et noir, qui étaient si nombreux qu’on aurait dit qu’il y avait là toute l’armée des Grenadines en train de répéter pour le défilé qui a lieu le jour de la fête nationale sur les Champs-Elysées locaux !
Il y avait d’autres spécimens, of course, et pour te récompenser de ta fidélité, nous te les offrons sans plus tarder, surtout qu’on va vite aller se coucher !
Après cette belle plongée inattendue, on file à Union, faire nos formalités de sortie, qu’on ne bâcle pas, car nous gardons un très mauvais souvenir de notre arrivée à Carriacou la dernière fois (cf. art. 177), de sorte que cette fois-ci, on a décidé d’être irréprochables.
On jette notre ancre dans le mouillage si particulier d’Union, exposé en plein vent et où il n’y a aucune protection ! Mais c’est pas vilain...
Aux Douanes, une mauvaise surprise nous attend : aujourd’hui, c’est férié, c’est le “Emancipation Day”, qui commémore le jour où toutes les habitantes des Grenadines ont brûlé leur culotte pour fêter leur libération du joug masculin ! Comme c’est férié, faire nos formalités aujourd’hui nous coûte 50 $ de plus.
Dans le bureau d‘à côté, à l’Immigration, c’est idem ! Résultat : 100 $ de claqués pour des culottes brûlées...!
Heureusement que ce sont des dollars E.C. !
Le temps d’aller faire deux trois emplettes (les moussaillons arrivent dans 5 jours) et nous tombons sur deux tortues qui fêtent à leur manière le Emancipation Day...
Y’ pas à dire, elles sont émancipées, les tortues ici : faire ça en public, tout de même, quel culot !
On profite du dernier souffle de l’alizé (en cette saison, il se calme fortement la nuit) pour filer à toute berzingue à Carriacou, et notre ordinateur de bord en témoigne, puisque tu vois sur la droite que notre vitesse est de 8,6 noeuds, ce qui, avec 15 noeuds de vent, est carrément bien et flatte l’égo du capitaine qui - il faut bien l’admettre - n’a pas besoin de grand chose pour être émoustillé !
Arrivés à Tyrrel Bay, le capitaine est de corvée de nettoyage, parce que d’étranges tâches constellent le pont et sont réfractaires aux meilleurs produits... Scrogneutedjeu...! Mais l’huile de coude vient à bout de tout !
On a bien mérité notre pizza chez notre pote J.B., et un bon gros dodo pour clore cette journée de transition fort agréable.