Un catamaran autour du monde

09 Feb

56 - Les nerfs à vif

Publié par Le capitaine

On ne vous parle pas de l’excellent film avec Robert De Niro, qui est d’ailleurs le remake d’un non moins excellent premier opus avec Robert Mitchum (sauf erreur...), mais de nous.

On comptait partir aujourd’hui, samedi 9 février, d’Arrecife, qui n’a absolument plus aucun charme à nos yeux, si tant est qu’elle en ait jamais eu, d’ailleurs...

Mais, Eole, aussi capricieux en Atlantique qu’en Méditerranée, en a décidé autrement.

Oh bien sûr, si nous étions intrépides, nous aurions hissé les voiles, mis un bandeau noir sur un oeil (le gauche de préférence), revêtu une veste trois quarts rouge sang, mis un bicorne et serions partis à l’assaut de l’Atlantique en hurlant : “à l’abordage !”

Mais nous sommes plus prudents que ça et n’avons pas une âme de pirate, et on ne veut rien aborder du tout, à part les rivages antillais qui commencent à se faire désirer.

Le vent est en réalité sournois. Au matin, il semble favorable, et nous allèche. Alors ce matin, le capitaine, résolu à filer vers le sud, dit sans hésiter au pimousse qu’il faut achever les préparatifs au plus tôt avant de voguer vers des cieux plus cléments.

Mais, le temps d’achever lesdits préparatifs, le vent s’est levé, et souffle en rafales, à tel point que ça devient presque intenable au port, et un rapide coup d’oeil au large nous dévoile une mer qui moutonne, blanche d’écume, bien peu attirante.

Le pimousse ne dit pas un mot, mais il suffit d’être attentif pour constater que la perspective de partir dans ces conditions n’est pas de celle qui le réjouit le plus, et l’heure des palabres arrive à nouveau.

Mais avant même de les engager, notre boat-pote François 1er nous invite à boire un café, et montre une mine renfrognée à l’idée que nous levions l’ancre. Les rafales se font plus fortes, la mer est grise et blanche, et le capitaine est bien forcé de capituler, ce d’autant que l’idée de se faire rincer pendant toute une journée est également une perspective qui ne le réjouit pas énormément. Et le vent en remet une couche !

Il faut à nouveau réajuster les amarres, et dans la précipitation, on oublie que nous sommes branchés au quai, de sorte que notre fil électrique se met à servir d’amarre, fonction pour laquelle il n’est pas particulièrement adapté.

Il démontre illico cette inadaptation en rendant l’âme, ce dont nous sommes témoins en constatant qu’il n’y a plus de 220 V à bord.

Scrogneteudjeuh...

Et revoilà le capitaine qui repart dans du bricolage dont il se serait volontiers dispensé...!

Ensuite, comme le temps nous incite à glander sérieux, on visionne un p’tit film, et, je vous le donne en mille, le hasard (on choisit toujours nos films au pif) nous fait tomber sur “J’ai oublié de te dire...” avec Omar Sharif et Emilie Dequenne.

On vous en parle parce que figurez vous que ce film, au demeurant très bien même s’il est très triste, a été tourné à deux pas de chez nous...!

Mais quand on dit deux pas, on n’exagère pas, puisque quand on sort de la maison, si on tourne à gauche, on fait 300 mètres et on tombe sur un vieux mas bizarrement foutu qui a été le lieu principal du tournage !

Ce qui, of course, nous a filé un petit coup de nostalgie, surtout que nous sommes impatients de foutre le camp d’ici, et ce sera chose faite demain.

56 - Les nerfs à vif

Histoire de terminer en beauté notre séjour Lanzarotien (on s’en fout si ce terme n’existe pas), on est d’abord allés faire quelques emplettes, et puis soirée détente avec notre boat-pote François 1er qui a loué une bagnole !

Ca faisait plus d’un mois qu’on avait pas posé notre postérieur dans une caisse les amis !

Incroyable ! Qu’est ce que ça va vite, ces engins, par rapport à un bateau...! C’est sûr que ça flotte moins bien, mais on ne peut pas tout avoir...

A ce propos, autour des “pimientos” grillés (succulents) s’en est suivi une discussion hautement philosophique avec notre boat-pote, parce qu’on s’émerveillait comme des gosses de la facilité avec laquelle nous avions lié connaissance, et du naturel avec lequel nous échangions et devisions sur la vie en général et ce qu’elle a de plus touchant en particulier.

56 - Les nerfs à vif

Le capitaine a une théorie là-dessus, et évidemment, ne va pas la garder pour lui, faute de quoi vous vous désintéresseriez de ce blog pourtant hautement captivant, bande d’ingrats !

