39 - Une pause bien méritée
L’arrivée dans un port se déroule presque toujours selon le même cérémonial : formalités administratives (on ne rigole pas avec ça), rinçage du bateau en grand (il y avait des kilos de sel collés partout), et ensuite, on se délasse...
L’arrivée du jour n’a pas dérogé à ce programme, et après les obligations, la détente. Douche chaude, resto indien, notre seul regret, c’est qu’on n’a pas trouvé d’endroit pour se connecter et Skyper avec nos lecteurs et lectrices (pas de sexisme).
On a dormi (onze heures) et après une grasse matinée d’enfer (une heure de plus) on a vaqué à nos occupations, qui, après une navigation, sont là aussi toujours les mêmes : faire sécher ce qui est humide (c’est à dire à peu près tout), aérer, ranger le bateau et le laver, réparer le cas échéant ce qui doit l’être.
Le capitaine était tout triste, il y avait plein d'humidité sous le plancher du carré...!
Et puis ensuite, glander...!
Et ça, c’est sûrement ce qu’on fait de mieux...!
La preuve ? En ce moment, on déguste des churros con chocolate...!
On a trouvé des perruches qui jouaient dans les palmiers, et en allant à la capitainerie, on a même vu le bateau de James Bond... Quel frimeur ce 007...!
Le reste de la journée s’écoule paisiblement, il fait bon (20 degrés) et on a chaud, ce qui donne un avant goût des tropiques, que, dans nos prévisions les plus optimistes, nous escomptions atteindre ces prochains jours.
Ce qui prouve que nous ne sommes pas optimistes, mais utopistes...!
Il faut tout de même, à notre décharge, considérer que la météo épouvantable qui a régné sur la Méditerranée ces dernières semaines n’est pas étrangère au retard pris sur notre programme.
Ce retard, à vrai dire, importe peu, car nous n’avons aucun impératif, et si nous devons profiter des Antilles quelques semaines de moins, cela n’a pas vraiment d’importance, puisque nous devrions tout de même y passer suffisamment de temps pour en apprécier la saveur. La sécurité importe davantage, et nous n’avons pris aucun risque à cet égard.
Et puis on a du bon rouge de chez nous, alors le ti’punch attendra !
Nous consacrons un peu de notre temps, tout de même, à planifier la navigation de ces prochains jours, car la grande question qui se pose est : “quand franchirons nous le détroit de Gibraltar ?”
Ce n’est pas une question anodine, car Gibraltar est un lieu à part dans la navigation mondiale.
Il y a un trafic d’une densité incroyable, et un sens de circulation bien défini pour gérer tous les paquebots et cargos qui arrivent des quatre coins de notre petite planète pour entrer en Méditerranée.
On appelle d’ailleurs ça “le rail des cargos”. Au nord, près de la côte espagnole, les bateaux quittent la Méditerranée et naviguent vers l’Ouest. Au sud, près de la côte marocaine, c’est l’inverse.
Autant vous dire qu’un minuscule bateau comme le nôtre a intérêt à respecter le sens de circulation, et à ne pas se louper quand il va traverser...!
Car toute la difficulté est là, vous l’aurez compris. Il faut d’abord longer le détroit au Nord, s’éloigner suffisamment du point de passage le plus étroit, puis, lorsqu’il y a un intervalle satisfaisant, piquer droit vers le Sud pour ne pas s’éterniser au beau milieu de “l’autoroute” sur laquelle vont et viennent les monstres de métal qui ne sentiraient même pas une collision avec notre minuscule catamaran !
Gulp...!
C’est un peu comme si on devait traverser le périph’ à une heure de grande circulation en marchant sur les mains !
Pour réussir tout ça, il faut plusieurs conditions :
1 - passer à la bonne heure avec la marée
2 - profiter du courant de marée descendante qui amplifie le phénomène
3 - avoir un vent bien orienté, l’idéal étant un vent d’est, le contraire de ce qu’on a depuis trois semaines
4 - avoir un vent modéré
5 - avoir un temps clair et dégagé qui permette de voir les bateaux
6 - resté collé à la VHF pour signaler ses intentions aux autres
7 - parler dix huit langues couramment
8 - avoir le cul bordé de nouilles
C’est sûrement la huitième condition la plus importante !
Mardi et mercredi prochains semblent être propices à cette aventure dans l’aventure, on va donc mettre les bouchées doubles lundi pour atteindre Gibraltar.
Mais là, c’est pas gagné, parce que la météo nous annonce une sérieuse pétole.
On compte sur un petit “thermique” (un vent côtier léger qui naît de la différence de température entre la terre et la mer) pour nous filer un p’tit coup de pouce...!
Et comme ils disent ici en Andalousie : ya veremos !
Une dernière chose pour nos lecteurs les plus assidus et les plus impatients : il arrive souvent que nous ayons du mal à trouver une connexion internet PERFORMANTE. Ce qui explique le décalage du blog et l'absence momentanée de photos... Soyez indulgents s'il vous plaît, les trois derniers articles publiés avec les photos, c'est pas moins de quatre heures de boulot... D'accord, on n'a presque que ça à faire, mais tout de même...