55 - Conciliabule
A midi, il y a réunion au sommet dans le carré entre le pimousse et le capitaine.
L’ordre du jour est le suivant :
- keskonmange ?
- keskonfé ?
Comme c’est le pimousse qui décide pour la première question (gratin dauphinois, salade) il est bien normal que ce soit le capitaine qui décide pour la seconde, afin de conserver à bord un équilibre harmonieux.
Nous avions initialement pensé nous arrêter à Fuerteventura, mais notre guide nautique nous le déconseille au motif qu’il n’y a rien à voir ni à faire là-bas... De plus, cette route nous obligerait à naviguer vent arrière, et si tu es attentif, ô lecteur aimé, tu te remémores in petto (!) que ce n’est pas ce que Kouunji et ses valeureux passagers apprécient le plus.
Face à la carte, que nous soumettons à ton oeil désormais averti, le choix est vite fait : demain, on repart en direction de Gran Canaria et sa capitale, Las Palmas !
On te fait un p’tit commentaire de la carte en direct live !
Nous, on est le p’tit bateau noir sur la droite de l’écran. C’est mignon, hein ?
Comme tu le vois, nous sommes sur la côte Est de Lanzarote, et nous allons nous faufiler dans le détroit (où la mer sera sûrement un peu agitée) qui sépare cette île de Fuerteventura, pour nous diriger au cap 243 (c’est écrit dans le grand cadre supérieur blanc, à droite) vers Las Palmas, sur l’île de Gran Canaria, qui, comme son nom l’indique, est la plus grande de l’archipel.
C’est là où se trouve la croix blanche, ce sera notre arrivée, dont nous sommes pour l’instant éloignés de 110,6 milles nautiques (cf. le grand cadre supérieur).
Il devrait nous falloir une douzaine d’heures (c’est optimiste) pour rallier cette prochaine destination.
Le vent est favorable, et bien que la grisaille soit omniprésente, ce qui nous tape sérieusement sur le système, nous pensons qu’il est tout de même préférable de progresser vers notre but, même si les conditions de navigation ne sont pas idylliques, car on en a ras le bol d’Arrecife, qui n’est ni très belle, ni très plaisante.
Heureusement qu’on a rencontré François 1er, sinon ç’aurait été une escale bien pourrie...! Ce qui est tout de même malheureux quand on se rappelle que c’était le point d’atterrissage de notre plus grande traversée...!
C’est au fond ce qui fait le charme de ces croisières au long cours : tu ne sais jamais à quoi t’attendre, et toutes les idées préconçues que tu avais en partant volent en éclats au fur et à mesure que tu avances !
D’ailleurs, pour ceux qui auraient l'intention de nous retrouver aux Antilles, aux alentours du 22 mars par exemple (oui mon vilain on pense à toi et à ton anniversaire...), il va falloir prévoir un billet pour le Nord des Antilles, c'est à dire les Iles Vierges Britanniques, et peut être, dans le meilleur des cas, Saint Martin et Saint Barthélémy...! Mais ça, on ne pourra le dire qu'une fois la transat effectuée !!
Ce soir, resto avec François 1er, pendant que l’après midi s’est passé paisiblement, le pimousse dévorant un nouveau bouquin, dans la mesure où il est doté d’une aptitude peu commune à digérer le papier, tandis que le capitaine vaque à ses obligations de capitaine, et qui consistent à tout vérifier et tout remettre en état sur le bateau.
Au programme de l’après midi : plongée dans la cale moteur pour revoir le circuit de refroidissement, avec contorsions en tous genres à la clé, et réparation de la grand voile, grâce à l’adhésif miracle qui est à la voile déchirée ce que le plâtre est à la jambe cassée : un remède incontournable !
Et puis le soleil revient, c’est cool !