Un catamaran autour du monde

19 Mar

88 - Tous les mots en "ant"

Publié par Le capitaine et le pimousse

12 mars 2013

Fatigant, lassant, écoeurant, décourageant, énervant, horripilant, abrutissant, exténuant, gonflant, et même chiant, voilà comment pourrait être qualifié cet interminable bord de près que nous avons tiré toute la nuit - et qui dure encore ce morning - pour nous rapprocher de notre but.

88 - Tous les mots en "ant"

Tortola est à 18°25’ de latitude Nord.

Du fait des vents contraires hier, nous avons été obligés de faire plus de Sud que nous n’aurions souhaité, et étions en début de nuit par 17°58’ Nord.

Par chance, le vent a un peu - mais alors juste un peu - tourné dans le bon sens, ce qui nous a permis de corriger le tir et de remonter vers le Nord, et compenser la dérive que nous subissons à cette allure.

Car nous sommes au près, et cela a tous les désavantages. Les voiles doivent être réglées constamment, et le moindre écart par rapport au vent se paye cash par une immobilisation presque totale du bateau. La mer est contre nous et cela se traduit par des mouvements brusques et incessants du bateau, qui ne peut pas être plus inconfortable que dans ces conditions. Nous sommes d’autant plus agités que le vent a été régulier et a levé une mer un peu plus formée qu’hier.

Mais, maintenant que nous sommes en passe de supplanter le Dalaï Lama dans la maîtrise de la sagesse, nous n’oublions pas que ce qui caractérise toutes choses en ce monde : c’est la dualité.

Le jour, la nuit. Le soleil, l’ombre. La vie, la mort...

Si bien que, certes nous sommes remués de telle façon qu’il y a de quoi devenir complètement cinglés tellement ça nous tape sur les nerfs, mais le bon côté de la chose, c’est que nous avançons, et quasiment sur le bon cap.

La nuit nous a permis de progresser de 80 milles, soit plus que ce que nous avons fait durant toute la journée d’hier. Et pour cela, il aura fallu que le vent tourne d’une vingtaine de degrés seulement... Il ne nous faut pas grand chose, hein ?

On prie de toutes nos forces et on adresse avec toute la ferveur possible nos prières à tous les dieux qu’on connaît pour qu’enfin ce maudit alizé prenne la bonne direction, et se mette à souffler dans l’autre sens, ce qu’il devrait faire normalement, on se fatigue à le répéter !

Mais les dieux sont en congés, visiblement, car depuis trois jours maintenant que nous espérons cette bascule, elle ne vient pas... Il est écrit là-haut qu’on doit subir durant notre transat toutes les galères météo possibles...!

D’ailleurs, ça continue, puisqu’après une relative accalmie de la houle dans la matinée, c’est reparti de plus belle - ou plutôt de plus laide - car la mer devient chaotique, et la navigation à nouveau insupportable. Il est presque impossible de faire à manger, on est secoués dans tous les sens, on est franchement à deux doigts de craquer.

Où sont les conditions de navigation quasi parfaites qu’on dépeint sous l’alizé ? La mer est contre nous, le vent aussi, tout est désordonné et confus, les à-coups incessants, les bruits assourdissants, c’est un long calvaire qui recommence.

Cette transat est une vraie chierie, il ne nous tarde qu’une chose : en terminer !

Au point de 16 heures, ce sont 130 milles de mieux au loch qu’il faut inscrire. Pas exceptionnel, mais pas trop mal non plus si on considère qu’on est au près depuis... bien trop longtemps !

88 - Tous les mots en "ant"

La mer continue son lent travail de sape, et remue Kouunji autant qu’elle peut. Et Dieu sait qu’elle peut, la bougresse !

Quant à nous, on doit tenir plus d’un couple de zombies que d’un brillant duo de navigateurs, parce que crois nous lecteur, naviguer dans ces conditions, ça use...!

Ca use le moral, les nerfs, l’optimisme, tout ! Néanmoins, nous sommes maintenant à un peu plus de 300 milles de Tortola. Sur la carte, pour la première fois, à une échelle de 150 milles, on voit enfin les Antilles...!

Si tout roule, ça devrait nous faire une arrivée dans trois jours, ça ?

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C
Fatigant, lassant, écoeurant, décourageant, énervant, horripilant, abrutissant, exténuant, gonflant, et même chiant... mais que la lumière est belle !!!!!
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R
Quelle galère, cette fin de parcours révèle toute la difficulté de la navigation lorsque les conditions météorologiques et de vent en particulier, s'acharnent à compliquer les choses ! Et il est vrai que dans de telles conditions les manœuvres répétitives sont épuisantes.
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