95 - Procrastination
18 mars 2013
La procrastination, tu le sais lecteur, et si tu ne le sais pas on va te l’expliquer, c’est le fait de remettre à plus tard ce que l’on doit faire. Bref, une sale manie, un vice, un gros défaut. Appelles ça comme tu veux !
Seulement, il y a une exception, la fameuse, celle qui “confirme la règle” : c’est quand tu peux te payer le luxe de remettre au lendemain ce que tu peux faire le jour même, simplement parce que :
- tu as la flemme
- tu t’en fous
- tu n’as aucune obligation d’agir dans l’instant
- tu as eu entre-temps envie de faire autre chose
- tu as conscience que ça n’a aucune importance
Et bien, nous, c’est un savant mélange de ces cinq raisons là qui nous a motivés à remettre notre départ pour les mouillages paradisiaques des îles Vierges à demain.
On souffre d’une flemmingite aiguë, ce qui est la maladie tropicale la plus répandue... De surcroît, on s’en tamponne comme de notre première couche-culotte, puisque rien ne nous presse, qu’on a préféré Skyper aujourd’hui avec ceux qui ont eu la bonne idée de se connecter : Ray, Jo, José, Christophe, Fabien et toute sa p’tite famille, et surtout, surtout, surtout, les enfants du pimousse, que le pimousse, ça lui a fait sacrément plaisir de les voir, ces deux vilains là (même s’ils sont très vilains...!).
Entre temps, on a voulu finir nos courses bien comme il faut, et qu’on s’en aille aujourd’hui ou demain, ça ne change rien, mais alors absolument rien à notre programme.
Du coup, on a traînassé, fini nos courses à pas d’heure, on a pris la saucée en rentrant au bateau, on a revu notre copain le rémora qui lui aussi traînassait autour du bateau, histoire de récupérer de quoi becqueter, et la journée a filé à une vitesse diarrhéique.
Pourquoi cet adjectif, nous diras-tu, lecteur curieux ?
Et bien, pour une raison simple.
Il y a très longtemps de cela, au début de l’apparition de l’électricité, on a interrogé trois savants sur le fait de savoir ce qui allait le plus vite dans l’univers. Parmi ces trois scientifiques, il y avait un Américain, un Français, et un Arabe.
L’Amerlock a soutenu que ce qui allait le plus vite dans l’univers, c’était la lumière, et que rien ne dépassait sa vitesse. Le Français, futé, a rétorqué que la pensée allait encore plus vite que la lumière. L’Arabe, lui, a expliqué que ses éminents confrères se gourraient sévère, car ce qui allait le plus vite dans l’univers, c’était la diarrhée. Parce que, quand tu as la diarrhée, t’as pas le temps d’allumer la lumière des ouatères, ni de penser à quoi que ce soit, t’as déjà fait dans ton froc !
Ayant fait le stock de produits frais, on s’est régalés le soir venu, avec un bon poulet grillé, qui faisait tellement envie au pimousse depuis si longtemps.
On s’est aussi bien amusés de voir les bateaux de charter arriver et repartir aussi sec, et c’est vrai qu’on a pris conscience de notre chance, car autour de nous, même ceux qui sont en vacances se dépêchent d’en profiter, parce que dans 8 jours, ils seront à nouveau au boulot...
Nous, dans 8 jours, on sera dans un mouillage quelconque, et on se fout de savoir lequel !
Bref, la journée était tranquille, méga-tranquille même, espérons qu’on ne se soit pas fait piquer par la mouche tsé-tsé...!