Un catamaran autour du monde

19 Mar

92 - On l'a fait !

Publié par Le capitaine et le pimousse

16 mars 2013

Depuis le temps qu’on s’était attelés à cette tâche ô combien délicate, il fallait bien qu’on en vienne à bout.

Et bien voilà, c’est fait : on a traversé l’Atlantique à la voile !

92 - On l'a fait !
92 - On l'a fait !
92 - On l'a fait !

Pour tout te dire, lecteur, on a un peu de mal à réaliser que c’est terminé, et ce qu’on vient de faire. Ce n’est pas un exploit, d’autres l’ont fait avant nous, sur des bateaux plus petits et dans des conditions plus difficiles, du coup, on n’a un peu de mal à se rendre compte de la portée de cette transat.

Sans doute que, comme toi, on lira et relira ce blog qui constitue pour nous un formidable carnet de voyage, et que, grâce à lui, on se rappellera les moments d’euphorie, quand on abattait presque 200 milles par jour, ou qu’on pêchait ces délicieuses dorades coryphènes qui nous réjouissait les papilles et l’estomac.

On se rappellera aussi les moments de découragement, d’énervement, les larmes du pimousse qui n’en pouvait plus d’être remué dans tous les sens pendant des heures qui nous ont paru interminables.

On se rappellera surtout notre cohésion, et la solidarité à bord. Il y en avait toujours un pour remonter le moral de l’autre, car l’optimisme jouait avec nous aux vases communicants, et c’est tant mieux : imagine un peu qu’on ait eu le blues tous les deux en même temps ?

On se serait foutus par dessus bord de lassitude !

Lassitude est sans doute le mot qui définit le mieux le sentiment qui nous a gagné quand les conditions étaient mauvaises.

Car, un mois dans l’univers à la fois grandiose de l’océan et confiné du bateau est une expérience étrange. Le monde semble t’appartenir, parce que tu jouis d’une liberté totale, absolue, d’aller au Nord, au Sud, à l’Est, ou à l’Ouest, il n’y a rien qui puisse t’empêcher de faire ce que bon te semble. Mais cette liberté est pourtant strictement limitée à ce que tu es capable de demander à ton bateau.

Il est, pendant ces jours si particuliers, ton seul allié, dans ta quête de l’absolu.

Mais il est là, indéfectible support de tes rêves les plus insensés, et si tu sais faire corps avec lui, si tu sais le ménager, et prendre soin de lui comme il se doit, alors il ne trahit pas ta confiance, tes espoirs et tes illusions, et il les transforme en réalité.

Et comme le chantait Louis Armstrong : c’est si bon...!

Cela faisait 28 jours qu’on ne voyait que de l’eau, des étoiles, le ciel et le soleil, qu’on surfait le soir sur le plancton phosphorescent, qui nous donnait l’illusion qu’on glissait sur les étoiles...

Tout d’un coup, on voit des bateaux, des collines, des plages, des voitures, on entend de la musique qui vient des bâtiments au loin, bref, on est de retour à la civilisation, et c’est un peu déconcertant.

Le calme de l’océan, sa quiétude même, et l’isolement ont disparu : ça fait un grand vide. Très grand.

Et c’est pas sûr qu’il puisse être comblé si facilement...

Tout d’un coup, a disparu ce sentiment que nous avions, au large, d’être ridiculement petits.

C’est sans doute en cela que la mer t’enrichit : elle est dotée d’une capacité unique à te faire sentir toute la modestie de ta condition, et t’incite à l’humilité. Car au fond, si on réfléchit bien, on ne peut pas dire que nous avons traversé l’Atlantique à la voile.

Il est plus juste de dire que l’Atlantique a daigné nous laisser traverser sans nous faire trop de mal... On lui en sait gré, et on espère que la Mer des Caraïbes, où nos étraves traînent désormais, sera aussi clémente que l’a été son grand frère !

Rigolo : l'article qui clot la traversée, c'est l'article 92... En quelle année Christophe Colomb a traversé, lui ? Eh ouais... 1492 !

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C
trop fort ces matelots ! quel bonheur aussi de vous lire...merci aussi aux commentaires de Ray, entre fierté et amour il n'y a qu'une virgule !
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R
Quelle fine mouche cette Céline !...
P
Vous voudrez pardonner à Ray, les fotes qu'il a laissées subsister, mais c'est compréhensible, quand on sait ce que lui coûte d'écrire des choses sérieuses !.. ptdr
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R
Mais, là où il s'est montré génial, c'est qu'il a embarqué dans son projet le Pimousse : Eh oui, sans le Pimousse point de traversée !...Elle, sans aucune expérience en matière de navigation, motivé par l'amour qu'elle porte à l'homme qu'elle aime et qui le lui rend bien, confiante en ses capacités, n'a pas hésité longtemps à adhérer au projet. Responsable de la cambuse (c'est là où on entrepose les vivres) elle a révélé des qualités qui semblent avoir agréablement surpris le Cap'tain, qui les avait probablement subodorées déjà depuis un moment.<br /> Je suis particulièrement fier du Pimousse de mon cœur, pour le courage (oui il en fallait pour çà) dont elle a fait preuve et sa résistance aux aléas , entre ciel et mer, durant 4 semaines. Les gènes ont parlé.... Je vous embrasse tous les deux du fond du coeur et je vous aime.....
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R
C'est à véritable exploit que nous avons assisté en suivant de bout en bout cette traversée mouvementée, avec en alternance du plaisir et de l'anxiété, tant la narration se révélait vivante à mesure que le temps passait. Il faut dire que le capitaine avait mis les chances de son côté en ne négligeant aucun des aspects de cette entreprise, tant matériels que psychologiques, après avoir porté de projet à maturité. Ingénieux, curieux, sa brillante intelligence lui a permis de cerner au mieux les difficultés à venir et à prévoir la manière de les franchir. Je crois qu'il ne mérite qu'admiration et compliments !...
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J
...sorry précisément la naissance de cet article...
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J
...ouais et si vous additionnez tous les chiffres de 1492...ça fait ? ...16 !... le jour de parution de cet article !! trop drôle !!...
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