81 - Régime strict
5 mars 2013
Nous voilà une fois de plus englués à 3 noeuds, avec un vent qui - c’est définitif - va nous faire des siennes jusqu’à l’arrivée.
Juge par toi-même, lecteur, et puis tu nous diras si t’es pas d’accord avec notre analyse.
Depuis le départ de Las Palmas :
- Vent moyen : 7 noeuds
- Vent maxi : 20 noeuds
- Vent mini : 0,001 noeud
- Vitesse moyenne : 4 noeuds
Nous sommes partis depuis 18 jours. Si les conditions avaient été normales, nous serions peu ou prou à destination.
Seulement, si tu retires à ces 18 jours de mer 7 jours de pétole, nous n’avançons en réalité que depuis 11 jours... 11 jours durant lesquels le vent a été à la fois faible et irrégulier.
C’est sûr, il nous faudra encore une bonne semaine, si ce n’est dix jours, pour rallier les Vierges, qui sont encore à 1.000 milles environ. Bien sûr, nous essayons d’en prendre notre parti, mais c’est prodigieusement agaçant de ne pas avancer.
En cet instant précis, après avoir une fois de plus traficoté les voiles une bonne partie de la nuit pour essayer de tirer profit du peu de zef disponible, nous sommes totalement immobilisés, avec un anémomètre qui nous dit sans honte et sans vergogne que le vent souffle à... 2 noeuds !
Le ciel est encore bouché, tout gris, même si ce matin le pimousse a eu droit a un massage en règle des pieds à la tête, au soleil, pour se détendre un peu. Car il faut qu’on te dise, lecteur, si le capitaine parvient à tuer dans l’oeuf sa déception, le pimousse a un peu plus de mal à supporter ces jours qui se suivent et - hélas - se ressemblent.
En moyenne, le vent souffle (on devrait dire qu’il soufflotte, pardon pour le néologisme) en fin d’après midi et dans la nuit. Le reste du temps, on a le sentiment qu’il exhale, qu’il agonise, et au meilleur de la journée, il est souvent absent.
Notre sillage reste désespérément plat, et vierge de toute écume qui pourrait nous donner l’illusion qu’on avance un peu vers notre destination tant désirée.
C’est assez étrange de naviguer dans ces conditions.
Tu as sûrement déjà fait ce rêve bizarre, lecteur, qui nous a tous titillé un jour ou l’autre. Tu es dans un endroit quelconque, et il y a un danger que tu veux fuir. Alors, tu te mets à courir, et, malgré tes efforts, tu restes sur place. Pas moyen de bouger d’un centimètre. Alors tu es assailli par l’angoisse, la peur, et mille autres sentiments désagréables, tu redoubles d’efforts, mais rien n’y fait, tu demeures immobile...
Et bien nous, on ne le rêve pas, on le vit !
Evidemment, il n’y a ni angoisse ni peur, mais ce sentiment d’impuissance est exécrable. Il l’est d’autant plus que nous sommes un peu las de la navigation, qui n’est guère excitante. On en viendrait presque à regretter les quatre mètres de creux et les 45 noeuds de vent qu’on a connus entre Gibraltar et Les Canaries...!
Euh, réflexion faite, on préfère le calme...! Mais on ne serait pas contre une bonne brise qui nous pousse au cul...!
Le temps de rédiger ces lignes, le vent est réapparu, et soufflotte désormais dans la direction presque opposée à celle qu’il est censé avoir...
Vas t’en comprendre quelque chose à cette météo aussi fantasque qu’un clown de chez Zavatta...!
On en rirait presque si, une heure plus tard, le vent n’avait pas à nouveau déserté l’océan...
Au point de 16 heures, notre avancée est convenable, compte tenu des conditions : 103 milles de mieux. Nous sommes désormais à 45° de longitude Ouest, et nous changeons à nouveau de fuseau horaire. Il y a maintenant 4 heures de décalage entre la France et nous, et encore une heure pour être à l’heure antillaise.
Mais combien de temps pour y arriver, ça, c’est une autre histoire...
Et malgré la beauté du coucher de soleil, le capitaine est bien tristounet en mangeant sa soupe...!
Tu as sûrement déjà fait ce rêve bizarre, lecteur, qui nous a tous titillé un jour ou l’autre. Tu es dans un endroit quelconque, et il y a un danger que tu veux fuir. Alors, tu te mets à courir, et, malgré tes efforts, tu restes sur place. Pas moyen de bouger d’un centimètre. Alors tu es assailli par l’angoisse, la peur, et mille autres sentiments désagréables, tu redoubles d’efforts, mais rien n’y fait, tu demeures immobile...
Et bien nous, on ne le rêve pas, on le vit !
Evidemment, il n’y a ni angoisse ni peur, mais ce sentiment d’impuissance est exécrable. Il l’est d’autant plus que nous sommes un peu las de la navigation, qui n’est guère excitante. On en viendrait presque à regretter les quatre mètres de creux et les 45 noeuds de vent qu’on a connus entre Gibraltar et Les Canaries...!
Euh, réflexion faite, on préfère le calme...! Mais on ne serait pas contre une bonne brise qui nous pousse au cul...!
Le temps de rédiger ces lignes, le vent est réapparu, et soufflotte désormais dans la direction presque opposée à celle qu’il est censé avoir...
Vas t’en comprendre quelque chose à cette météo aussi fantasque qu’un clown de chez Zavatta...!
On en rirait presque si, une heure plus tard, le vent n’avait pas à nouveau déserté l’océan...
Au point de 16 heures, notre avancée est convenable, compte tenu des conditions : 103 milles de mieux. Nous sommes désormais à 45° de longitude Ouest, et nous changeons à nouveau de fuseau horaire. Il y a maintenant 4 heures de décalage entre la France et nous, et encore une heure pour être à l’heure antillaise.
Mais combien de temps pour y arriver, ça, c’est une autre histoire...
Et malgré la beauté du coucher de soleil, le capitaine est bien tristounet en mangeant sa soupe...!