246 - Nouveauté Atlantique
15 août 2013 - Grenville - Grenade
Le fait est assez rare pour être souligné, et c’est pour ça qu’on le souligne : on a basculé aujourd’hui non pas du côté obscur de la force, comme ce gland de Dark Vador, mais de la côte Caraïbe à la côte Atlantique.
Depuis que nous sommes aux Antilles, on navigue toujours du coté Caraïbe des îles, c’est à dire le côté sous le vent, à l’Ouest.
Les raisons sont variées, mais simples : le vent est plus modéré, et surtout, la houle, brisée par les îles, est nettement moindre, ce qui permet, même si le vent est un peu perturbé, d’aligner de bien meilleures moyennes que sur la mer escarpée qui sévit sur la côte Atlantique, qui est en outre plus hostile.
Falaises, rochers acérés, récifs et autres joyeusetés sont légion, tandis que, sur la côte Ouest, ce sont en général de belles plages protégées qui ornent le littoral.
Seulement voilà : aujourd’hui, il n’y a quasiment pas de vent. 10 noeuds à peine. Il est tombé hier soir, on ne sait pas ce qu’il a fait de sa nuit, mais il ne s’est pas relevé. Peut être qu’il a trop picolé !
Du coup la mer est aussi calme qu’un rasta qui vient de se mettre quatre pétards de bonne jamaïcaine dans le cornet !
Ce qui nous offre une opportunité : aller explorer la côte au vent de Grenade, sans se faire remuer comme des cocotiers, car la côte sous le vent, elle, ne casse pas des briques, ainsi que nous avons pu le constater lors de notre premier aller vers cette île séduisante et pittoresque.
Ce qualificatif sied parfaitement à Grenville, notre destination du jour, petit port de pêcheurs à l’écart des grands circuits touristiques.
Pour y parvenir, nous avons slalomé entre les rochers, et le capitaine est resté prudemment à la barre, tandis que le reste de l’équipage regardait un bon film (Le Prénom, avec Patrick Bruel).
L’épisode d’hier nous incite à la sagesse, et cette fois-ci on n’a pas le droit de se rater, car si on heurte un de ces récifs, on ne s’en sortira pas !
Nous jetons l’ancre après quatre heures de navigation tranquille, sous moteur et code D combinés.
Il fait une chaleur infernale, et crois nous lecteur, la baignade à l’arrivée nous rafraichit à peine. Tu sais pourquoi ? L’eau est à 30°...!
Des gosses viennent à la nage jusqu’au bateau, pour discuter avec nous. Ils sont épatés quand on leur explique qu’on arrive de France, et que nous avons parcouru plus de 10.000 kilomètres depuis notre départ de Leucate.
On leur offre les palmes que les p’tits ont ramené, vu qu’ils ont eu la bonne idée d’acheter une pointure 34-35, alors qu’ils chaussent respectivement du 43 et du 44...!
Tu verrais ça comme ils sont contents ! Le capitaine sur Kouunji, c’est un peu comme le Père Noël sur son traîneau...!
Grenville nous tend les bras, et comme on ne peut pas refuser un câlin demandé si gentiment, on se perd dans les rues de cette ville qui grouille de monde, où les gens sont sympas et souriants.
Bref, c’est cool !
Alors, pour la peine, on a décidé une chose exceptionnelle : ce soir, on mange au KFC !
KFC, (ce qui signifie Kentucky Fried Chicken pour les non initiés), est au poulet ce que Mc Do est au boeuf : fast food, avec au menu du poulet, du poulet, et du poulet.
Bon, t’as pigé, faut aimer le poulet, sinon, t’es mal...