Un catamaran autour du monde

25 Jan

35 - Rencontre

Publié par Le capitaine et le pimousse

Parfois, le destin met sur ta route des gens peu communs...

Nous, on n’avait pas prévu de faire escale à Carthagène, hein, lecteur chéri adoré ?

Pourtant, ça fait trois jours qu’on y est, et on en repartira que demain si les prévisions météo sont justes, puisqu’on a une petite fenêtre, un fenestrou devrions nous dire, pour poursuivre notre route.

Ce matin, le capitaine s’en va à la capitainerie, la bien nommée, pour acquitter la redevance pour la nuit que nous venons de passer bien à l’abri au port, et pour la nuit suivante.

Car, vu comme ça bouge dans le port, on frémit à la seule idée d’imaginer comment ça doit être au large !

Et là, il tombe sur le skipper du magnifique monocoque qu’on vous a déjà présenté dans un article précédent (et qui vaut d’ailleurs trois fois plus que notre estimation de départ, ce qui fait un petit million et demi d’euros...), lequel l’invite à boire un café.

Le capitaine, qui a du savoir vivre et qui a été bien éduqué (merci Papa, merci Maman) accepte et, une fois les formalités achevées, s’attable avec le skipper inconnu qui a le double avantage d’être français (il parle donc la langue de Molière que nous commençons à oublier) et d’être expérimenté, de sorte qu’il aura sûrement un ou deux tuyaux à nous refiler...

Expérimenté, ça se voit que le bonhomme l’est. A ses traits burinés, marqués par le soleil, les embruns, l’air du large, le grand, le vrai, le pur. A sa nonchalance, on sent le marin aguerri, il fait un temps pourri, et tu le vois qui n’est préoccupé que par une seule chose, la planification de son départ. Ordinateur sous les yeux et petit calepin pour prendre des notes sur les variations de pression atmosphérique, le gars est concentré sur ce qu’il fait, et ça se voit.

Bien qu’il ait invité le capitaine, celui-ci ose à peine lui adresser la parole...

Et puis on fait les présentations, et là, c’est le choc ! Eric Dumont en personne fait face au valeureux capitaine qui, tout d’un coup, se sent petit, minuscule, ridicule, inexistant...

Alors, nous direz vous, ce nom ne vous évoque rien, et comme nous sommes extrêmement magnanimes, nous comprenons que votre enthousiasme ne se soit pas emballé comme celui de notre misérable ver de terre de capitaine...!

Alors sachez que le gars qui se tient en face de lui navigue depuis trente ans avec les plus grands (Kersauzon et autres...) qu’il a sillonné tous les océans du globe, participé à la Route du Rhum, au Vendée Globe, et passé plus de temps de sa vie en mer que sur terre !

Autant vous dire que pendant une heure, le capitaine ouvre grand ses oreilles, ferme sa gueule et tâche d’absorber de cette encyclopédie de la mer vivante autant d’informations qu’il est possible d’en collecter !

D’ailleurs, comme disait l’autre, si on a deux oreilles et une bouche, c’est pour écouter deux fois plus qu’on ne parle...!

Si vous avez 5 minutes (et vous les avez !) allez donc jeter un oeil sur le site internet du bonhomme : ercidumont.com

Rien que la p'tite ligne : 4ème du Vendée Globe 1997, ça rend tout chose...!

Le grand sujet du jour, of course (de chevaux) c’est la météo, qui empoisonne les deux skippers, pour des raisons diamétralement opposées.

L’un va au nord, l’autre au sud, et un vent de travers satisferait tout le monde.

Mais il n’en est rien, et l’examen des fichiers météo glanés sur le web les plonge dans de savantes extrapolations, l’émission de théories voyagesques élaborées, la construction de plans de navigation alambiqués, pour en arriver à cette incontournable conclusion : quelle merde !

Les vents changent sans arrêt ces prochains jours. Ils tournoient, s’emballent, s’apaisent, repartent, s’énervent, reprennent, virevoltent, s’éclipsent, réapparaissent, s’excitent, et bien malin qui saurait les prévoir et en tirer le meilleur parti...

Mais, grosso modo, partir vendredi semble être une bonne option !

Les invitations sont lancées, on attend notre hôte de marque sur Kouunji, et pour passer le temps, le capitaine remonte toute la salle de bains, maintenant que les joints du hamburger sont secs, et il s’en sort comme un chef, ce dont il n’est pas peu fier...!

Le vent et la houle, même au port, continuent de secouer Kouunji comme un prunier, ça siffle, ça tape, le bruit typique des drisses qui cognent contre les mats donne à ce port comme à tous les ports du monde la même ambiance style “on tape sur des casseroles”...

Et ce concert n’en finit pas, tout comme Kouunji qui ne cesse d’être ballotté malgré la qualité de l’abri.

Bigre, s’il y a quelqu’un qui est content de ne pas être en mer avec une météo pareille, c’est le pimousse !

Et pourtant aujourd’hui, on est pieds nus et en tee-shirt, parce qu’il fait une chaleur bien agréable et qui nous met un peu de baume au coeur.

Ca fait trois jours qu’on mange notre pain noir, en attendant que la météo soit un peu plus clémente... Mais ça y est... On est au bout de nos peines !

En attendant, on se balade à nouveau, et tâchons de profiter de Carthagène du mieux que nous pouvons.

Le capitaine a dragué une statue, on a essayé de comprendre à quoi rime l’art moderne et ses sculptures étranges, et on a déposé les armes devant l’arsenal du patelin !

PS culturel : la statue à laquelle le capitaine fait les yeux doux est celle de Carmen Conde, la première femme reçue à l'Académie des Lettres espagnole ! Respect !

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J
Tu as l'air de l'intimider...Quel charmeur ce Francky !!...<br /> J'aime bien les parasols ils sont pas cons ces latins au moins si ya du grand vent ils risquent pas de s'envoler hé ...
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R
Quelles rencontres ! Des deux laquelle fût la plus intéressante ? Sûrement celle avec Eric Dumont, gloire entre les gloires de la mer. J'espère mon chez Franck que tu lui as posé les bonnes questions et obtenues les réponses attendues !...J'irai voir son site dans la journée.
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