La théorie, c’est celle de l’intérêt.

D’une façon générale, les rapports entre être humains sont conditionnés, pour ne pas dire subordonnés à une chose essentielle : l’intérêt.

Que ce soit dans les couples, en famille, au boulot, voire même en amitié, encore que ce domaine soit sans doute un peu à part, on attend toujours quelque chose de l’autre. Qu’il nous aime, qu’il nous paye, qu’il comble un manque, qu’il nous soutienne, qu’il nous comprenne...

En voyage, et en voyage en bateau en particulier, tu n’attends rien de personne. Tu es autonome, indépendant, libre, et tu n’as besoin de rien d’autre que de vent pour avancer et poursuivre ton périple.

Du coup, les mecs que tu rencontres au détour du ponton, tu noues avec eux des relations dénuées de tout intérêt. C’est pur, c’est simple, c’est bon. En un mot : authentique.

Et si tu analyses bien, ami lecteur, les meilleures relations que tu as eues dans ta vie n’étaient elles pas précisément celles dans le cadre desquelles tu étais tout simplement toi-même, sans fard, sans faux-semblant, sans hypocrisie...?

Alors voilà, avec notre boat-pote, c’est comme ça : tout simple, parce qu’on n’a rien d’autre à faire que de profiter pleinement du temps qu’on partage, vu que demain, on va se quitter, et Dieu seul sait si on se reverra un jour...

Mais vous savez quoi ? On l’espère le revoir sous les tropiques, François 1er, parce que c’est un gus comme ça !

56 - Les nerfs à vif
56 - Les nerfs à vif

Et ce resto, il était dé-li-cieux...! Et si mignon, hein ?

56 - Les nerfs à vif
56 - Les nerfs à vif
56 - Les nerfs à vif

Le pimousse a posé ses fesses sur une authentique (on n’en sort pas) plage de roches volcaniques, appelée “Playa Quemada”. Ca ne s’invente pas !

56 - Les nerfs à vif

En tout cas, demain, ce qu’on est censés voir, ce sont les côtes de Gran Canaria, et goûter à un repos bien mérité à Las Palmas. Le capitaine a prié pour ça ! Et il a fait le blog ! Trop dévoué ce capitaine !

56 - Les nerfs à vif
56 - Les nerfs à vif
Commenter cet article
G
Et en plus maintenant on philosophe. Mais quel blog!!!! Bon, même si je partage tes arguments sur la sincérités des rapports éphémères, moi qui garde tout et qui ai tant de mal à quitter les gens que j'aime, et bien je crois que ça me rendrait malheureux de rencontrer des gens extraordinaires, que je ne reverrai peut être jamais. "Il va falloir que j'en parle à mon psy...." Bon, rendez vous aux Canaries et bonjour à Gros Minet (ça doit être la première fois qu'on la fait celle, là).
Répondre
C
Mais que faites vous dans cette galère !!! cela pourrait être le titre de votre prochain livre... oui je sais que l'optimisme est de mise et je vais prier en ce sens mais sans risque les copains !!! ... alors si la houle persiste, que le ciel menace, mettez vous à la lecture espagnole, portugaise, canarienne, dégustez bien les spécialités et profitez bien de François 1er !!!! allez bonne procrastination !!!!!
Répondre
J
A peine un orteil posé au sol j'ai entendu la voie du blog !!<br /> Tiens ç'aurait pu être le début d'une song de Nougaro! (cf Nougayork)<br /> Ben nous qui vous espérions à Gran Canarias...nous partageons votre déception sauf que vous avez pu vous préparer au mieux et profiter de ce personnage si sympathique qu'est François! Alors RV demain avec le soleil et la bonne humeur!!!! biiiiiiiiiiiiiiiiiiisous
Répondre
R
Comme dab, je suis là aux aurores (mdr), Mon Dieu ! Quel air inspiré nous arbore le captain en prière ! Je vais finir par y croire...Tes considérations philosophiques, je les partage totalement. C'est bien vrai que ces rencontres hors la normalité sont d'une authenticité incroyable et donne un ressenti rare, car elle procèdent du hasard !... Mais il n'y a pas de hasard, !...Le croisement des lignes rend inéluctables ces rencontres &quot;programmées&quot;. A nous d'en tirer les enseignements et, au besoin de les cultiver.... Ce que vous ferez probablement avec François. Allez bon vent pour aujourd'hui, si c'est le jour !... Ici nous avons un temps de m...e et la neige n'est pas loin. Bisous au pimousse dont la beauté semble s'épanouir au contact de la mer....
Répondre

À propos

Un catamaran autour du monde