Un catamaran autour du monde

19 Mar

86 - Le juste milieu

Publié par Le capitaine et le pimousse

10 mars 2013

Confucius, qui avait oublié d’être stupide, disait : “en toutes choses, la vérité est dans le juste milieu”.

On adhère.

Et, comme on ne saurait te laisser dans l’expectative après cette affirmation absconse, lecteur pour qui on a tant d’égards, on va sans désemparer t’expliquer pourquoi !

Il semble que naviguer en mer soit - souvent - affaire de compromis. Un exemple ? Allez, d’accord ! Nous faisons route plein Ouest, puisque nous sommes depuis belle lurette à la latitude de notre destination finale aux Caraïbes, et, comme on se trouve sur la route des alizés, la houle devrait nous pousser au cul, ainsi que le vent qui devrait être d’Est Nord Est.

Mais, tu sais déjà, si tu as tout bien lu avant d’en arriver là, que la météo, toujours facétieuse, nous a réservé un chien de sa chienne. En effet, nous avons la houle par le travers (rien de plus désagréable) et le vent est d’Ouest Sud Ouest.

C’est à dire que nous sommes au près, et que nous tentons de progresser, pris en sandwich entre la houle principale qui vient du Nord et la houle secondaire qui vient... du Sud !

86 - Le juste milieu

Nous sommes à nouveau remués dans tous les sens, la faute principalement au vent qui - oui c’est vrai on se répète - est exactement contraire à ce qu’il devrait être.

Seulement voilà : au moins il y a du vent...

Car, en résumé, depuis quinze jours, notre alternative est la suivante : soit c’est la pétole, soit le vent se transforme en imprévisible inattendu.

Alors, comme nous préférons - et de loin - progresser, on se soumet à ce vent presque contraire, qui lève une mer confuse et désordonnée, extrêmement inconfortable, mais qui a le mérite de nous avoir fait parcourir 100 milles depuis le point d’hier, et qui devrait selon toute vraisemblance nous permettre de réaliser une nouvelle fois une de nos meilleures journées depuis le départ.

En somme, même si on est à nouveau comme des glaçons dans un shaker, on remercie Confucius de nous consoler avec ses idées, puisqu’il nous faut bien admettre que ce juste milieu entre inconfort et progression a le mérite de nous rapprocher de notre but tant espéré.

Et puis, Jacques le Fataliste nous dirait sans doute qu’il est écrit là-haut que notre transat sera atypique jusqu’au bout.

Parce qu’on parie un hamburger tout raplapla de chez Mac Do contre un dîner à la Tour d’Argent que rares sont ceux qui ont connu autant de déveine durant la traversée de ce fichu océan.

Oh, bien sûr, on n’est pas en danger, le vent n’excède jamais 20 noeuds, et on a eu en tout et pour tout moins d’une journée de pluie. Mais parallèlement, on est loin des conditions de navigation idylliques dépeintes par ceux qui nous ont précédé, à commencer par ce charlatan de Christophe Colomb, qui a fait sa première traversée en pleine période cyclonique !

On peut sans exagérer dire que cette journée de navigation est une des pires de celles que nous avons connues durant la traversée de l’Atlantique. Vent contraire, bateau remué, secoué, malmené par une houle ridiculement petite mais sournoise et perfide comme Gargamel (demande aux Schtroumpfs, ils te confirmeront...!).

Pire encore, notre vitesse s’est évaporée, et la frustration générée par ce nouvel épisode défavorable, alors que nous pensions enfin “tenir le bon bout” pour rallier les îles Vierges est extrêmement difficile à supporter.

Nous sommes las, impatients d’arriver, et, en guise de baroud d’honneur, l’océan semble nous dire : “et bien non, je ne l’ai pas encore décidé, donc vous allez en chier encore un peu...!”

86 - Le juste milieu
86 - Le juste milieu

Surtout, il est proprement impensable que ce vent soit très exactement à l’inverse de ce qu’il devrait être. Le capitaine a vécu trois ans aux Antilles, et il n’a jamais, jamais, jamais, jamais, jamais vu un vent pareil !

On prie pour qu’au moins il y ait une bascule, et qu’on se retrouve au portant sur la nouvelle amure !

Seulement le vent refuse, adonne, tournoie, et trois virements de bord ratés successivement ont tôt fait de foutre les nerfs du capitaine à vif...! Déjà que c’était pas franchement la joie avec ces conditions pourries, si en plus il n’est plus possible de manoeuvrer le bateau parce que le vent change toutes les cinq minutes...

Le point de 16 heures ne nous met même pas de baume au coeur, malgré les 140 milles parcourus. Parce que le gros de cette distance s’est fait cette nuit, et que depuis ce matin, on galère.

Que nous réserve la nuit ? Et demain ? On prie pour que ce soit meilleur, mais pour l’instant, on a l’alizé en pleine gueule ! Vas-t’en comprendre, toi, comment c’est possible, une aberration pareille !

86 - Le juste milieu
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C
Pov' pimousse... mais qu'est-ce que tu a l'air d'en avoir ras le bol !!!! un énorme bisou !!!! car quand même il faut te rendre hommage .... pour une première c'est une galère de première ... bisssouuuuuuuuu
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J
oooooh....ta figure se passe de commentaires ma chérie...!! pov' ti pimousse... mais si costaude !!!!!
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R
Pauvre Pimousse qui semble complètement désabusé! Elle a même la paupière gauche très fatiguée. Courage, l'horizon se rapproche ! Mais qu'est-ce que je dis, ils sont déjà arrivés. Le Pet's ne va pas manqué de relever çà....
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